Dernière modification : 19/12/2008 

- Afghanistan - France - Hervé Morin - Terrorisme


Hervé Morin, ministre de la Défense
Après l'alerte à la bombe au grand magasin "Printemps" revendiquée par le "Front révolutionnaire afghan", Roselyne Febvre reçoit Hervé Morin qui s'exprime sur la menace terroriste en France et sur la situation en Afghanistan.

 Retrouvez la seconde partie de Politiques avec Malek Boutih en cliquant ici

 

 

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politiques » avec notre premier invité, le Ministre de la Défense, Hervé Morin. Bonjour.

Hervé MORIN.- Bonjour.

Roselyne FEBVRE.- Merci d’être sur le plateau de « France 24 ». La sécurité est renforcée partout en France après la découverte dans le grand magasin « Printemps » d’explosifs. Une étrange menace terroriste, puisque la revendication portait le nom inconnu d’un "Front révolutionnaire afghan", qui demande le retrait des troupes françaises en Afghanistan.

Vous aviez dit, il y a quelques jours, que la piste islamiste n’est pas la première. Cela veut-il dire qu’elle est définitivement évacuée ?

Hervé MORIN.- Par nature, il faut être extrêmement vigilant, extrêmement prudent. Il ne faut exclure aucune piste. Mais, il est vrai que la phraséologie, la lettre de revendication n’est pas une dialectique des mouvements djihadistes. Il n’y a aucune référence à l’islam, aucune référence au djihad. Un vocable qui n’est pas celui des mouvements islamistes terroristes puisqu’on parle de « grand magasin capitaliste ». Et quand vous comparez cela avec d’autres, le mode même de leur revendication n’est pas coutumier.

Le "Front révolutionnaire afghan" est une organisation que nous ne connaissons pas, que les services ne connaissent pas. Bien entendu, ce qu’il faut, c’est être extrêmement vigilant, renforcer toujours et encore les moyens de sécurité, en sachant que la menace terroriste est la menace majeure des démocraties, et au-delà des démocraties, de la planète toute entière.

Roselyne FEBVRE.- Alors, est-ce qu’on s’oriente plutôt à ce moment-là vers un groupe anarchiste, un groupe d’extrême gauche qui ferait une très très mauvaise blague ?

Hervé MORIN.- Je ne cherche pas à qualifier s’il est anarchiste d’extrême gauche. Ça peut être aussi un mouvement qui reprend à son compte la revendication des mouvements islamistes extrémistes. Tout cela est possible.

Ce que je sais, c’est que la menace terroriste dans le monde est énorme. Regardez, le monde entier a été frappé par le terrorisme, pas seulement pour ce jour, le 11 septembre. On pense à Londres, mais on peut aussi se souvenir qu’à Alger, à Casablanca, à Bali, qu’à travers le monde, le terrorisme frappe, et que la France, n’est bien entendu pas épargnée par cette menace.

Roselyne FEBVRE.- Oui, mais est-ce que sur les "risques de richter", les risques d’attentat, le fait que la France soit impliquée plus fortement en Afghanistan augmente ces risques d’attentat ?

Hervé MORIN.- D’une part, céder à la menace terroriste serait une erreur grave. A chaque fois qu’une démocratie cède à une menace de ce genre, la démocratie perd de tout. On le sait, l’Histoire l’a montré cent fois.

Par ailleurs, on voit des pays qui, en tant que tels, ne sont pas des pays qui participent au sein de la coalition à la stabilisation de l’Afghanistan et qui eux aussi, sont sous la menace terroriste.

J’évoquais ce sujet chez l'un de vos confrères. Un de mes collègues asiatiques d’un petit pays – que je ne vous citerai pas – me racontait qu’il y a à peu près un an, ils avaient découvert des plans et une organisation terroriste qui prévoyaient de poser des bombes dans leur métro. Or, ce pays-là n’a aucune influence, ou n’a pas le rayonnement que peut avoir la France en termes de politique étrangère. Cette menace-là est donc une menace qui concerne tout le monde, et c’est une menace sérieuse.

