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EUROPE

Le sommet de Bruxelles, heure par heure

Texte par Catherine LE LOHÉ

Dernière modification : 25/05/2009

Les dirigeants de l'Union européenne sont réunis à Bruxelles pour le dernier sommet de la présidence française. Suivez le déroulement et les coulisses du Conseil européen et posez vos questions à nos envoyés spéciaux.


01h55 : La nuit porte conseil.
Les portes d'entrée se ferment. Un texte de compromis sur le climat aurait été envoyé aux délégations des 27, avant la reprise des débats entre les dirigeants, à dix heures. Sur le Traité de Lisbonne, même si les grandes lignes ont été approuvées, les diplomates cherchent toujours un tour de passe-passe juridique pour rassurer les Irlandais.
 
00h05 : Les couloirs du Conseil se vident. Nicolas Sarkozy est rentré dans son hôtel, les autres chefs d'Etat aussi. La rencontre bilatérale entre la Présidence française et la Hongrie est terminée. Seuls les ambassadeurs, en tête, celui de la représentation française auprès de l'UE, planchent sur le projet de texte du compromis sur le climat, avant de le distribuer aux délégations demain matin. Accord? Pas accord? Les Néerlandais, qui ont tenu un point presse en petit comité, saluéent "l'esprit constructif" des discussions. Pourtant beaucoup de points restent à finaliser, même sur le traité de Lisbonne.
 
23h20 : Nouvelles rassurantes côté belge et italien. Sur l'économie du moins, il y aurait un "accord de principe" "sur l'objectif", annoncent de concert l'Italien Silvio Berlusconi et le Belge Yves Leterme. Avant d'ajouter que le texte en question doit être finalisé demain. Les journalistes courent d'une salle de presse à l'autre. On s'interroge mutuellement. À la pêche aux infos. Certains commencent à remballer les caméras, à ranger les micros et les stylos.
 
23h10 : Les Hongrois font de la résistance. "Il n'y aura probablement pas de conférence de presse ce soir", annonce la porte-parole de la représentation permanente française auprès de l'Union européenne. A cause de la Hongrie. Et du climat. La présidence française est en train de discuter en tête-à-tête avec les Hongrois pour tenter d'arracher un accord. Budapest, une des victimes les plus touchées par la crise économique, ne se voit pas faire des efforts pour l'environnement en cette période de vache maigre.
 
22h22 : Troisième café. Cela fait maintenant une heure qu'on nous dit que la conférence de presse finale est imminente. On apprend que les dirigeants prennent leur troisième café et parlent relance économique... Il se pourrait qu'ils soient en train de commander le quatrième.
 
21h22 : Dans les temps. Le bruit court, la conférence de presse finale de ce premier jour devrait se tenir dans les minutes qui viennent, conformément au programme prévisionnel. C'est bon signe. D'habitude, en cas de blocage persistant dans les Conseils européens, les discussions traînent une bonne partie de la nuit. Des négociations marathon, jusqu'à l'épuisement des plus récalcitrants.
 
20h30 : Berlusconi confirme. Décidemment, la tempête annoncée pourrait ne pas avoir lieu. Un accord sur le climat est bel et bien en vue. L'Italien Silvio Berlusconi, un des adversaires les plus virulents du plan climat qui a brandi à plusieurs reprises des menaces de véto, s'est ravisé. "Nous allons vers un compromis. Nous avons ce que nous voulons", a-t-il dit à des journalistes. Un accord des 27 sur le plan climat ? Incroyable, mais de plus en plus probable.
 
20h05 : Bonnes nouvelles côté tchèque.  Cette fois, c'est le vice-Premier ministre responsable des Affaires européennes, Alexandr Vondra, qui improvise une conférence de presse dans le hall principal, alors que les journalistes digèrent à peine leur dîner avalé en quelques minutes."La présidence française a avancé une proposition équilibrée sur le climat. Il y a des chances solides que l'on trouve une solution gagnant-gagnant - et non gagnant-perdant comme c'était le cas dans le plan initial", assure le diplomate. La République tchèque fait partie de la dizaine de pays anti-plan climat. Le ciel européen serait-il en train de s'éclaircir ?
 
 
18h40 : Du nouveau sur le front polonais. Conférence de presse improvisée du Ministre de la Chancellerie du président polonais, Michal Kaminski, au milieu de la salle de presse principale où sont regroupés une centaine de journalistes. C'est pour donner une information de poids, tout juste sortie du cénacle des dirigeants : le président polonais Lech Kaczynski a dit à propos du traité de Lisbonne - qui a été voté par les parlementaires de son pays, mais qu'il s'est jusqu'ici refusé à signer -, que "la Pologne ne sera pas un problème". Nicolas Sarkozy a aussitôt renchéri : "Personne ne doit se cacher derrière le dos d'un autre." Le président polonais est soupçonné d'adopter la même attitude que son homologue tchèque qui veut attendre que les Irlandais disent oui, avant d'apposer sa signature sur le fameux texte.
 
Le polonais Michal Kaminski, ministre à la chancellerie présidentielle.
 
 
17h09 : Un "deal" sur l'Irlande. Toujours rien d'officiel, mais ici, dans les couloirs, des diplomates l'assurent : sur le principe, la question est presque réglée. Les dirigeants sont prêts à accorder des concessions aux Irlandais. Reste seulement quelques détails à régler. Et ce sera pour demain, dit-on.
 
