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Comme tous les ans, la grande fête de l’Aïd el-Kébir reste un instant privilégié pour les familles marocaines. Pour grand nombre de ménages du royaume chérifien, cette période de l’année est l’occasion des retrouvailles familiales.
Mais au-delà du sacrifice du mouton, symbolisant la soumission du prophète Ibrahim à Dieu, ce rituel religieux crée son lot d’offres commerciales et de crédits à la consommation auxquelles ne résistent pas de nombreuses familles désireuses de pouvoir commémorer cette incontournable tradition.
A cette occasion, les offres des sociétés de crédit se multiplient, les slogans vantant les mérites des prêts à taux zéro fleurissent sur les panneaux publicitaires. Des crédits officiellement destinés à la consommation alors que la loi coranique interdit le moindre profit à l’occasion de cette fête religieuse.
"Il n’y a pas de crédit affecté au mouton, c’est très important, tient à préciser Mostafa Melsa, le délégué général de l’association professionnelle des sociétés de financement. Les sociétés de crédit donnent un crédit personnel. Et libre au client d’aller acheter un mouton ou d’acheter autre chose."
Un bond de 40 % des ventes dans les supermarchés
Et les opportunités d’achats ne manquent pas lors de l’Aïd el-Kébir. Les promotions dans les grandes surfaces se multiplient, les ventes effectuent un bond de près de 40 % à cette occasion. Seulement voilà, le tournant commercial pris par cette fête ne fait pas que des adeptes au Maroc. Et la frénésie de consommation qui l’accompagne fait parfois oublier l’aspect religieux de cette tradition…
"Cette fête est prévue uniquement pour ceux qui ont les moyens financiers d’acheter le mouton, explique avec sagesse Mamoun Fassi-Fihri, l’imam de la grande mosquée du quartier Californie à Casablanca. Il faut que son prix soit raisonnable et qu’il soit payé avec de l’argent honnêtement gagné. Il ne faut pas que cela provienne d’un quelconque vol, d’une escroquerie, d’un gain au jeu. L’achat du mouton ne doit pas mettre la famille en difficulté et l’argent ne doit pas provenir d’un crédit. Dieu n’oblige pas ceux qui n’en ont pas les moyens de sacrifier le mouton."
250 euros le mouton
Malgré tout, le sacrifice du mouton reste incontournable au Maroc, chaque famille cherche par tous les moyens à respecter la tradition. Peu importe les solutions utilisées. L’achat de l’animal reste une priorité même si les crédits à taux zéro proposés ne dupent personne. On estime à 70 % le nombre de famille dans l’impossibilité de s’acquitter du règlement en le payant comptant. L’achat du mouton coûte en moyenne 250 euros, un prix largement supérieur au salaire minimum mensuel pratiqué dans le pays.
"Il faut être vraiment naïf pour croire qu’il existe des crédits à taux zéro, affirme Mehdi Michbal, analyste financier de profession. Selon les formules proposées, si vous prenez un crédit de 3 000 dirhams [271 euros environ] vous rembourserez 300 dirhams sur 10 mois. Les gens pensent alors que c’est un crédit gratuit alors qu’à l’obtention vous devez payer les frais de dossier qui varient généralement entre 300 dirhams et 500 dirhams. Il s’agit donc d’un crédit similaire aux autres avec un taux d’intérêt qui peut aller jusqu’à 9 % ou 10 %."
Un coup de fouet pour l’économie rurale
Crédit ou pas, la fête de l’Aïd el-Kébir entraîne avec elle un chiffre d’affaires estimé à 700 millions d’euros, un véritable coup de fouet pour l’économie rurale.
Quelque 6 millions d’ovins et de caprins à travers le royaume vont être allongés sur le flanc gauche et égorgés, la tête placée en direction de La Mecque. Malheureusement, le transport des animaux se fait très souvent sans ménagement. Et il n’est pas rare d’apercevoir plusieurs bêtes entassées dans un simple coffre de voiture. D’aucuns regretteront alors que le respect des traditions ne s’applique pas à l’animal sacrifié lors de son dernier voyage.


























Commentaires (5)
injusteeeee
Ca me fait vraiment mal que vs ne voyez que le coté mauvais de notre pays le "Maroc"...et vs vs trompez bcp, mais si vrmt vous aviez confiance en c ke vs dites SVP en periode d'été lorsque votre pays n connait mme pas c ke veur dire soleil et bronzage n vous destiinez pas au MAROC...:d:
Aussi concernant nos immigrés j vs assure que notre pays recoit de plus en plus des etrangers voulant et désirant trouver un job ici ainsi que s'y installer ds nos plus belle villes ...et pour c ki est pauvreté c partout allant d'amérique passant par l'europe jusqu'à arriver à l'afrique. Soyon réalistes qd mmmmmmmmme!!!
misere
bravo Mr Lemaire avec ce reportage vous pouvez, vous ! en manger du mouton pas cher !! ça rapporte la misère n'est ce pas !!! joli ce système qui engraisse toujours les mêmes ...enfin pourvu que ça dure Inch Allah
Le mouton
Combien de marocains ont les moyens de s'offrir un mouton pour la fête .ils sont des milliers sur le net a demander un emploi.de l'argent, des vêtements pour l'hivert quel misère ,moi ça me crève le coeur de voir tout ces jeunes qui veulent quitter leur pays pour un jub.........quand je voie de belles photos du roi qui roule sur l'or .tandis que son peuple cherche par tous les moyens de survivre.............quel misère ,mon coeur est triste Inchallah
Félicitation M. Lemaire
M. Lemaire je tiens à vous féliciter pour la qualité de ce reportage notamment le commentaire qui l'accompagne ainsi que la phrase finale qui prouve une fine connaissance du sujet traité.
LA fete de l'aiid elkibir n'est pas obligatoire
ce n'est pa une tradition ; "le sacrifice" pour les juifs et les musulmans c'est une soumission du profete IBRAHI MAIS n'est obligatoire selon la religion musulmane au contraie si un individu n'a pas les moyens financiers suffisantes la religion lui permet et l'oblige a ne pas "sacrifier"