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EUROPE

Le dalaï-lama reçu avec les honneurs malgré les pressions chinoises

Vidéo par FRANCE 2

Dernière modification : 05/12/2008

Le dalaï-lama a reçu le soutien des députés européens lors de sa venue devant le Parlement. Pékin avait décidé de reporter son sommet avec l'UE en raison de la rencontre prévue samedi en Pologne entre le chef tibétain et Nicolas Sarkozy.

AFP - Les eurodéputés ont déroulé jeudi le tapis rouge au dalaï lama et promis de le défendre dans sa lutte pour l'autonomie du Tibet, au risque d'attiser la colère de Pékin deux jours avant sa rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy en Pologne.
  
Le chef spirituel tibétain, souvent applaudi pendant son discours de 30 minutes devant le Parlement européen (PE), a insisté sur sa lutte pacifique pour l'autonomie et non pour l'indépendance du Tibet, et sa volonté de dialogue malgré l'absence de résultats jusqu'ici.
  
"Je crois de moins en moins" à la volonté du gouvernement chinois de négocier sérieusement avec les Tibétains, a-t-il déclaré, déplorant que les "partisans d'une ligne dure" l'aient emporté jusqu'ici sur les modérés à Pékin.
  
"Mais je continue à faire confiance au peuple chinois. Beaucoup d'intellectuels chinois, d'étudiants, lorsqu'ils peuvent connaître la réalité, sont très encourageants pour nous et très critiques de la politique gouvernementale", a-t-il ajouté.
  
La Chine "veut" être et "mérite d'être une superpuissance", selon lui. Mais si elle a "la puissance humaine", "militaire" et "économique", "il y a un facteur important qui est l'autorité morale", et cellle-ci "lui manque" à cause de "son mauvais bilan en matière de droits de l'Homme", a-t-il déclaré.
  
Le président du PE, Hans-Gert Pöttering, a assuré le prix Nobel de la paix 1989 --qui avait déjà rencontré des eurodéputés à Bruxelles en mai 2006-- que le Parlement allait "continuer à défendre les droits du peuple tibétain à vivre sa culture et sa religion".
  
"Si nous arrêtions de nous battre pour ces principes, nous renoncerions à nous-mêmes", a-t-il souligné, alors que les eurodéputés qui se veulent à la pointe en matière de droits de l'Homme, s'apprêtent à décerner le 17 décembre le prix Sakharov au dissident chinois Hu Jia.
  
M. Pöttering a appelé "instamment" les dirigeants chinois à "donner la preuve" qu'ils n'avaient pas repris les négociations avec les représentants du dalaï lama en août "uniquement à cause des Jeux olympiques", et à faire déboucher ces pourparlers "sur des résultats".
  
La décision inédite de la Chine de reporter son sommet avec l'Union européenne, prévu le 1er décembre, en raison de la rencontre prévue samedi en Pologne entre le dalaï lama et M. Sarkozy, président en exercice de l'UE, n'a pas empêché le chef tibétain de parler avec humour de cette entrevue.
  
"J'ai déjà rencontré la femme du président, je me réjouis maintenant à l'idée de rencontrer son mari", a-t-il déclaré aux journalistes.
  
Le dalaï lama avait rencontré Carla Bruni-Sarkozy en août. M. Sarkozy qui avait initialement prévu de le rencontrer, ne l'avait finalement pas fait, s'attirant de vives critiques de l'opposition qui l'avait accusé de protéger les intérêts économiques français en Chine.
  
Alors que Pékin a encore averti jeudi que cette entrevue pourrait affecter "les relations commerciales" franco-chinoises, le leader tibétain a assuré n'avoir "aucun agenda politique", même s'il a salué "l'intérêt sincère de beaucoup de Français pour la culture tibétaine".
  
"C'est juste une rencontre pour dire bonjour", a-t-il expliqué.
  
Un responsable français, parlant sous couvert de l'anonymat, a minimisé jeudi les menaces de Pékin, soulignant que "les Chinois ont besoin d'investissements occidentaux", surtout avec la crise économique.
  
Il a attribué l'ire chinoise moins à l'entrevue à venir avec M. Sarkozy qu'à "la succession de rencontres" prévues entre des responsables européens et le dalaï lama les jours prochains.
  
Le chef bouddhiste a été reçu mercredi par le Premier ministre belge Yves Leterme et doit encore voir les Premiers ministres polonais Donald Tusk et tchèque Mirek Topolanek avant son départ d'Europe mercredi.
  

Première publication : 05/12/2008

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