17h02 : Pöttering, enfin! Avec plus d'une heure de retard, le président du Parlement européen donne enfin sa conférence de presse, devant une salle clairsemée. "Pöttering, on s'en fiche!", glisse un journaliste français en rigolant. Mais tout de même. L'Allemand tient à faire entendre sa voix : "Le climat, c'est une priorité, martèle-t-il, et le Conseil n'aura pas le dernier mot." Si une solution est trouvée entre les dirigeants des 27, il faudra qu'elle soit "négociée avec le Parlement, dès samedi. On pourra ensuite voter le texte mercredi ou jeudi".
 
Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, affirme que les eurodéputés "mèneront les négociations", une fois que les dirigeants des 27 en auront terminé.
 
15h17 : Le rideau s'ouvre. Les dirigeants des 27 sont tous là. Le Conseil commence. Une journaliste belge a vu Sarkozy et Merkel se faire une bise amicale.

 

14h18 : Et voilà Angela. La chancelière allemande arrive, veste rouge et traits tirés. Elle aussi, interpellée par la presse. Celle qui est la cible de toutes les attaques s'arrête quelques minutes, elle explique aux journalistes avoir "bon espoir que l'on parvienne à un accord sur le climat". Une journaliste du "Handelsblatt" nuance et explique que ce plan climat empoisonne les relations entre Berlin et Varsovie : "Avec ce plan, l'industrie allemande ne sera plus compétitive, elle risque d'être victime d'exportations polonaises d'électricité si la Pologne arrive à négocier des quotas gratuits pour ses centrales énergétiques." On croyait la Pologne et l'Allemagne dans le camp des opposants au plan climat, mais ils semblent en fait être rivaux.

 

14h08 : Nicolas Sarkozy arrive et met les choses au point. En quelques secondes, à peine. Le chef de l'Etat, qui préside son ultime Conseil, est accompagné de Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'État en charge des affaires européennes qui vient de rendre son tablier, de Bernard Kouchner et de Jean-Louis Borloo. Les pieds à peine posés sur le tapis rouge, en sortant de sa voiture blindée, Nicolas Sarkozy est interpellé par les journalistes. "L'Europe n'a pas d'autre choix que de trouver un accord sur son plan de lutte contre le réchauffement climatique, assure-t-il, elle ne peut pas se permettre de céder aux divisions sur ce dossier." Un écho, et une réponse aux propos de Silvio Berlusconi.

  

La presse attend l'arrivée des dirigeants européens. Plus de 1655 journalistes sont présents à Bruxelles. Ils viennent en grande partie des pays de l'Union européenne, mais aussi de pays tiers. 

   

13h30 : Berlusconi donne le ton. A quelques minutes de l'ouverture du sommet, Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien, brandit à nouveau sa menace de véto sur le paquet "énergie-climat", si des aménagements ne sont pas introduits. Il estime que compte-tenu de la crise, ce n'est pas le moment de prendre des décisions sur le climat.

 
12h45 : Des islamistes voulaient-ils s'inviter au sommet ? La police belge annonce l'interpellation de 14 personnes soupçonnées d'appartenir au réseau Al-Qaïda. Le procureur fédéral, Johan Delmulle, assure que l'une des personnes arrêtées s'apprêtait à commettre un attentat-suicide. Il n'exclut pas que l'Europe, à travers le Conseil européen, puisse "avoir été une cible". Ici, les journalistes sourient, il n'y a jamais eu un seul attentat réussi dans les bâtiments des institutions européennes. Les mesures de sécurité sont draconiennes, c'est comme si le Consilium était en Etat de siège, protégé par une armada de forces de l'ordre.
 
10h21 : Irlande - Clarification de Dublin. Selon une dépêche de l'agence Reuters, le ministre des Affaires étrangères irlandais Micheal Martin confirme que son gouvernement étudie la possiblité d'un second vote - mais à condition d'obtenir des garanties pour son pays.

 

9h43 : Coup de théâtre à Bruxelles. Avant même l'ouverture du sommet, une rumeur circule parmi les journalistes : ça y est, l'Irlande va organiser un nouveau réferendum sur le traité de Lisbonne ! L'AFP dit avoir obtenu une copie du texte initial mentionnant un second vote des Irlandais. Une échéance serait même fixée : les Irlandais devraient retourner aux urnes d'ici novembre 2009 ! Dans le bâtiment du Conseil, le Justus Lipsius, décoré des drapeaux aux couleurs des 27, les journalistes s'affolent.
 
Mais l'information n'est pas confirmée de source officielle. Coup de fil au ministère des Affaires européennes à Dublin. David Grant, le porte-parole, dément : "Les négociations sont toujours en cours". Rien de gagné, donc pour l'heure. "Il faut d'abord un accord des Vingt-Sept pour que l'ont puisse accorder des concessions aux Irlandais. Il faut ensuite faire écrire le texte scrupuleusement par des juristes, avant de le faire signer par les Vingt-Sept".
 
Ce matin, Caroline de Camaret, spécialiste Europe à FRANCE 24, a interviewé Mirek Topolanek, Premier ministre tchèque, qui lui a dit hors antenne : "Si l'on accorde des changements aux Irlandais, mon peuple risque de m'en réclamer également", pour une ratification difficile en République tchèque, qui n'est fixée qu'au printemps 2009.
 
La question irlandaise, troisième sujet périlleux du sommet après le climat et le plan de relance, promet de faire des vagues... 

 
Retrouvez également L'entretien de France 24 avec Mirek Topolanek, Premier ministre tchèque.

 

Première publication : 11/12/2008

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