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Les Taliban prédisent une défaite cuisante aux États-Unis

Vidéo par Sonia DRIDI

Dernière modification : 22/12/2008

Les Taliban estiment que l'envoi de renforts américains en Afghanistan ne sauvera pas les États-Unis d'une défaite. Ils comparent le déploiement américain à celui des Soviétiques dans les années 80, qui s'était soldé par un cuisant échec.

AFP - Les talibans ont prédit aux Américains une défaite aussi cuisante en Afghanistan que celle des Soviétiques, au lendemain de l'annonce, saluée par le gouvernement afghan, de l'arrivée de 20.000 à 30.000 soldats américains supplémentaires d'ici à l'été prochain.
   
"Chaque jour, (les Américains) changent de discours pour dissimuler leur défaite. Ils veulent maintenant envoyer en Afghanistan le même nombre de soldats que les Soviétiques dans les années 1980", a déclaré dimanche à l'AFP un porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi.
   
"Les Soviétiques avaient envoyé le même nombre de soldats pour occuper l'Afghanistan, mais ils ont subi une lourde défaite. Et quand les Américains porteront leurs troupes à ce niveau, ils subiront également une cuisante défaite", a ajouté M. Ahmadi, joint par téléphone depuis Kandahar et qui s'exprimait depuis un lieu inconnu.
   
Samedi soir, le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, a annoncé l'envoi de 20.000 à 30.000 soldats américains en renfort en Afghanistan d'ici à l'été prochain.
   
Ces renforts, destinés à contrer une insurrection afghane qui gagne du terrain, pourrait quasiment doubler le nombre de soldats américains déployés dans le pays (30.000 à 35.000 hommes actuellement).
   
En ajoutant les quelque 35.000 soldats étrangers non américains, déployés au sein de la Force internationale de l'Otan, le nombre de soldats étrangers en Afghanistan avoisinerait les 100.000, un chiffre comparable au nombre de soldats soviétiques déployés sur le même terrain dans les années 1980 (entre 100.000 et 160.000, selon les époques et les estimations).
   
Or cette présence massive n'avait pas suffi aux Soviétiques, qui avaient envahi l'Afghanistan en décembre 1979, pour vaincre la résistance des moudjahidines (combattants) afghans. De guerre lasse, les troupes soviétiques avaient fini par se retirer du pays près de dix ans après, en 1989.
   
La référence aux talibans à cette époque est d'autant moins anodine que nombre des rebelles afghans qui combattent aujourd'hui les forces internationales avaient déjà pris les armes contre l'URSS.
   
A Kaboul, le gouvernement afghan, allié des Etats-Unis depuis que ces derniers ont chassé les talibans du pouvoir en novembre 2001, a au contraire salué l'annonce américaine, tout en insistant sur le fait que les renforts devaient être déployés dans les zones de combats, c'est-à-dire dans le sud et  l'est.
   
"Nous souhaitons que (...) ces forces soient envoyées dans les zones où on en a besoin, notamment dans la province d'Helmand (sud), ou le long de notre frontière orientale (avec le Pakistan, ndlr) par où des terroristes s'infiltrent dans notre pays", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sultan Ahmad Baheen.
   
Cette remarque fait écho aux inquiétudes exprimées par le gouvernement afghan après l'annonce par les Américains que les premiers renforts, une brigade de 3.500 à 4.000 hommes, seraient déployés dans des provinces situées autour de Kaboul, instables, mais qui ne sont pas le foyer principal de l'insurrection.
   
M. Baheen a également souhaité "que ces renforts contribuent "à améliorer l'entraînement et l'équipement des forces de sécurité nationales afghanes, et leur permette ainsi de mieux combattre le terrorisme et défendre le pays".
   
Samedi soir, l'amiral Mullen n'avait pas dit autre chose en soulignant que ces renforts seraient inutiles en l'absence de "progrès en matière de développement et de gouvernance", notamment au niveau sécuritaire.
   
L'annonce américaine intervient un mois avant l'investiture le 20 janvier du président élu Barack Obama. Ce dernier s'est engagé à retirer les troupes américaines d'Irak pour en transférer une partie en Afghanistan, qu'il considère avec le Pakistan comme le "front central" de la guerre américaine contre le terrorisme.
 

Première publication : 21/12/2008

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