Roselyne FEBVRE.- Absolument. Parlons de la solution en Afghanistan. Vous dites : « il n’y a pas de solution militaire. La solution en ce moment, c’est l’afghanisation ». C’est quoi l’afghanisation ? C’est le transfert progressif des compétences militaires et sécuritaires à l’armée afghane. Depuis quelques temps, les opérations, ce qu’on appelle « les opérations civilo-militaires » ont commencé et que font les Français. Comment cela se passe ?

Hervé MORIN.- D’abord un mot sur ce qu’on appelle « l’afghanisation ». C’est une idée française d’abord. C’est la France qui a défendu cette idée. C’est l’idée que puisque nous sommes en train de former l’armée nationale afghane, que cette armée commence à prendre corps, qu’elle représente 40 à 50 000 hommes, au fur et à mesure qu’elle monte en puissance, qu’elle se structure, puisqu’en fait, on avait des guerriers, mais on n’avait pas des soldats, donc on a formé des soldats. Il y a eu un énorme effort effectué notamment par la France pour, mais aussi de l’ensemble de la coalition, pour donner à l’Afghanistan les institutions dont elle a besoin pour pouvoir assurer elle-même sa sécurité, en quelque sorte pour qu’elle puisse retrouver le plein exercice de sa souveraineté.

Nous avons défendu l’idée qu’au fur et à mesure de la montée en puissance de l’armée nationale afghane, on puisse lui transférer la responsabilité de l’ensemble de zones, et c’est ce qu’on fait sur Kaboul, ce qu’on appelle « la région centre ». Cela se passe très bien. On a commencé à le faire au mois d’août. On le fait progressivement sous forme de taches d’huile autour de Kaboul et les choses se passent de façon formidable.

Sur la police afghane en revanche, il faut qu’on progresse. Là, il y a de toute évidence un effort important à effectuer. Quand vous dites, je reviendrai aux actions civilo-militaires à travers ce que je vais dire…

Roselyne FEBVRE.- Ça c’est évident.

Hervé MORIN.- Mais ce qui est important, c’est bien d‘avoir en tête que, un, il faut donner à l’Afghanistan ses institutions pour qu’elle puisse marcher (la police, l’armée etc.).

Roselyne FEBVRE.- Ça va prendre du temps.

Hervé MORIN.- Deux : il n’y a pas de solution en effet militaire, uniquement militaire. Il faut la stabilité parce que si on n’a pas de stabilité, on ne peut pas mener d’action civilo‑militaire.

Qu’est-ce que l’action civilo-militaire ? C’est quand les armées, avec les ONG, participent à la reconstruction des écoles, des routes. On a 4 000 kilomètres de routes. On a scolarisé 6 millions de jeunes afghans. On a aujourd’hui une douzaine d’universités, les jeunes filles qui n’étaient pas scolarisées…

Roselyne FEBVRE.- Oui, mais vous reconnaissez que militairement, la situation s’est quand même dégradée ? Vous le reconnaissez ?

Hervé MORIN.- La situation est plus compliquée qu’elle n’était il y a quelques années, c’est vrai. Mais j’y ajoute une chose. Parmi les actions sur lesquelles la coalition va désormais porter ses efforts, un : il y a la lutte contre le narcotrafic, les réseaux, parce que bien entendu, une grande partie de l’insécurité n’est pas liée du tout à des mouvements politiques. Elle est liée au fait que vous arrivez dans des zones et que vous créez, en quelque sorte, vous modifiez les relations de pouvoir, les relations d’influence des réseaux qui peuvent être sur ces zones.

Deux : il faut absolument que la coalition et que l’ensemble de la communauté internationale pensent à une gouvernance afghane propre à l’Afghanistan.

On a voulu plaquer des institutions démocratiques occidentales sur un pays qui est un pays par nature ou qui a toujours été un pays féodal, tribal, avec des chefs de guerre, avec des ethnies etc. Donc, il nous faut inventer un mode de gouvernance qui soit propre.

Enfin, dernière chose majeure, c’est qu’il faut absolument que le gouvernement Karzaï engage un mouvement de réconciliation nationale et discute avec tout le monde, et discute notamment avec les talibans.

