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Poutine attendra 2012 pour envisager un retour au Kremlin

Vidéo par Louise DUPONT

Dernière modification : 04/12/2008

Le Premier ministre et ancien président russe, Vladimir Poutine, exclut une élection présidentielle anticipée, d'ici à 2012. Il a précisé qu'il attendra cette date pour décider d'une éventuelle autre candidature au poste de président.

Retrouvez  l'émission Face à Face : "Poutine : un tsar est né ?" en cliquant ici.

 

 

 

AFP - Le Premier ministre Vladimir Poutine s'est tranquillement posé en leader de la Russie jeudi, tendant la main au futur président américain Barack Obama, rassurant ses concitoyens sur la crise et n'excluant pas de revenir au Kremlin en 2012.
   
"Nous nous attendons à des changements positifs (à Washington, ndlr). Il y a déjà de premiers signaux positifs", a-t-il déclaré, s'emparant d'une prérogative toute présidentielle, la politique étrangère, lors d'une séance télévisée de questions-réponses avec ses concitoyens.
   
M. Poutine a cité en exemple la décision mardi de l'Otan de reprendre son dialogue avec Moscou, quatre mois après la guerre russo-géorgienne, et de ne pas donner à l'Ukraine et à la Géorgie le statut de candidat officiel à l'entrée dans l'Alliance, une perspective qui hérisse Moscou.
   
"Si ce ne sont pas que des mots et si cela se transforme en une politique concrète, notre réaction sera adéquate et nos partenaires américains le ressentiront aussitôt", a-t-il promis, sur un ton ouvertement conciliant et inédit ces derniers mois.
   
Poursuivant une tradition instaurée lorsqu'il était au Kremlin, M. Poutine a répondu pendant plus de trois heures à 72 questions, battant symboliquement de deux minutes son record de 2007 et éclipsant une nouvelle fois le président Dmitri Medvedev, en visite officielle en Inde.
   
D'une question à l'autre, le Premier ministre et président de Russie unie, un parti omniprésent à tous les échelons de l'Etat, est apparu à l'aise, souverain, fort d'une popularité et d'une expérience inégalées.
   
"L'important, ce n'est évidemment pas le fauteuil que j'occupe mais les responsabilités que j'exerce dans le pays", a-t-il lancé, comme pour balayer les spéculations sur son prochain retour au Kremlin, réveillées par l'allongement de la durée du mandat présidentiel.
   
Après l'émission, il a exclu devant des journalistes toute élection présidentielle anticipée d'ici 2012 et vanté l'efficacité de son tandem avec le président Dmitri Medvedev.
   
"La prochaine élection présidentielle aura lieu en 2012", a-t-il lancé. "Il ne faut pas s'agiter en se demandant ce qui se passera en 2012. Qui vivra verra", a-t-il ajouté, n'excluant ainsi rien pour lui-même.
   
Tout en renvoyant la responsabilité de la crise financière mondiale sur les Etats-Unis, M. Poutine a appelé ses concitoyens à se tenir prêts à faire face aux épreuves mais a promis que les "dégâts" seraient "limités".
   
"Nous devons être, moralement, financièrement, préparés et organisés. Mais la Russie a connu d'autres problèmes, elle a plus de 1.000 ans d'Histoire", a-t-il dit.
   
Il a "espéré" que la Russie échapperait au chômage de masse, mais admis que le nombre de sans-emplois avait augmenté - il touchait 4,6 millions de personnes fin octobre, soit 6% de la population active.
   
L'inflation sera plus élevée que prévu, à environ 13% sur l'ensemble de l'année, a-t-il également averti, en se félicitant par ailleurs d'une croissance prévue de 6,8 à 6,9% en 2008 malgré "l'influence négative de la crise financière mondiale".
   
Face à la montée des inquiétudes, le Premier ministre a martelé que "tout ce que nous avons prévu dans le secteur social, tout ce qui est lié à la hausse des allocations sociales, des retraites, tout sera accompli".
   
Revenant sur les éternelles tensions gazières entre Moscou et Kiev, M. Poutine n'a pas exclu qu'elles puissent peser sur les livraisons de gaz russe vers l'Europe en cas de non paiement par l'Ukraine de sa dette gazière ou de prélèvement illégal de gaz transitant par ce pays.
   
"Nous espérons parvenir à une compréhension mutuelle avec nos partenaires et nous espérons qu'il n'y aura pas de problèmes de transit vers l'Europe occidentale", a-t-il dit.
 

Première publication : 04/12/2008

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