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Bruxelles veut assouplir la politique d'immigration de l'UE

Dernière modification : 04/12/2008

Le Vieux Continent veut-il rester une terre d'accueil ? C'est ce que souhaite en tout cas la Commission européenne qui propose aux gouvernements des 27 pays de l'UE de revoir les règles liées au traitement des demandeurs d'asile.

AFP - L'Europe veut modifier ses règles sur l'asile afin de donner un visage plus humain à sa politique d'immigration, devenue de plus en plus restrictive et sélective face aux flux croissants de migrants venus chercher travail et protection.
   
"Notre objectif est de placer les demandeurs d'asile au coeur d'une procédure plus humaine et équitable", a expliqué mercredi Jacques Barrot, commissaire européen chargé de la Justice, de la liberté et de la Sécurité.
   
Bruxelles propose aux pays européens de modifier ou d'assouplir plusieurs dispositions afin de créer à terme un système européen d'asile.
   
"L'Europe doit être un espace d'accueil, de générosité et de protection", avait affirmé la semaine dernière le ministre français chargé de l'Intégration, Brice Hortefeux, dont le pays assure la présidence française de l'UE.
   
Les Européens ont adopté un Pacte sur l'immigration dont l'objectif affiché est "l'organisation de l'immigration légale, la lutte contre l'immigration irrégulière, le renforcement de l'efficacité des contrôles aux frontières, l'édification d'une Europe de l'asile et la création d'un partenariat avec les pays d'origine et de transit des migrants".
   
Il favorise l'immigration choisie et facilite le renvoi des immigrants indésirables. Ce qui a valu à l'Europe de vives critiques à l'étranger, en Amérique du Sud ou en Afrique. D'où la volonté de contrer l'image d'une "Europe forteresse" en montrant sa face généreuse.
   
Or l'asile est encore un point noir, car la grande majorité de demandes sont rejetées.
   
Les chiffres montrent une baisse du nombre de demandeurs, passé de 406.585 en 2000 à 222.165 en 2007 et 63,1% des dossiers examinés en 2007 ont été rejetés, selon les données de la Commission.
   
Problème: "il y a des écarts importants entre les pays pour les demandes d'asile et dans les pourcentages de décisions positives", a souligné Jacques Barrot.
   
"Dans certains pays, comme l'Italie, la Suède ou Malte, 50% des demandes ont une réponse positive. Mais dans d'autres, comme la Slovénie, la Slovaquie et la Grèce, ce pourcentage est de 3%", a noté le commissaire.
   
Il y a là une injustice selon Bruxelles, car tous les pays ne portent pas le même fardeau et les demandeurs d'asile sont traités différemment.
   
"Un Tchétchène a 72% de chance d'être protégé en Autriche, mais pratiquement aucune en Slovaquie. Un Irakien a plus de chance d'être protégé en Suède qu'en Grèce", a-t-il dénoncé.
   
La Commission préconise de modifier "le règlement de Dublin" sur le pays responsable du traitement de la demande. Le premier pays de l'UE où le demandeur d'asile est arrivé est actuellement seul responsable de la décision.
   
Elle veut qu'à l'avenir un demandeur d'asile ait la possibilité de faire examiner sa requête dans le pays dans lequel il se trouve (souvent différent de son point d'arrivée) et plaide pour "la réunification familiale".
   
Les pays du sud de l'UE, comme Chypre, Malte, la Grèce, l'Italie et l'Espagne, sont des "pays de premier accueil". Or, certains ont des capacités très réduites et, la plupart du temps, déboutent les demandeurs.
   
Jacques Barrot veut également modifier la législation européenne sur les conditions d'accueil pour "améliorer les conditions de vie des demandeurs d'asile".
   
Il a suggéré l'octroi d'une petite somme d'argent de poche pour permettre au demandeur d'avoir une vie correcte. Interrogé sur le montant de ce pécule, Jacques Barrot a répondu: "C'est aux Etats de décider. Mais ça doit être quelque chose de significatif. Pas un euro".
   
Selon lui, les Etats devront en outre "faciliter l'accès à leur marché du travail".
   
Toutes ces mesures devront être examinées par les gouvernements, qui entendent avoir le dernier mot en matière d'immigration et d'asile.

Première publication : 04/12/2008

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