Roselyne FEBVRE.- Alors, Barack Obama a expliqué lors de sa campagne qu’il n’y avait pas de solution militaire en Irak. Ce qu’il veut faire, c’est une sorte de basculement des forces américaines présentes en Irak en Afghanistan.

Mais comment on peut imaginer qu’il n’y a pas de solution militaire en Irak ? Et comment peut-on dire qu’il y en a une en Afghanistan ? Est-ce que tout cela n’est pas totalement paradoxal et contradictoire ?

Hervé MORIN.- D’une part, il me semble plutôt que pour ce qui concerne l’Irak - au risque de vous contredire – j’ai cru comprendre que pour les Américains, la situation s’était assez améliorée pour qu’ils puissent retirer une partie de leurs troupes. C’était le jeu d’abord et avant tout de la reconstruction politique de l’Irak entre Iraquiens, ce qui donne des forces et des moyens pour les Américains.

En effet, Barack Obama, lorsqu’il est allé à Kaboul au mois d’octobre ou de novembre, a annoncé que s’il était élu Président des Etats-Unis, il enverrait 10 000 hommes de plus. Les américains en avaient déjà annoncé 4 500 de plus, donc on a avoir au moins 15 000 hommes de plus.

Roselyne FEBVRE.- Et il va demander à ses alliés, en particulier aux Français, des renforts. Est-ce que vous allez dire « oui » à Barack Obama ?

Hervé MORIN.- Bien entendu, la décision appartient au Président de la République. Bien entendu, en fonction des nouvelles institutions, cela devrait être voté par le Parlement. Mais pour ce qui nous concerne, nous Français, nous avons déjà fait un effort considérable. Nous avons envoyé 700 hommes de plus au début de l’année 2008.

Roselyne FEBVRE.- Faut-il en envoyer plus ?

Hervé MORIN.- Pour la France, il y aurait en quelque sorte aussi, une espèce de contradiction entre le fait de considérer que la solution n’est pas seulement militaire, et en même temps, continuer à augmenter ces effectifs. Il faut les augmenter et il fallait faire un effort supplémentaire pour stabiliser un certain nombre de zones. Mais d’abord et avant tout…

Roselyne FEBVRE.- Il faut s’arrêter là ?

Hervé MORIN.- La question, c’est de donner à l’Afghanistan ses moyens pour pouvoir…

Roselyne FEBVRE.- On a bien compris, mais est-ce qu’il faut s’arrêter là ? Aux 700 hommes en plus ?

Hervé MORIN.- Mais la France a fait un effort, me semble-t-il, déjà très significatif.

Roselyne FEBVRE.- Mais est-ce qu’il n’y a pas une contradiction – permettez-moi de dire que la situation est dégradée - à ce moment-là, de ne pas envoyer plus ? Vous venez de l’expliquer, effectivement dans le fait de l’afghanisation ? Mais, cela prendra du temps.

Hervé MORIN.- Cela prendra du temps, voilà. C’est bien ça la question. C’est qu’il faut mieux prendre un peu plus de temps, se donner les moyens pour qu’il y ait une police qui marche – qui n’est pas le cas – une armée qui continue à monter en puissance et qui marche elle, plutôt que de continuer à envoyer en permanence des effectifs supplémentaires.

Roselyne FEBVRE.- Barack Obama, c’est vrai, a autour de lui… Il y a beaucoup d’espérance autour de cet homme, est-ce qu’on peut dire « non » à Barack Obama ? Est-ce qu’on devrait lui dire « non » s’il le demande ?

Hervé MORIN.- Je crois que les Européens se font en partie des illusions – si vous me permettez.

Barack Obama a une immense responsabilité et il a créé un immense espoir sur la planète. C’est la réconciliation des Etats-Unis avec le monde. On est quand même dans cette situation incroyable d’un pays qui est une grande démocratie, qui démontre une grande capacité d’ouverture – preuve s’il en est, c’est l’élection de Barack Obama – et en même temps, qui est en rupture et en divorce avec une grande partie du monde. Donc Barack Obama a créé l’espoir que les Etats-Unis vont se réconcilier avec le monde.

