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AFP - Le politologue américain Samuel Huntington, décédé à la veille de Noël à l'âge de 81 ans, est surtout connu pour son best-seller international "Le Choc des civilisations" mais a aussi été un professeur très réputé à l'Université de Harvard pendant près de 60 ans.
Né le 18 avril 1927 à New York d'un père éditeur et d'une mère écrivain, Samuel Phillips Huntington a été diplômé de la prestigieuse Université Yale à 18 ans et a commencé à enseigner à Harvard à 23 ans.
Il y est resté toute sa vie jusqu'en 2007 où, sa santé s'affaiblissant, il a décidé de prendre sa retraite, selon le site de la prestigieuse université située dans le Massachusetts (nord-est).
"Il est difficile pour moi d'imaginer carrière plus enrichissante et enthousiasmante que celle d'enseignant ici", avait-il écrit au président de l'université à cette époque, ne cachant pas son goût pour l'enseignement aux étudiants de premier cycle.
Ses recherches sur les relations entre l'armée et l'Etat sont publiées pour la première fois en 1957, dans un ouvrage à l'époque très controversé intitulé "The Soldier and the State" (Le soldat et l'Etat). Réimprimé 15 fois, il est aujourd'hui considéré comme une référence.
Concentré sur les ravages de la guerre froide, son travail s'oriente à la fin des années 1960 vers la situation économique et politique des pays du Tiers monde et aboutit à la publication en 1969 d'un autre livre somme, "Political Order and Changing Societies" (Ordre politique et évolution des sociétés).
Démocrate, Samuel Huntington participe à la campagne présidentielle de 1968 comme conseiller aux affaires étrangères de Hubert Humphrey, candidat malheureux contre Richard Nixon. Il co-fonde dans la foulée le journal Foreign Policy, aujourd'hui bi-mensuel.
Bien qu'affichant toujours un physique d'adolescent, il poursuit sa carrière dans la politique en 1977 et devient conseiller pour la sécurité nationale de Jimmy Carter.
Mais c'est sa thèse sur un "Choc des civilisations", défendue dans un article scientifique en 1993 avant d'être développée dans un livre en 1996, qui reste son oeuvre la plus connue.
Pour lui, dans le monde de l'après-guerre froide, un conflit violent n'opposera plus des Etats-nations adversaires idéologiques mais des "civilisations", aux différences culturelles et religieuses sans cesse plus marquées.
"Je reste persuadé", disait-il en 2007 dans une interview à Islamica Magazine, "que les identités, les liens et les antagonismes culturels ne joueront pas seulement un rôle, mais un rôle majeur dans les relations entre Etats".


























Commentaires (2)
Un professeur qui faisait réflichir !
La thèse du Choc des Civilisations était politiquement incorrecte. Du fait de ce simple constat, elle nous a sans doute conduit à plus de réflexion que n'importe qu'elle niaiserie multiculturaliste, qui n'est finalement que le sous produit de l'idéologie des hommes de marketing de la société de consommation.
Elle est un outil d'analyse des discours tenu dans les média pour décrire les conflits en cours et elle aura perdue de son utilité seulement lorsque nous aurons trouvé une réponse politique valable. Il nous reste là un bel effort à fournir !
intolérance
La soif permanente d'une idéologie virtuelle mais valorisante est une valeur perenne conduisant à des comportements aberrants tels que nous les avons toujours vus dans l'histoire de l'humanité (le christianisme ,les dictatures récentes,l'islamisme) avec toujours le même refrain :j'ai la vérité et je voue les autres aux gémonies.
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