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- ArcelorMittal - Luc Chatel - Nicolas Sarkozy
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Roselyne FEBVRE.- Vous êtes Secrétaire d’Etat à la Consommation et à l’Industrie et vous êtes aussi Porte-parole du gouvernement. Alors, je voudrais vous parler tout de suite de l’actualité brûlante : c’est ArcelorMittal qui annonce la suppression de 1 400 emplois. Les syndicats soupçonnent les entreprises, en ce moment, de profiter de la crise pour "dégraisser". D’abord, est-ce que c’est le cas effectivement d’ArcelorMittal ? Ne prennent-ils pas cet alibi pour spéculer sur une reprise future ?
Luc CHATEL.- Nous allons être extrêmement vigilants. Le devoir du gouvernement, c’est d’être vigilant à ce que certaines entreprises ne profitent pas de la situation économique mondiale, de la crise, pour procéder à des plans qui ne seraient pas nécessaires. Et donc, que des salariés soient laissés au bord du chemin dans ces conditions et puis surtout, le devoir du gouvernement, et c’est ce que je vais faire : veiller à ce que les engagements soient tenus.
Luc CHATEL.- Les engagements pris par ArcelorMittal doivent être tenus.
Luc CHATEL.- ArcelorMittal a pris deux types d’engagements : des engagements en 2000, de création de 2 000 emplois sur le secteur. Deuxièmement, ArcelorMittal a pris des engagements très forts en matière de réindustrialisation, notamment suite à la fermeture partielle de Gandrange, de réindustrialisation de l’ensemble du site, d’investissements sur le site de Florange et de participation à un fonds d’investissement tel que convenu à l’Elysée, en présence du Président de la République.
Moi, j’ai demandé aux dirigeants français d’ArcelorMittal de venir me voir, lundi, à Bercy, pour que nous fassions le point sur tous ces engagements qui avaient été pris par ArcelorMittal pour voir où on en est et si les engagements seront bien tenus.
Roselyne FEBVRE.- Alors que peut faire l’Etat ? Quelle pression peut faire l’Etat sur des entreprises privées ?
Luc CHATEL.- Eh bien, l’Etat, d’abord, c’est son rôle d’être extrêmement vigilant, lorsqu’on annonce 1 400 suppressions d’emplois, dites "sur la base de départs volontaires", que ce soit effectivement le cas et que ce ne soit pas des licenciements déguisés.
Ensuite, l’Etat peut demander aux entreprises de réindustrialiser localement, d’investir dans la région qui peut être touchée par d’éventuelles fermetures de sites ou suppressions de postes. Le gouvernement est extrêmement vigilant parce que la période est difficile, et le Président de la République l’a dit : nous serons extrêmement vigilants à ce qu’il n’y ait pas, pendant cette période, ce qu’on pourrait appeler un « effet d’aubaine » de la part de certains groupes.
Roselyne FEBVRE.- Cela veut dire que vous pouvez éviter ces licenciements en masse ?
Luc CHATEL.- Nous pouvons en tout cas garantir ‑ et nous devons, c’est notre devoir, c’est ce que je fais, c’est mon rôle de Secrétaire d’Etat à l’Industrie – de veiller à ce que, lorsque des grands groupes industriels comme ArcelorMittal, qui ont racheté Arcelor en 2006, lorsqu’ils prennent des engagements, ces derniers soient tenus et respectés ; que ce ne soit pas uniquement des paroles d’un jour mais que, derrière, ce soit fini et se traduise par des actes.
Roselyne FEBVRE.- Pensez-vous qu’ils spéculent effectivement sur une reprise future ? En profitent-ils ?
Luc CHATEL.- Ecoutez, je ne veux pas m’avancer en la matière. Je rencontrerai, encore une fois, les dirigeants lundi. C’est très proche. C’est seulement à l’issue de cette rencontre que nous pourrons nous faire une opinion sur l’état des engagements qui avaient été pris par le groupe ArcelorMittal.
Roselyne FEBVRE.- Alors le plan de relance annoncé la semaine dernière à Douai par Nicolas Sarkozy, vingt-six milliards d’euros, un plan qui met l’accent sur et l’accélération sur l’investissement plus que sur la consommation, en tant que Secrétaire d’Etat à la Consommation, n’êtes-vous pas devenu le « parent pauvre » de cette relance ?
