Dernière modification : 02/12/2008 

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L'Alliance veut reprendre contact avec Moscou "progressivement"
L'Alliance veut reprendre contact avec Moscou "progressivement"
Après avoir suspendu le dialogue avec Moscou au lendemain du conflit russo-géorgien, l'Otan a annoncé une reprise "progressive" et "sous conditions" des relations avec le Kremlin, tout en espérant la tenue prochaine d'une "réunion informelle".

AFP - L'Otan a décidé mardi un dégel "conditionnel" et "progressif" de ses relations avec la Russie, en même temps qu'un rapprochement avec la Géorgie et l'Ukraine, deux ex-Républiques soviétiques candidates à l'adhésion à l'alliance occidentale malgré l'hostilité de Moscou.
   
"Les alliés ont décidé ce que j'appellerais une reprise conditionnelle et progressive de leurs contacts avec la Russie", suspendus le 19 août après le bref conflit russo-géorgien, a déclaré le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer à l'issue de la première de leurs deux journées de réunion à Bruxelles au niveau des ministres des Affaires étrangères.
   
Pour commencer, l'Otan souhaite la tenue prochaine d'"une réunion informelle du Conseil Otan-Russie au niveau des ambassadeurs afin de reprendre le contact et de discuter des questions sur lesquelles nous sommes d'accord et celles sur lesquelles nous ne le sommes pas", a-t-il ajouté.
   
"L'Otan a changé sa position à l'égard de la Russie, de l'Ukraine et de la Géorgie. La glace commence à fondre", a réagi l'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan Dmitri Rogozine, interrogé par la radio indépendante russe Echo de Moscou.
   
M. de Hoop Scheffer n'a pas stipulé les "conditions" posées ni le rythme de la normalisation auxquels pense l'Otan.
   
"Cela ne signifie certainement pas que nous soyons tout d'un coup d'accord avec les Russes sur l'usage disproportionnée de la force" contre la Géorgie lors du conflit militaire d'août, et "la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud" qui a suivi, a-t-il souligné.
   
Pour le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, "'il faut dialoguer avec la Russie avec précaution" et tout reste "ouvert (...) dans les semaines, les mois qui viennent, entre la Russie et l'Otan".
   
"La question n'est pas d'isoler la Russie. C'est l'invasion de la Géorgie par la Russie" qui a posé un problème entre Moscou et l'Alliance atlantique, a déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat américaine sortante Condoleezza Rice, qui venait de faire ses adieux à l'Otan.
   
"Je ne pense pas que ce soit un retour à la normale" dans les relations Otan-Russie, a-t-elle ajouté.
   
Après le cessez-le-feu conclu le 12 août, les troupes russes se sont retirées du territoire géorgien, mais pas d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Bien des pays de l'Otan penchent néanmoins pour que le dialogue soit renoué, comme l'UE l'a décidé en ce qui la concerne à la mi-octobre.
   
Pour le ministre italien Franco Frattini, l'objectif est que le Conseil Otan-Russie puisse reprendre au niveau ministériel en mars, puis au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernement lors du sommet de l'Otan en avril à Strasbourg-Kehl.
   
Sur l'autre point important de la réunion, les perspectives d'adhésion à l'alliance de la Géorgie et l'Ukraine, les 26 alliés ont finalement entériné un compromis conclu par leurs collègues américain, allemand, britannique et français pour sortir de l'impasse sur une question de procédure.
   
L'Otan a décidé d'approfondir sa coopération avec les deux pays candidats via deux commissions, Otan-Géorgie et Otan-Ukraine, sans remettre en cause la procédure normale, à savoir l'octroi du Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP), auquel l'Allemagne en particulier reste très attachée.
   
A leur sommet de Bucarest en avril, les dirigeants alliés avaient repoussé l'attribution de ce MAP, autrement dit du statut de candidat officiel, à l'Ukraine et à la Géorgie, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan. Malgré la vive hostilité de Moscou à cette idée.
   
Concernant le MAP, l'Otan est restée très prudente: elle ne peut "préjuger" de la décision qu'elle prendra le jour venu, l'adhésion proprement dite de la Géorgie et de l'Ukraine n'étant quant à elle pas envisagée avant des années.
 

Commentaires (4)

La peur des mots !

Le ministre Kouchner entend dialoguer avec la Russie avec précaution. Sage précaution que d'évaluer le rapport de force avec son interlocuteur avant de porter le moindre jugement de valeur sur sa stratégie. Ce réalisme élémentaire devrait permettre à l'OTAN de construire un avenir de coopération avec l'influence russe sur les régions géorgienne et ukrainienne. Le retour à la normale qu'envisage la secrétaire Rice est quant à lui un souvenir du temps ou l'hégémonie américaine avait un sens. Aujourd'hui l'OTAN doit construire un réseau d'influence dans lequel la Russie a les moyens de jouer un rôle majeur et les US un rôle moins important. Que va faire l'Europe ? c'est la principal question, qu'i faudra aborder avec précaution !

A Guild

Regarde plutôt sur le globe (pas sur le planisphère) l'emplacement des bases aériennes de l'OTAN (notamment celle de la France au Tadjikistan, par exemple) et ensuite fait des conclusions concernant l'importance de l'ouverture de l'espace aérien de la Fédération de Russie.

Si après ça, tu penses toujours que ce n'est pas important, tous les mecs de l'État-Major de l'OTAN à Bruxelles sont nuls et toi tout seul devant ton ordinateur est la source véritable de la sience et de la vérité.

à Alex

Depuis l'éclatement de la Russie soviétique l'Afghanistan est très loin de la Russie... les pays membres de l'Otan dont les USA ont bien plus d'ennuies avec l'Iran et les zones tribales du Pakistan qu'avec la Russie qui n'a plus rien à voir et depuis longtemps avec l'Afghanistan. Regarde un planisphère.

L'OTAN et la Russie

l'OTAN a plus besoin de la Russie que l'inverse à cause de l'espace aérien pour aller en Afghanistan. Et en ce qui concerne la Géorgie, Saakaschvili a lui-même avoué publiquement lors de son discours devant le Parlement de la Géorgie dans le cadre de l'enquête parlementaire qu'il a donné l'ordre d'attaquer l'Ossétie du Sud. Cet acte de guerre (tuer, entre autres, les forces de maintien de la paix russes sous l'égide de l'ONU) a été puni et la Russie a procédé à l'opération de la pacification et a réalisé le droit à l'auto-détermination de ces deux nouveaux pays, reconnus par le membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU qui est la Fédération de Russie.

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