Retrouvez la première partie de Politiques du 4 décembre, avec Jacques Attali, en cliquant ici.
Roselyne FEBVRE.- Bienvenue dans « Politiques » avec notre invité, Jean-Luc Mélenchon, sénateur. Bonjour. Merci d'être là. Jean-Luc Mélenchon qu’on ne présente plus désormais comme trublion du parti socialiste, mais comme trublion tout court.
Ça faisait longtemps que ça vous démangeait de claquer la porte du parti socialiste, de vous émanciper. Il y avait trop longtemps que, selon vous, la dérive libérale des socialistes vous donnait de l’urticaire. C’est fait. Vous avez fait vos valises, laissant derrière vous les affres et les querelles byzantines de la rue de Solferino.
Le combat de tigresses entre Ségolène Royal et Martine Aubry se fera sans vous. Mais les rives que vous abordez ne sont pas sans danger. Vous avez ouvert ce week-end votre boutique, votre nouvelle boutique, le "Parti de gauche". Au moins, on sait où on met les pieds. Ça a le mérite d’être clair. Après tout, parfois il vaut mieux un petit « chez soi » qu’un grand « chez les autres ». Votre parti rassemblait l’autre gauche sur le modèle de Die Linke, qui veut dire « la Gauche » en Allemand, et qu’a créée Oskar Lafontaine, ancien président du SPD, que d’ailleurs vous avez invité à votre meeting samedi dernier.
Alors, est-ce qu’on peut dire, Jean-Luc Mélenchon, que finalement vous vous sentez un peu mieux dans vos baskets et que vous êtes en quelque sorte libéré comme si cela vous titillait depuis des années.
Jean-Luc MELENCHON.- Oui, je n'étais pas en prison. Le parti socialiste n’a pas été qu’un lieu de souffrance pour moi. Ça était aussi un lieu de bonheur et j’ai partagé avec eux beaucoup de batailles. Mais c’est vrai que la situation devenait intenable.
Bon j’ai voté « non » alors que le parti appelait à voter « oui » pour la réforme constitutionnelle européenne. J’ai voté « non » pour la réforme du traité de Lisbonne, ils se sont abstenus, ils ont voté « oui ». J’ai voté « non » sur le plan bancaire, ils s’abstenaient. Certains ont même voté « oui ».
Bref, petit à petit, on voyait dans les faits se creuser une distance politique, et je m’étais donné comme dernière limite le congrès du parti. Je m’étais dis : bon, allez, je mets tout de mon côté. On fait une seule motion de gauche, même Benoît Hamon n’en voulait pas. Je lui ai conseillé de le faire, il a accepté. Et puis on y va.
On a en face de nous trois motions de la majorité. Je me dis : cette fois ci c’est la bonne. Comme nous n’avions jamais fait moins de 40 %, la gauche du parti et tous les courants, donc on devait y arriver.
Face à ce qui se produit, on fait moins de 20 et l’ancienne majorité garde 80 % des suffrages. C'est-à-dire qu’elle n’a jamais été aussi haut.
Roselyne FEBVRE.- Et c’est quand vous voyez Ségolène en tête en fait que vous… ?
Jean-Luc MELENCHON.- Non Ségolène ce n’est pas elle, sa personne. De toute façon, c’est la circonstance aggravante. Non seulement l’ancienne majorité était à 80 % des voix, mais quelqu’un qui représente dans cette ancienne majorité une espèce de concentré de ce avec quoi je ne suis pas d’accord, est en tête.
Vous savez aujourd’hui la situation est la suivante dans la sociale démocratie européenne, mondiale même, mais on va dire européenne pour restreindre le champ, vous avez une gauche qui est écrabouillée partout. C’est pourquoi, moi, je préfère me sauver à temps avant d’être mort. Et puis, vous avez deux blocs qui s’affrontent, les socio-démocrates traditionnels qui ne savent plus où ils en sont d’ailleurs, qui gouvernent avec la droite en Allemagne, en Autriche, en Hollande ou qui sont dans des espèces de repli identitaire qui ne les mènent nulle part comme le Danemark ou en Suède.
Et puis de l’autre côté, vous avez une aile encore plus moderniste, à l’italienne en gros comme le parti de Monsieur Veltroni.
