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EUROPE

L'Irlande se dirige vers un nouveau référendum

Vidéo par Flore SIMON

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 12/12/2008

L'Union européenne s'est pliée aux requêtes de l'Irlande qui s'est engagée, en échange, à organiser un second référendum sur le traité de Lisbonne d'ici à novembre 2009. Objectif : permettre à l'UE de se doter d'un exécutif plus fort.

Suivez, heure par heure, notre journaliste présente au sommet de Bruxelles en cliquant ici.

   

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants de l’Union Européenne ont entériné un accord prévoyant un nouveau référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne en échange de garanties.

 

"Si nous sommes satisfaits des garanties que nous recevrons, nous soumettrons volontiers (le traité) aux électeurs", avait déclaré jeudi ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin.

 

Ce traité devait doter l’UE d’institutions qui en faciliterait le fonctionnement. Il prévoit notamment la création d'un poste de président permanent et d’un chef de la diplomatie aux prérogatives renforcées.

 

Le choix des Irlandais respecté ?

 

Lors du référendum du 12 juin dernier, les électeurs irlandais l’avaient rejeté. Aujourd’hui les Vingt-Sept espèrent sortir d’une crise institutionnelle. Rappelons que le traité de Lisbonne est lui-même une version simplifiée du projet de constitution européenne, rejeté par la France et les Pays-Bas en 2005.

 

Suite à cette annonce, le camp du non est reparti en campagne. Rassemblé devant le parlement à Dublin, le Sinn Fein, seul parti représenté au Parlement et défendant le non, montre son opposition à l'accord que le gouvernement irlandais a conclu à Bruxelles.

 

Angus O'Snoidaigh, député Sinn Fein a déclaré : "Je vais faire campagne pour le non, à moins qu'on présente aux Irlandais un nouveau traité, et non pas le même avec un semblant de déclarations et de vagues assurances"

 

Au-delà de permettre à l’Europe de se doter des institutions qui en renforceraient l’exécutif, une question subsiste quant au processus démocratique du référendum.

 

Le sénateur (ex-PS) Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche (PG) a estimé que la volonté du peuple irlandais était "niée" par l’éventualité d’un nouveau vote.

 

Quatre exigences de Dublin

 

Si l’Irlande s’engage à convaincre ses citoyens de se prononcer une nouvelle fois sur le traité de Lisbonne, ses partenaires européens se sont engagés à accéder, "avec les garanties juridiques nécessaires", à quatre demandes de Dublin.

  

L'Irlande demande la non remise en cause de la neutralité militaire du pays, de son autonomie fiscale et de l'interdiction de l'avortement, et surtout le maintien du principe d'un commissaire européen par pays de l'UE, qui avait été la cause principale du rejet.

  

Selon le traité de Lisbonne, le principe de réserver à chaque pays un commissaire devra être supprimé à partir de 2014, date à laquelle seuls les deux-tiers des pays seraient représentés en permanence au sein de l'exécutif européen.

Première publication : 12/12/2008

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