Luc CHATEL.- Non, parce que je suis aussi Secrétaire d’Etat à l’Industrie et que la relance par l’investissement, c’est justement accompagner notre industrie qui en a bien besoin. Je voudrais ensuite dire qu’il ne faut pas opposer la consommation et l’investissement. C’est absurde. Dans les mesures de ce plan, il y a un certain nombre de dispositions qui vont bénéficier directement aux consommateurs. D’abord, aux moins favorisés d’entre eux, à ceux qui pourraient être laissés au bord du chemin par une telle crise.
Le gouvernement a mis en place le Revenu de Solidarité Active qui entrera en vigueur le 1er juillet. Nous avons décidé de l’anticiper par le versement d’une prime exceptionnelle de 200 € pour toutes ces personnes.
Deuxième exemple qui montre que nous agissons aussi sur la consommation : pour relancer la mécanique de la filière automobile, certes nous avons des mesures de long terme, d’investissements, d’accompagnement des grands groupes industriels, mais en même temps, nous avons mis en place la prime à la casse qui va permettre aux consommateurs d’avoir un aspect incitatif à l’achat de véhicule, au moment où toutes les commandes se sont arrêtées. Vous voyez donc que l'on n’oppose pas les deux. On fait à la fois une politique basée sur l’offre mais en même temps sur la demande.
Roselyne FEBVRE.- C’est la critique des socialistes. La critique est faite à ce plan de relance, depuis qu’il a été annoncé. Les socialistes parlent d’une erreur économique et un reproche à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir mis l’accent, une seule seconde, sur le pouvoir d’achat. Ce sont des promesses de campagne.
Luc CHATEL.- D’abord, je vais vous dire : les socialistes, quels socialistes ? La motion A, la motion B ? Qui parle, quand on parle des socialistes ?
Luc CHATEL.- Deuxièmement, si vous voulez, faire référence à l’autorisation administrative de licenciement, je ne suis pas sûr que ce soit l’idée du siècle et ce n’est pas avec des solutions du 19e ou du 20e siècle que l'on va régler une crise d’ampleur mondiale, d’une violence et d’une rapidité de contamination, de contagion, sans précédent. Ce n’est pas avec ce type de solutions qu’on va régler le problème de la crise aujourd'hui. J’observe d’ailleurs que le plan de relance présenté par Nicolas Sarkozy est en pleine harmonie avec ce qui se fait partout, au niveau européen, là où il y a des gouvernements socialistes, en Espagne, socio-démocrates en coalition en Allemagne ou travaillistes en Grande-Bretagne.
Roselyne FEBVRE.- La Grande-Bretagne a fait sa relance sur la consommation.
Luc CHATEL.- Oui, la Grande-Bretagne a une situation très différente. D’abord, ils ont fait le choix, il y a déjà de nombreuses années, plutôt des services que de l’industrie. Ils sont donc par définition moins pénalisés lorsqu’ils prennent des mesures qui sont pour la consommation. Cela pénalise moins les produits qui sont fabriqués en Grande-Bretagne, puisqu’ils ont moins d’industries que nous. Nous, nous n’avons pas fait le choix de la TVA parce que nous pensons, d’abord, que cela n’a pas d’impact réel sur les consommateurs. Le montant global du plan de relance correspond à deux points de TVA. Si on avait baissé la TVA de deux points, sur un charriot à la caisse d’une grande surface de 150 €, c’est moins de 2 €. C’est donc un impact extrêmement limité en la matière.
Roselyne FEBVRE.- Mais, la consommation permet de tenir la croissance. C’est le premier moteur. Justement, ne pas mettre l’accent sur la consommation risque de faire que le moteur s’éteigne ?
Luc CHATEL.- Encore une fois, nous n’avons pas négligé la consommation qui continue à se maintenir dans notre pays, puisque, plutôt qu’une mesure à tout le monde, qui serait donc injuste, car deux points de TVA à tout le monde, ça veut dire que si vous achetez une voiture à 40 000 €, vous bénéficiez de 800 € de réduction ; si, en revanche, vous renouvelez péniblement votre véhicule à 5 000 € d’occasion, là vous n’avez droit qu’à 100 € de prime. Nous, on a préféré cibler notre action sur ceux qui en ont le plus besoin en faisant la prime de 200 € pour les Français les moins favorisés.
Roselyne FEBVRE.- Justement, effectivement, vous parlez de cette prime, ce chèque-cadeau, qui est à peu près la seule chose concédée en tout cas aux ménages, pour aider les ménages modestes. Ving-six milliards d’euros pour la relance et 320 milliards pour les banques : n'y a-t-il pas là deux poids deux mesures, à l’heure où les Français souffrent ? Cela ne peut-il pas paraître choquant ?