Jean-Luc MELENCHON.- Voilà, qui eux se déclarent démocrates, qui se disent même plus de gauche. Ils disent « nous sommes ni gauche ni droite du côté de la réforme ». C’est tellement vrai que les parlementaires italiens du parti démocrate, la moitié d’entre eux ont quitté le groupe socialiste pour aller au parti libéral.
Roselyne FEBVRE.- Donc il y a une sorte de confusion mentale selon vous ?
Jean-Luc MELENCHON.- Non, ils sont de plus en plus dans le système, c’est un parti du système. On va dire un système, c’est un parti de centre gauche. Le parti français avait toujours été singulier, mais là il ne l’est plus du tout et Martine Aubry est en quelque sorte, une sorte de, je vais pas dire de caricature car cela serait méchant, mais je ne veux pas être méchant, disons un précipité, un résumé de cette orientation sociale démocrate totalement impuissante.
Roselyne FEBVRE.- Surtout quand elle va en Espagne rencontrer les leaders socialistes ?
Jean-Luc MELENCHON.- Là, il s’est passé quelque chose de médiatiquement drôle comme d’habitude. Il suffit que quelqu’un dise « coup de barre à gauche », parce que sur le papier des socio-démocrates, il est marqué « nous voulons une Europe sociale ». Moi aussi, je voudrais que mon petit soulier au sapin de Noël soit plein. Ça s'appelle une lettre au Père Noël. A peine avait-il fini de dire ça qu’on voit sur la photo Martine Aubry à côté de Frantz Müntefering, qui est le Président du parti Allemand, qui gouverne avec la droite. Et les deux dirigeants du parti socialiste espagnol et portugais réclament -devinez quel grand tournant à gauche- le maintien de Monsieur Barroso qui est un libéral à la tête de la commission. Tout ça est une mauvaise mascarade d’un parti qui n’accepte pas d’assumer qui il est.
Roselyne FEBVRE.- C’est un peu comme la pub Canada dry, on croit que ça en est mais...
Jean-Luc MELENCHON.- Franchement là, y a que les gogos qui peuvent y croire, parce que s’ils assumaient leur position, moi je ne leur reproche pas d’avoir une position politique de centre gauche…
Roselyne FEBVRE.- Ce n’est pas la honte non plus d’être de centre gauche.
Jean-Luc MELENCHON.- Pour moi il n’y a rien qui est une honte. Ce sont des points de vue et puis c’est les citoyens qui tranchent.
Mais ce que je leur reproche est de faire semblant tout le temps, d’essayer de se faire passer pour autre chose que ce qu’ils font. Et du coup, ça crée sans arrêt de la désillusion et de la colère. Vous ne pouvez pas dire que vous demandez un tournant à gauche de l’Europe quand vous vous mettez sur la photo et que vous signez un papier avec le Président d’un parti qui gouverne avec la droite. Il ne faut pas se moquer du monde.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous êtes en train de dire que Martine Aubry est une sociale démocrate bon teint et que, finalement, elle le restera malgré les apparences qu’elle veut donner.
Jean-Luc MELENCHON.- Alors non seulement elle est sociale démocrate bon teint, mais la social-démocratie est dans une impasse totale. C’est ça que j’essaye d’expliquer. J’ai fait un livre sur le sujet pour montrer de ce que cela donne dans toute l’Europe.
Roselyne FEBVRE.- D’ailleurs, Ségolène Royal dit que la sociale démocratie est en échec en Europe et elle prône tout de même aussi avec le centre une alliance. Donc il y a une sorte aussi d’incohérence.
Jean-Luc MELENCHON.- Ah oui, mais vous avez tout à fait raison. Elle a aussi acté le fait que c’était fini. Elle en déduit « il faut faire une alliance au centre ». Moi je ne déduis pas ça du tout. Je déduis qu’il faut reconstituer un arc de force à gauche.
Mais vous savez, pour les gens qui ne s’en rendent pas compte, il faut tout de même qu’ils sachent que les partis socio-démocrates en Europe, lorsqu’ils sont alliés avec la droite, pratiquent une politique plus à droite que celle de Monsieur Sarkozy.
