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Les patrons des "Big Three" plaident, à nouveau, devant le Congrès

Vidéo par Natacha BUTLER , Franck BERRUYER

Dernière modification : 06/12/2008

Les patrons de General Motors, Ford et Chrysler ont plaidé leur cause devant le Congrès. Ils demandent 34 milliards de dollars afin de les sauver de la faillite. George W. Bush a appelé vendredi le Congrès à agir dès la semaine prochaine.

Retrouvez le reportage de Ségolène Allemandou, envoyée spéciale à Detroit : "Toucher ses allocations chômage, un parcours du combattant", en cliquant ici.

 

AFP - Le Congrès américain va tenter de trouver rapidement un compromis pour sauver de la faillite les constructeurs automobiles General Motors, Ford et Chrysler dont les patrons repentants ont longuement plaidé leur cause jeudi et vendredi.
   
"Nous allons voir si on peut mettre sur pied un projet de loi", a déclaré le président démocrate de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants Barney Frank, à l'issue de cinq heures et demie d'audition vendredi des trois dirigeants et d'experts.
   
Les parlementaires doivent discuter ce week-end d'un "accord" pour parvenir à un éventuel vote dans les prochains jours, a dit M. Frank à la presse.
   
Mais le vote du Congrès n'est pas acquis. Républicains et administration Bush s'opposent aux projets des démocrates, qui souhaitent ponctionner les fonds sur le plan de recapitalisation des banques de 700 milliards de dollars (TARP) voté en octobre.
   
Le parti du président élu Barack Obama tente d'obtenir un compromis sur un vote, avant l'arrivée en janvier de la nouvelle administration et du nouveau Congrès à majorité démocrate renforcée.
   
Le président George W. Bush a pressé vendredi le Congrès d'agir dès la semaine prochaine afin que les constructeurs touchent effectivement une aide publique pour échapper à la faillite. Mais l'administration sortante veut utiliser les 25 milliards de prêts qui ont leur ont déjà été alloués en septembre par le Congrès --mais non encore versés--.
   
L'avenir des "Big Three", qui réclament quelque 34 milliards de dollars d'argent public pour se sortir d'une grave crise de liquidités, restait cependant incertain face à des parlementaires souvent effrayés par le montant demandé.
   
Les trois grands patrons de Detroit (Michigan, nord) avaient passé près de six heures jeudi devant la Commission bancaire du Sénat. Ils ont admis avoir commis des erreurs de gestion.
   
Vendredi, nouveau chemin de croix, cette fois devant la Commission des services financiers.
   
Rick Wagoner (GM), Alan Mulally (Ford) et Robert Nardelli (Chrysler) ont été plus explicites sur l'utilisation des fonds qu'ils réclament que lors de leur première audition au Congrès le mois dernier, pendant laquelle ils avaient été incapables de préciser comment ils allaient employer les millions demandés.
   
Dans une lettre adressée jeudi au président Bush, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et le leader de la majorité démocrate du Sénat Harry Reid ont redemandé de puiser dans l'enveloppe de 700 milliards de dollars, déjà bien entamée.
   
"Votre décision d'utiliser les fonds du TARP, ou de travailler avec la Réserve fédérale pour fournir une aide à travers ses dispositifs de prêts existants, ou bien les deux, est indispensable pour que le Congrès puisse répondre à cette situation économique critique", écrivent-ils.
   
Mais, comme le relevait jeudi le sénateur républicain Robert Corker: "personne ne voit le bout du tunnel".
   
General Motors, réclame jusqu'à 18 milliards de dollars. Ford a demandé une ligne de crédit de 9 milliards de dollars, qu'il espère ne pas avoir à toucher. Chrysler réclame 7 milliards.
   
L'UAW, le principal syndicat représentant les salariés des "Big Three", a lancé un spot publicitaire appelant le Congrès à voter une aide publique, sans laquelle trois millions d'emplois pourraient être détruits.
   
Le président du syndicat Ron Gettelfinger a aussi répété au Congrès que les salariés et retraités du secteur étaient prêts à de nouveaux "sacrifices".
   
GM a annoncé vendredi une série de fermetures temporaires d'usines et de suppressions d'équipes, qui devraient conduire au chômage technique 4.000 de ses employés.
 

Première publication : 05/12/2008

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