Luc CHATEL.- D’abord, ce n’est pas la seule chose, comme vous dites, concédée aux ménages. Je rappelle que, dès le début de cette crise, Nicolas Sarkozy a souhaité, par exemple, qu’il y ait une prime exceptionnelle de crise qui soit attribuée fin novembre à ceux qui bénéficiaient précédemment de la prime de Noël.
Deuxièmement, nous avons annoncé la revalorisation des minima sociaux, le minimum vieillesse qui va augmenter, la revalorisation des pensions agricoles. Il y a donc eu des mesures à destination des moins favorisés.
Ensuite, je sais bien que c’est un exercice facile de comparer les milliards qui n’ont rien à voir les uns aux autres. Je voudrais simplement rappeler que le plan de relance pour les banques, ça n’est pas de l’argent qui sort des caisses de l’Etat. Qu'a fait L’Etat ? Il a apporté ce qu’il a de plus cher aujourd'hui, c’est-à-dire sa garantie, de manière à permettre aux banques, à nouveau, de se prêter de l’argent entre elles et de faire fonctionner les circuits financiers. Pourquoi ? Pour éviter…
Roselyne FEBVRE.- L’opposition, par exemple, considère que cet argent sera utilisé.
Luc CHATEL.- C’est absurde ! Parce que d’abord, tous les grands pays européens ont mis en place le même système, y compris lorsqu’ils sont socialistes. Moi, j’ai été un peu stupéfait de voir que le parti socialiste ne votait pas ce plan de relance, alors qu'on aurait besoin, dans une période si difficile, d’avoir un peu une « union sacrée » autour de cela.
Ensuite, encore une fois, c’est de l’argent qui est de la garantie de l’Etat, qui non seulement ne coûte rien au budget de l’Etat, mais qui va même lui rapporter puisqu'il va se faire rémunérer sur l’argent qui va être réinjecté dans le circuit bancaire. L’objectif de tout cela, c’est d’empêcher les faillites de banques, c’est-à-dire de faire en sorte que vous, moi, les consommateurs, tous les Français, puissent continuer à aller chercher leurs économies à la banque et que le système ne soit pas en faillite.
Roselyne FEBVRE.- Alors, ce plan de relance va propulser le déficit public à 4 % du PIB, mais la France comme les autres pays européens, ont la bénédiction de Bruxelles pour laisser filer les déficits. Qu'est-ce que cela va engendrer ? Eh bien, une ardoise de 15 milliards d’euros. Comment allez-vous gérer l’atterrissage ?
Luc CHATEL.- Nous avons demandé, effectivement, les différents pays européens, un assouplissement à la Commission européenne, des règles, et pourquoi ? Pourquoi ? Parce que, on a situation exceptionnelle, une crise, comme on en a une tous les cent ans à peu près. Il faut bien différencier, dissocier ce qui est du déficit courant, de fonctionnement, du mauvais déficit, c’est-à-dire qu’en gros, vous dépensez plus que vous ne gagnez chaque année. Il n’y a pas un ménage, en France, pas une entreprise, qui pourrait se permettre ce que fait l’Etat depuis 25 ans, c’est-à-dire de dépenser plus chaque année qu’il ne gagne. Nous avons donc séparé cela d’un déficit d’investissement, qui est un déficit productif, puisque l’idée, c'est d’aller emprunter sur les marchés de l’argent, de l’injecter dans l’économie, en construisant des nouvelles lignes de TGV, en construisant des universités, en mettant en place des travaux qui sont prévus dans les contrats de Projet Etat-Région.
Luc CHATEL.- Oui, mais simplement, il va être concentré sur une courte période et il va rapporter. C’est-à-dire qu’en face de cet argent, il y aura des réalisations, des investissements nouveaux, qui permettront à notre pays de sortir de la crise mieux équipé et en ayant amélioré sa compétitivité. C'est ça l’objectif du gouvernement.
Roselyne FEBVRE.- La France s’accorde donc le droit, on vient de le dire, comme d’autres pays, à être dans le rouge. Contrairement aux Anglo-saxons ou même aux Allemands, ils savent à un certain moment revenir à une discipline budgétaire. On dirait qu’en France, historiquement, on ne sait pas revenir à des rigueurs budgétaires.