Si nous prenons l’exemple de l’âge de la retraite et du nombre d’annuités, il est plus important en Allemagne avec l’approbation du parti social démocrate allemand qu’en France votée par l’UMP.
Donc, ce que je dis ce n’est pas quelque chose vous savez, un peu d’idéologique, que Mélenchon trouverait que ce n’est pas assez rouge.
Roselyne FEBVRE.- Mais est ce que le mot « libéral » a le même sens en France que dans les pays soit anglo-saxons, soit même en Europe ou en Allemagne ? Est-ce que vraiment le mot « libéral » a le même sens ? Il y a peut-être un problème aussi de sémantique.
Jean-Luc MELENCHON.- Oui, vous avez raison - Le mot n’a pas le même sens et en particulier, n’a pas la même histoire. Les partis libéraux ont été des partis progressistes par rapport au parti conservateur en Angleterre, en Finlande, dans plein de pays.
D’ailleurs, l’un des aspects les plus frappants de la situation, c’est de voir que dans ces pays souvent, le parti social démocrate régresse à la position qu’il avait au début du siècle et devient le troisième dans les urnes.
Mais ce qui est par contre la même chose, c’est la politique économique libérale et c’est ça qui compte.
Quand je dis que la sociale démocratie s’est libéralisée, cela ne veut pas dire qu’elle est devenue libérale au sens philosophique du terme, mais qu’elle a pris en charge la politique économique des libéraux , et c’est ce que je pointe du doigt et que je dénonce.
Et je dis que quand Martine Aubry, à peine élue, dit « nous serons encrés à gauche » c’est quand même le moins qu’on puisse attendre d’un parti de gauche. « Mais », dit-elle, et tout est dans ce « mais », « mais réformiste ». Donc on ne touchera pas aux fondamentaux du capitalisme. « Et européen », car l’Europe est un projet en soi. Sa formule a le mérite de clarté et de l’honnêteté, mais elle me permet de dire que je suis en désaccord absolu avec chacun de ses termes.
Roselyne FEBVRE.- C’est bien pour ça que vous êtes parti. Donc, vous, les fondamentaux, vous les retrouvez.
Alors, vous avez créé donc ce parti « la gauche » sur le modèle, je le disais, de « Die Linke », même si on ne va en parler que dans quelques instants, difficilement transposable.
Mais, il y a le parti communiste en France qui est subclaquant. Il y a le nouveau parti anticapitaliste de Besancenot qui prône le grand soir. Finalement qu’est ce que vous allez ajouter de plus. Et est-ce que ce n’est pas un peu prétentieux de considérer qu’il manquait une autre voix et que vous êtes cette voix-là ? Qu’est-ce qui vous différencie des autres ?
Jean-Luc MELENCHON.- De toute façon, il faut avoir de l’ambition. On appelle ça « prétention » si on veut. Mais, oui j’ai l’ambition de mes idées et ce que je suis, avec Marc Dolez député encore socialiste récemment du Nord, et puis ceux qui nous ont rejoint depuis, deux autres parlementaires, et puis il y a eu des centaines de gens. Nous ne sommes pas de l’histoire communiste, même si nous avons l’intention en fondant le parti de Gauche d’être en quelque sorte un creuset dans lequel on prend toutes ces histoires.
Roselyne FEBVRE.- Vous avez rejoint le groupe communiste en tout cas au sénat.
Jean-Luc MELENCHON.- Oui, le groupe communiste, je le remercie de m’avoir accueilli sinon j’étais à la rue. Mais, ils ont accepté de changer le nom du groupe, le groupe s’appelle « groupe communiste et des sénateurs du parti de gauche » puisque nous sommes deux sénateurs (François Autain, sénateur de Loire Atlantique et moi-même). Donc les communistes ont été très respectueux de mon identité politique et je veux les remercier tout à fait solennellement.
Maintenant quelle est l’offre ? On parle comme ça maintenant. On dit « l’offre politique » Quelle est la proposition politique ?
