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SCIENCES

Les agences humanitaires dépassées par l'évolution du climat

Dernière modification : 06/12/2008

Les agences humanitaires tirent la sonnette d'alarme. Elles préviennent que leur capacité d'intervention auprès des populations en difficulté seront largement dépassées par les impacts attendus du changement climatique.

AFP - Les impacts du changement climatique vont largement dépasser les capacités de réponse des agences humanitaires à venir en aide aux populations malades ou déplacées, ont-elles prévenu mercredi à Poznan, en marge de la conférence de l'ONU sur le changement climatique.

 

Sécheresses et inondations catastrophiques sont déjà devenues plus fréquentes, ont souligné le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), le Haut Comité de l'ONU pour les réfugié (HCR) et la Fédération internationale des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, lors d'une conférence de presse commune.

 
Et la situation va s'aggraver dans les prochaines décennies.
 

"Notre problème aujourd'hui est que notre capacité (d'intervention) est déjà dépassée", a indiqué Kasidis Rochanakorn, d'OCHA. "Le changement climatique est là, son impact est déjà clair à nos yeux et la charge va s'alourdir".

 

"Au cours des 20 dernières années, le nombre de catastrophes signalées a doublé d'environ 200 (par an) à 400. Aujourd'hui les inondations sont plus fréquentes: en 1985, on en comptait une cinquantaine par an, en 2005, leur nombre a bondi jusqu'à 200".

 

Suivant cette tendance à la hausse, les contributions aux agences humanitaires ont d'ailleurs fortement augmenté de 257 M USD en 2006, à 808 M en 2007 et 961 M jusqu'à présent pour 2008, a-t-il souligné.

 

Bekele Geleta, secrétaire général de la Fédération des Croix rouge, a pressé les négociations de Poznan sur le changement climatique d'intégrer ce facteur dans le futur accord qu'ils préparent ici.

 

"Le changement climatique est un problème global, mais ses impacts se font ressentir localement. Il va susciter des événements extrêmes de plus en plus fréquents et, avec eux, des désastres de plus en plus importants".

 

Dans leur rapport l'an passé, les scientifiques du Groupe international d'experts sur le changement climatique (GIEC) insistait sur les conséquences de la hausse des températures mondiales, due aux émissions de gaz à effet de serre stockées dans l'atmosphère depuis le début de la révolution industrielle.

 

Les conséquences pour la planète et l'humanité iront de pair avec l'ampleur de cette hausse, prévenaient-ils, en énumérant sécheresses, inondations, malnutrition et extension des maladies tropicales comme le choléra ou le paludisme.

 

Un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM), Charles Vincent, a cependant indiqué à l'AFP qu'il était parfois difficile de singulariser le changement climatique quand un désastre survient.

 

La surpopulation, les constructions en zone sensible et le manque de préparation des populations et des autorités à réagir en cas de sinistre sont d'autres causes importantes de mortalité.

 
"Reste que le nombre d'événements extrêmes a quadruplé en 20 ans, les sechéresses sont plus longues et plus soudaines".
 
Pour lui, "C'est comme quand vous regardez votre montre, vous ne voyez pas les aiguilles bouger et pourtant elles avancent".
 

Pour Jose Riera, un haut responsable du HCR, les futurs déplacés du changement climatique "sont comme l'éléphant dans le salon", celui que tout le monde essaie d'ignorer.

 
Les prévisions sur leur nombre vont de 250 M USD à près d'un milliard d'ici 2050, rappelle-t-il.
 

La conférence de Poznan a jusqu'au 12 décembre pour lancer la négociation d'un futur traité climatique, qui devra être finalisé dans un an à Copenhague afin d'entrer en vigueur à expiration des premiers engagements du Protocole de Kyoto, fin 2012. Il doit notamment garantir le soutien aux pays les plus vulnérables.

Première publication : 06/12/2008

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