Luc CHATEL.- Non, je ne partage pas ce point de vue, puisque vous savez que nous avons bloqué… Ce qui est important, au-delà du déficit, c’est la dépense publique. Le niveau de la dépense publique. Vous savez que nous avons bloqué les dépenses publiques. Nous engageons des efforts considérables, alors qu’on sait qu’il y a eu une dérive avec l'augmentation mécanique, par exemple, des salaires de la Fonction publique, qui devraient augmenter le budget de l’Etat, les dépenses, eh bien, nous avons bloqué les dépenses ; et, nous l’avons fait parce que nous avons engagé des réformes en profondeur de l’organisation de l’Etat, la fameuse Révision Générale des Politiques Publiques – le terme barbare est RGPP ‑ Des exemples concrets : nous avons regroupé des administrations qui, avec le temps, avaient des travaux qui se chevauchaient les unes par rapport aux autres. Nous avons un Etat plus efficace, mieux organisé, à moindre coût. Voilà l’objectif.
Roselyne FEBVRE.- Oui, mais, vous ne me répondez toujours pas sur comment on gérera… la question va se poser en 2009, sur la façon de gérer cette thérapie de choc.
Luc CHATEL.- Non. Encore une fois, l’argent du plan de relance, il va être emprunté et il va donc être en supplément du déficit constaté jusqu’à présent. Simplement, cela ne nous exonère pas de la politique de rétablissement de l’équilibre des Finances publiques. L’objectif, c’est que dans les prochaines années, progressivement, on arrive à un retour à l’équilibre des comptes publics. Nous n’allons pas changer de politique en la matière.
Roselyne FEBVRE.- Autre question d’actualité : Bernard Kouchner a mis les « pieds dans le plat ». Il affirme, mercredi, dans une interview que le Secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme, en quelque sorte, ne sert pas à grand-chose. Qu’il y a toujours une contradiction permanente avec les droits de l’Homme, la politique des droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat. C’est une déclaration plus ou moins surprenante. Est-ce que ce Secrétariat d’Etat, effectivement, ne sert à rien, selon vous ?
Luc CHATEL.- Je vais vous dire : Bernard Kouchner n’est pas le moins bien placé pour parler des droits de l’Homme.
Luc CHATEL.- D’abord, par son passé. C’est un combat d’une vie pour Bernard Kouchner.
Ensuite, parce que je rappelle que c’est lui, en 2007, qui avait proposé, suggéré au Président de la République, de créer auprès de lui, un poste, un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme. Simplement, avec le recul, Bernard Kouchner considère que, finalement, la politique en faveur des droits de l’Homme, c’est souvent une politique transversale, qui est menée au plus au niveau – on l’a vu avec l’action du Président de la République, de Bernard Kouchner, sur un certain nombre de terrains de conflits et autres ‑, donc c’est l’avis que défend aujourd'hui Bernard Kouchner. Ce n’est qu’une proposition et c’est au Président de la République de faire ses choix, d’organiser le gouvernement et de nommer les personnes qu’il souhaite aux postes prévus. Ce n’est pas, naturellement, aux membres du gouvernement de le faire. Donc, c’est une proposition. Il évalue dix-huit mois après, l’organisation de son ministère, la politique qu’il mène et il considère que ce poste n’est pas absolument indispensable. Ce n’est qu’une proposition.
Roselyne FEBVRE.- On dit que Rama Yade a déçu le Président de la République dans son action et qu’elle l’aurait énervé en refusant de mener la tête de liste des Européennes en Ile-de-France.
Luc CHATEL.- Je vais vous dire, j’ai un grand principe. Je n’émets pas de jugement sur mes collègues et amis du gouvernement. C’est le premier point. D’abord, ce n’est pas à moi de le faire. C’est à ceux…
Luc CHATEL.- Oui, je suis porte-parole, mais je ne suis pas le DRH et je ne suis pas celui qui nomme les ministres. C’est donc au Président de la République de faire ses choix.
En même temps, ce que je veux vous dire, d’abord, c’est que Rama Yade est une jeune femme de talent. Elle l’a montré, depuis dix-huit mois dans ses fonctions, qui sont difficiles, parce qu’on doit prendre des positions courageuses, sur des sujets qui sont très compliqués. Donc, Rama Yade est une jeune femme de talent. En même temps, je pense que c’est bien que les membres du gouvernement, qui mènent des combats difficiles au sein du gouvernement, sur des dossiers difficiles, soient aussi – et je pense que c’est ce que souhaite le Président de la République – le représentant de notre famille politique dans un certain nombre d’élections. Nous avons été un certain nombre à le faire au moment d’élections municipales – dont Rama Yade, d’ailleurs – et ce que souhaite le Président, c’est que, à chaque fois que c’est possible, les membres du gouvernement s’engagent dans des combats politiques, parce que, vis-à-vis de nos militants, les ministres doivent aussi montrer l’exemple d’aller se présenter à un certain nombre d’élections.