Mais en même temps, Barack Obama est le Président des Etats-Unis, et les Etats-Unis, c’est la première puissance du monde. Et n’en doutez pas, un seul instant, Barack Obama ce sera d’abord le Président des Américains. D’abord et avant tout, il aura en charge d’assurer et de garantir et de préserver les intérêts des américains.

Roselyne FEBVRE.- Je vais juste vous poser une question avant de parler de politique française en amont.

Au Rwanda, le Tribunal Pénal International a donné son verdict condamnant les responsables du génocide au Rwanda. Où en sont les relations entre la France et le Rwanda ? Est-ce que ces relations se sont apaisées ?

Hervé MORIN.- Nous cherchons l’apaisement.
Roselyne FEBVRE.- On ne l’a donc pas trouvé ?

Hervé MORIN.- Si, les choses se sont plus normalisées qu’elles n’étaient, c’est évident. Ce qui, en revanche – moi, je souhaite le dire clairement en tant que Ministre de la Défense – c’est qu’on ne peut pas supporter l’idée de mettre en accusation – comme on l’a entendu trop souvent – l’armée française.

Qu’il y ait des responsabilités politiques, que la France ait eues à travers son action, sa politique étrangère, un certain nombre d’éléments qui méritent d’être discutés, mais, ce que je n’accepterai pas, c’est la mise en cause des soldats français qui ont fait un boulot. Et moi j’y étais, parce que j’ai été collaborateur du Ministre de la Défense de l’époque, je l’ai accompagné au Rwanda. Les militaires ont fait un boulot de sécurisation des camps, de protection des populations dans des conditions, dont j’ai encore les images en tête, extrêmement éprouvantes.

Donc, ce qu’a fait l’armée française pour limiter ce génocide mérite plutôt d’être salué que d’être mis en cause.

Roselyne FEBVRE.- Un petit mot sur la politique française avant de se quitter. Vous êtes le Président du nouveau centre, qui est le rivage centriste au sein de la majorité.

Hervé MORIN.- J’aime cette formule !
Roselyne FEBVRE.- En tout cas, vous êtes arrimé…
Hervé MORIN.- Dans la majorité et nous le revendiquons.

Roselyne FEBVRE.- Dans la majorité à l’UMP. Vous étiez quand même un peu là pour rendre service à Nicolas Sarkozy – il faut quand même dire ce qui est.

Et sur la réforme de l’audiovisuel, votre groupe, dix ont voté contre ce texte, six se sont abstenus. C’est quoi ? C’est une révolte ? C’est une rébellion ? Vous ne tenez pas vos troupes, Monsieur le Ministre.

Hervé MORIN.- Le principe, c’est que, étant issu et revendiquant l’héritage de l’UDF, le principe a toujours été la liberté de vote à l’UDF. On n’a jamais été pour l’embrigadement des parlementaires.

Roselyne FEBVRE.- Ce n’est pas la bétaillère le nouveau centre.
Hervé MORIN.- Ça c’est vos mots !

Deux : sur cette question, notre porte-parole qui a fait un gros travail, Jean-Denis Duséjour(?), a revendiqué qu’il y ait une évolution sur le mode de financement de l’audiovisuel public.

Christine Albanel a pris un engagement hier qu’un groupe de travail serait constitué par voie d’amendement voté au Sénat permettant la modernisation et la rénovation du financement de l’audiovisuel public et…

Roselyne FEBVRE.- Parce que vous, vous êtes pour ? Vous êtes pour !

Hervé MORIN.- Moi, je pense que c’est une très bonne idée de supprimer la publicité.

Roselyne FEBVRE.- Est-ce que ce n’est pas parce que vous êtes Ministre et que vous "faillotez" avec le Président ?

Hervé MORIN.- Absolument pas. La gouvernance de France Télévision mérite d’être améliorée. Sur ces deux points-là, pour moi, il n’y a aucun doute.