Jean-Luc MELENCHON.- J’ai fait deux choses. Premièrement, un parti de creuset. Alors, ça, on peut dire que ça ne concerne que les gens de gauche, j’en suis d’accord. Mais, nous avons besoin d’un lieu où nous faisons la synthèse du socialisme du 21ème siècle. Cela ne peut pas être la social-démocratie, le communisme d’état ou l’écologie à la Cohn-Bendit qui ne nous mènent nulle part. Donc, on a besoin d’une synthèse de ces grands courants. On va essayer de la faire dans notre parti.
Roselyne FEBVRE.- En gros, pour vous, c’est sérieux, c’est ça ?
Roselyne FEBVRE.- Vous, vous êtes en train de dire « moi, c’est un truc sérieux, républicain ».
Jean-Luc MELENCHON.- Non, je dis c’est une démarche qui correspond à une réalité. Des ex, vous en avez plein le pays, des ex communistes, ex socialistes, ex verts , des verts qui sont mal à leur place dans un parti qui se droitise, des socialistes qui le quittent. Bon, on connaît tout ça, c’est une réalité.
Donc, nous, on veut faire un parti de creuset, un parti de combat qui affronte le capitalisme. Donc ça c’est une différence avec le parti socialiste qui me semble assez substantielle.
Mais surtout, à cette étape, ce qui est très important, c’est que nous, nous proposons de renverser la table politique. C’est à dire regrouper dans un front de gauche tout ce qu’on appelle aujourd’hui « l’autre gauche », qui ont en commun, pour faire très bref, d’avoir refusé le traité constitutionnel, refusé le traité de Lisbonne, qui sont comme vous le savez les organisateurs de l’Europe.
Roselyne FEBVRE.- Oui, ils voulaient réveiller le non de gauche !
Jean-Luc MELENCHON.- En quelque sorte. Voilà, on peut dire. Cela résume assez bien l’esprit de ce que nous entreprenons, même s’il y a un côté trop négatif à dire « nous sommes le non de gauche ». Nous sommes aussi pour des politiques sociales, pour des politiques qui ne soient pas des politiques libérales et qui sont interdites par le traité de Lisbonne.
Donc, faire ce front de gauche, pourquoi ? Parce que moi, j’ai l’intention de nous amener au pouvoir. Nous l’autre gauche.
Jean-Luc MELENCHON.- Oui. Alors, pour ça, il faut faire une nouvelle majorité parlementaire et cette majorité parlementaire, pour qu’elle puisse se constituer, il faut d’abord que l’autre gauche soit en tête.
Avec les socio-démocrates, on ne peut gagner aucune élection nationale. La preuve a été faite à trois reprises. Donc, ce qu’il faut, c’est accepter et bien de conquérir une majorité des esprits en proposant une vraie alternative et pas simplement des ravaudages à la marge.
Roselyne FEBVRE.- Alors, d’accord. Mais alors, pourquoi chacun fait sa petite soute dans son petit coin ? Il y a, je vous le disais, le PC, le parti de Besancenot, et vous.
Roselyne FEBVRE.- Pourquoi vous ne faites pas un grand parti de gauche ? Pourquoi vous ne faites Die Linke à la française ?
Jean-Luc MELENCHON.- Peut-être qu’un jour. En effet, vous avez raison de pointer la différence. En Allemagne, Die Linke est un parti fusionné. En France, on ne fusionnera pas le parti communiste et le parti de gauche, ni le NPA. C’est l’histoire. Que voulez-vous ? Nous, nous sommes le résultat d’une histoire particulière : la scission du parti socialiste.
Roselyne FEBVRE.- Tout comme le PS n’est pas le SPD. Le SPD qui a fait sa mue en 59.
Jean-Luc MELENCHON.- Voilà ! Bon, alors, vous avez…Mais par contre, il y a des caractéristiques communes parce que ce qui se produit en France, vous avez souligné que la même chose a eu lieu en Allemagne avec Die Linke, la même chose a eu lieu en Hollande, la même chose a lieu à cette heure au Chili, m’a-t-on expliqué, la même chose a lieu en Israël. C'est-à-dire que partout, les partis de gauche socio-démocrates libéralisés voient un secteur les quitter pour constituer une nouvelle force politique.