Roselyne FEBVRE.- D’après vous, elle n’aurait pas dû refuser cette invitation ?
Luc CHATEL.- Ecoutez, nous verrons. Encore une fois, les élections européennes, c’est dans cinq mois. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là. Rama Yade, encore une fois, est une jeune femme de talent. Elle l’a démontré. Voilà ce que je peux vous dire aujourd'hui.
Roselyne FEBVRE.- Peut-être une dernière question : il nous reste une ou deux minutes. Le travail le dimanche, donc, c’est un projet de loi qui a été repoussé. On peut dire que l’opposition, les socialistes n’en veulent pas, et plus étonnant, dans les rangs de l’UMP, non plus, un député a qualifié ce projet de loi de « bâton merdeux ». Est-ce que vous allez retirer ce projet de loi ?
Luc CHATEL.- D’abord, cela n’a pas été repoussé. Ensuite, ce n’était pas un projet de loi, mais une proposition de loi. C’est un détail important, parce que cela veut dire que c’est une initiative parlementaire. C’est un député assisté de ses 80 collègues, plus de 80 députés du groupe UMP, qui ont signé cette proposition de loi prévoyant d’assouplir les autorisations d'ouverture des magasins le dimanche, dans quatre grandes agglomérations : Paris, Lyon, Marseille et Lille. Ce n'est pas du tout…
Luc CHATEL.- Oui, mais, ce n’est pas du tout, je vous dis cela parce que, cela justifie la réponse que je vais vous faire après. Il ne s’agit pas du tout de généraliser le travail du dimanche, d’obliger, demain, tous les Français à travailler tous les dimanches. C’est absurde. Il s’agit de prendre en compte la réalité des salariés, dans ces quatre grandes agglomérations, qui nous disent : « Nos modes de vie nécessitent de travailler le dimanche et nous, on aimerait bien, sur la base du volontariat, travailler le dimanche ». Nous, nous répondons à cela. Ensuite, il ne vous a pas échappé qu’il y avait un encombrement législatif en cette fin d’année, avec notamment une obstruction très forte du Parti socialiste sur le projet de loi audiovisuelle. Nous verrons quand va se terminer le débat sur l’audiovisuel. Mais, dans la foulée…
Roselyne FEBVRE.- Il faut attendre qu’il y ait de la place, quoi, en gros, c’est cela ?
Luc CHATEL.- Dans la foulée, il était prévu d’examiner le travail du dimanche et le projet de loi du logement. Mais, attendons la fin de l’examen du projet de loi sur l’audiovisuel.
Roselyne FEBVRE.- On peut donc considérer que ce texte sera, de toute façon, discuté et qu’il ne sera pas retiré.
Luc CHATEL.- Oui, parce que, encore une fois, cela faisait partie des priorités du mandat de la campagne de Nicolas Sarkozy et puis, nous répondons à une attente des salariés qui nous demandent de travailler. Nous avons fait campagne. Nicolas Sarkozy a fait campagne sur le travail. Nous entendons les messages de gens qui nous disent : « Laissez-nous travailler ». Eh bien, nous devons y apporter une réponse, avec des garanties : le droit de refus pour les salariés, le paiement double. Les garanties sont donc prévues par les Parlementaires.
Roselyne FEBVRE.- Cependant, il y a un certain conservatisme, visiblement, à l’UMP, puisque certains de vos collègues n’en veulent pas.
Luc CHATEL.- Il y a des débats, c’est normal. Si vous voulez, la situation n’est pas la même dans les grandes agglomérations, à Vélizy près de Paris, à Plan de Campagne à Marseille. Boulevard Haussmann à Paris, ce n'est pas la même chose qu'à Chaumont, en Haute Marne. Il faut que la loi prenne en compte cette différence géographique. C’est ce que nous allons faire, en ayant des dispositions particulières sur les quatre grandes agglomérations françaises.
Roselyne FEBVRE.- Merci beaucoup. C’est la fin de cette première partie de Politique. Merci, Luc Chatel, d’être passé sur le plateau de France 24. Tout de suite les infos.