J’avais dit aux parlementaires : faisons des propositions. Ces propositions n’ont pas été entendues dans le débat, d’où c’est dix qui ont voté contre. En même temps, le gouvernement, par la décision du Président de la République lui-même, a décidé de constituer un groupe de travail pour faire évoluer le financement de l’audiovisuel public et en assurer et de garantir sur le long terme. Il me semble que c’est cela qui fait qu’on se retrouve dans une situation où certains ont entendu le message d’ouverture, où d’autres ont considéré qu’il fallait attendre.

Roselyne FEBVRE.- Mais, vous, n’êtes-vous pas toujours, en tant que Ministre, obligé d’être d’accord avec le Président de la République ?

Hervé MORIN.- Ecoutez, je suis bien entendu lié à une obligation de solidarité gouvernementale, cela ne fait aucun doute mais cela n’empêche pas d’avoir une liberté de parole.

Vous m’avez entendu au moment du fichier « Edwige » par exemple où j’ai clairement…

Roselyne FEBVRE.- Ça c’était un peu contre Michèle Alliot-Marie que vous n’aimez pas tellement puisque vous avez des comptes à rendre, à régler avec elle.

Hervé MORIN.- Je n’ai aucun compte à régler avec Michèle Alliot-Marie. Ce n’est pas parce que je lui succède que j’aurais des comptes à régler elle.

La vérité, c’est que sur cette question-là, j’ai exprimé mes doutes et mes interrogations. Je l’ai fait avec modération, et me semble-t-il, j’ai été entendu.

Roselyne FEBVRE.- Le Ministre de l’Education a dû retirer sa réforme des lycées sur la seconde avec les manifestations. Est-ce que Nicolas Sarkozy est vraiment le réformateur qu’on attendait ? Est-ce que finalement sa rupture ne cale pas au moindre souci ?

Hervé MORIN.- Ecoutez, lorsqu’il y a une situation d’incertitude et d’inquiétude comme celle que nous connaissons en France liée à la crise économique et à la crise sociale, qui est la conséquence de cette crise économique, que des étudiants ou des lycéens ne comprennent pas le sens de la réforme, qu’on se donne un peu de temps de la pédagogie, qu’on se donne le temps de l’explication, qu’on se donne aussi le temps de l’adaptation de la réforme.

Souvenez-vous de ce qui s’est passé sur la réforme des universités, Valérie Pécresse a réussi ce que tout le monde pensait être impossible : donner l’autonomie aux universités françaises. C'est-à-dire que tout le monde disait : « il faut le faire », gauche comprise, mais personne n’osait le faire. Elle l’a fait, mais elle l’a fait aussi avec un dialogue et en faisant évoluer son projet.

Roselyne FEBVRE.- Oui, mais je ne vous parle pas de ce qui a marché, je vous parle de ce qui ne marche pas.

Hervé MORIN.- Ce que je veux dire par-là, c’est que Xavier Darcos a fait beaucoup de réformes en l’espace de 18 mois, beaucoup plus que tous les autres ministres de l’Education Nationale, dont leur souci premier a d’abord été avant tout de s’assurer une paix tranquille et sereine sans réformer le système. Or, je me permets simplement de vous donner un seul chiffre, c’est qu’on ne peut pas se satisfaire d’un système – je ne dis pas que c’est de la faute des enseignants – mais que le système seulement fait que 150 000 jeunes chaque année sortent du système scolaire en situation d’échec total. Donc, on ne peut pas se satisfaire de cela.

Xavier Darcos a engagé toute une série de réformes, qu’il se donne un peu de temps de dialogue, de concertation pour faire éventuellement adapter sa réforme sur tel ou tel point, tout cela me semble naturel. C’est une politique réformatrice intelligente.

Roselyne FEBVRE.- Merci Monsieur Hervé Morin d’être passé sur le plateau de France 24. Merci à vous !

Hervé MORIN.- Merci de m’avoir invité.

Roselyne FEBVRE.- On se retrouve dans quelques instants après les infos avec Malek Boutih, ancien Président de SOS Racisme.

Merci ! A tout de suite.

 
 
 
 
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