On est en France, que voulez-vous ? Il faut respecter les uns et les autres. Je trouve que vous avez été un peu méchante et un peu dure avec le parti communiste parce que s’il est vrai qu’il a fait un score lamentable aux élections présidentielles, mais tout le monde a fait un score lamentable aux élections présidentielles, à part le parti socialiste. Pourquoi ? Parce que tout le monde a eu une peur bleu de ce qui s’était passé la fois d’avant, c'est‑à‑dire à l’extrême droite passant devant le parti socialiste.
Mais pour le reste, c’est une organisation politique dont les suffrages moyens sont aux alentours de 5 %. Donc, ce n’est pas un parti qui a disparu du paysage. Il a 23 sénateurs, 18 députés, 7 000 élus. On peut dire que ce n’est pas la première force politique, mais c’est une force politique qui compte, sans compter – pardon – des centaines de milliers de gens qui sont de culture communiste et qui sont un peu, qui regardent.
Donc, moi, je crois que le parti communiste est un allié culturel, autant que politique, très important en France.
Jean-Luc MELENCHON.- Ecoutez ! Moi, je trouve qu’ils ont quand même une capacité d’influence. Puis, on va la récupérer. Il faut que dans cette histoire, tout le monde y trouve son compte. Vous verrez que le front de gauche, que nous avons commencé, puisque les communistes et nous, nous sommes d’accord là-dessus, nous allons convaincre du monde. Il y a des gens qui ne veulent plus voter, qui disent bon, on va les aider.
Roselyne FEBVRE.- Alors que par exemple, aux prochaines échéances électorales, ça va être les européennes au mois de juin, vous allez faire comment ? Il y aura des listes communes ? Déjà ?
Jean-Luc MELENCHON.- Voilà ! Oui, il y aura des listes communes. Déjà, nous sommes décidés, les communistes et nous, à faire des listes communes. Nous y intégrerons ceux qui veulent venir. Par exemple, on va aller voir les alternatifs. On va aller voir sans doute le MDC. Il y a des écologistes de gauche qui vont venir nous voir. Martine Billard, peut-être, Jean Des Essarts, des gens comme ça, et des parlementaires.
Jean-Luc MELENCHON.- Après, on va voir Besancenot aussi. Je sais très bien qu’aujourd’hui, Besancenot n’a envie de s’allier avec personne, mais on peut le convaincre, parce que je crois qu’il y a un malentendu.
J’ai cru comprendre qu’il avait compris qu’on proposait de dissoudre les partis. Mais on ne propose pas ça. On propose d’être dans un front. Ce front, j’ai l’ambition de faire en sorte qu’il soit en tête de toutes les listes. Je sais que c’est très prétentieux, mais quand on regarde les sondages, on voit que c’est possible. En tête de toutes les listes devant la droite qui devrait passer des élections européennes pas très bonnes, mais surtout devant le parti socialiste de manière à ce qu’on puisse dire : voilà, la vie politique à gauche est réorganisée et la ligne sociale démocrate libéralisée n’est plus en tête. La gauche de France est une gauche de gauche et pas une gauche de centre gauche.
Je crois qu’à partir de là, on aura un 2012 plus vivant et plus respectueux de ce que veulent les citoyens.
Roselyne FEBVRE.- Oui, c'est-à-dire une gauche décomplexée. C'est-à-dire, ce que dit Benoît Hamon d’ailleurs, quand il dit que c’est plutôt que « Nicolas Sarkozy a gagné à droite en ayant une droite décomplexée et que la gauche doit faire pareil ». Mais est-ce que vous n’avez pas peur tout de même que le parti socialiste reste tout de même incontournable ?
Jean-Luc MELENCHON.- Il le sera bien sûr. Mais il n’y a aucune formation politique qui ne soit pas incontournable dans ce pays. Bien sûr que le parti socialiste est une force incontournable. Mais la question qui est posée est de savoir : si l’on se soumet à l’orientation du parti socialiste ou si l’on essaie de faire en sorte que le parti socialiste se soumette à l’orientation de la majorité du peuple de gauche ?
Car je voudrais vous rappeler qu’au référendum de 2005, le parti socialiste a appelé à voter « oui », mais la gauche a voté « non ». Donc, là, il y a un fait historique de première grandeur qui s’est produit.
Quand Madame Ségolène Royal a été candidate, seuls les innocents croient que sa candidature a été le fait d’un consensus dans le parti socialiste. Pas du tout. Des milliers de gens sont venus et ont voté pour elle. Je le dis, même si ça a tourné à mon désavantage, pour envoyer balader tous les autres. C'est-à-dire pour envoyer balader le vieux parti socialiste des autres camarades.
Donc, je crois que cet élan, il existe dans le pays, et c’est ça que nous allons essayer de faire à l’occasion des élections européennes. Et franchement, l’élection européenne, c’est une bonne élection politique, c’est la dernière avant 2012. 80 % de nos lois en dépendent.
Roselyne FEBVRE.- C’est une élection très difficile parce que les gens ne s’y intéressent pas tellement.
Roselyne FEBVRE.- Dernière question quand même sur Martine Aubry, donc nouvelle premier Secrétaire du parti socialiste. Donc, vous venez de dire que vous l’aviez vue en Espagne et que ça vous avez plutôt amusé.
Au-delà de ça, est-ce que vous pensez qu’elle peut gouverner le parti socialiste dans sa position ou que le PS est ingouvernable aujourd’hui ?
Jean-Luc MELENCHON.- Oui, bon, moi, je ne vais pas, bon, je viens de les quitter, c’est comme dans les histoires d’amour, il y a un temps de pudeur. Mais ce parti est ingouvernable et à mes yeux, c’est un astre mort, complètement coupé de la société, vivant replié sur lui-même, ne s’opposant qu’à lui-même et ne s’intéressant pour l’essentiel qu’à lui.
Ça leur passera peut-être. Je le leur souhaite, et la gauche a besoin qu’il soit en meilleur état. Mais réellement, non, je ne vois pas comment il pourrait s’accorder. Regarder bien ce qui est en train de se produire, vous qui êtes à une analyse politique. Tous ces gens se sont entretués dans le congrès, pour finir, ne criez qu’à se rassembler, et là ils sont en train de préparer une synthèse générale. Tout ça est grotesque. Qui peut comprendre quelque chose au débat qu’il y a eu là-dedans, notamment la gauche ?
Jean-Luc MELENCHON.- Je ne sais pas. Tout est possible là-dedans, donc pourquoi pas ça ? Mais ceci dit, ce n’est pas très respectueux de l’opinion de gauche. Mais c’est leurs affaires. Et moi, je dirai aux gens de gauche : eh bien choisissez entre ça et le front de gauche et le parti de gauche, qui lui au moins, a le courage d’assumer des idées qui dès fois, bon, évidemment ne sont pas du goût de tout le monde.
Roselyne FEBVRE.- En tout cas, bonne chance pour ce parti de gauche.
Roselyne FEBVRE.- Nous prendrons des nouvelles régulièrement. Vous viendrez me voir en tout cas.
Merci Jean-Luc Mélenchon d’être passé sur le plateau de France 24.
Tout de suite les infos et la suite des programmes. On se retrouve plus tard. Merci.

















Commentaires
PS
vous savez s'il y a beaucoup de commandants dans un navire il va évoluer difficilement ou chavirer, c'est le probleme de leadership qui se pose au PS. en effet il ya beaucoup de leaders et ils veulent dirriger à la fois
Bravo pour le Parti de Gauche, mais....
Bonjour à tous,
Enfin, un nouveau parti ! Mais que va-t-il faire ? Aurons-nous avec lui un réel combat contre les Injustices, contre la dépendance de la Justice, contre la Présidence du CSM confiée au Président de la République. En un mot, il ne peut y avoir de Nation digne de ce nom tant que le pouvoir judiciaire reste aux ordres du pouvoir exécutif. D'où les injustices et les dysfonctionnements des services de la Justice. Une horreur !. Tant que ces problèmes ne seront pas réglés, rien ne sera réglé.
Cordialement
Guy Simoné
Réunion du Parti de Gauche en région PACA le 12 décembre
On va enfin pouvoir reprendre une activité politique avec un parti qui correspond aux attentes de rapprochement des peuples européens, aux attentes sociales populaires et non plus aux préoccupations des transnationales.
Je vous invite à venir à GARDANNE, le 12 décembre à 19 h. à la Maison du Peuple