Dernière modification : 29/12/2008 

- Guinée - Lansana Conté - Moussa Dadis Camara


Le pouvoir, une affaire avant tout militaire
Le pouvoir, une affaire avant tout militaire
Le pouvoir en Guinée se transmet au gré des coups d'État, provoqués depuis 24 ans par l'armée. Pourtant, les militaires n'agissent pas d'un bloc. Clivages ethniques et générationnels menacent les putschistes eux-mêmes.
Par Priscille LAFITTE (texte)

En passant des mains du "général-président" Lansana Conté à celles du "capitaine-président" Moussa Dadis Camara, le pouvoir en Guinée semble vouloir rester une affaire militaire depuis 24 ans. Lansana Conté est colonel lorsqu’il organise son putsch en 1984, dix jours après la mort du président Sékou Touré. Il est général à sa mort.

 
"L’armée était le socle du pouvoir du président Conté. Mais lui-même s’en méfiait", analyse Olivier Roger, correspondant RFI pour FRANCE 24 à Conakry. "Conté a eu maille à partir avec sa propre armée tout au long de sa carrière. Il s’est ingénié à diviser cette armée, à y entretenir des clivages."

 
Une branche jeune et plus éduquée
 
Le clivage générationnel est une des principales lignes de fractures. "Dès que l’armée était soupçonnée de velléités putschistes, on s’en prenait à la jeune garde. Cette aile jeune de l’armée, formée notamment en Allemagne ou en France, est plus éduquée que le reste des militaires. Elle s’est toujours sentie maltraitée", explique Olivier Roger. C’est cette branche jeune de l’armée qui a mené le putsch de mardi dernier.

 
Le conflit de générations dans l’armée a éclaté plusieurs fois au grand jour. Au printemps 2007, la jeune garde se soulève pour réclamer le paiement d'arriérés de soldes et une augmentation de leur traitement. Un des meneurs s’appelle Moussa Dadis Camara.
 
"Lors des grèves et des mutineries de 2007, une jeune génération a cherché à bénéficier de la richesse de la Guinée. Mais ces jeunes militaires se sont sentis abandonnés par la hiérarchie militaire", raconte l’opposant Abdourahmane Macky Bah, conseiller politique du parti d’opposition UFR (Union des forces républicaines de Guinée), interrogé sur FRANCE 24.

 
Le mécontentement a pris de l’ampleur en mai dernier, lorsqu’une révolte a éclaté au sein de l’armée pour obtenir le paiement de primes promises et la libération de militaires détenus. Les mutins ont fini par obtenir gain de cause.

 
Une hiérarchie dominée par les Soussou

 
Le clivage dans l’armée est aussi ethnique. La grande majorité des officiers sont soussou, tout comme l’était Lansana Conté. Les Peuls et les Malinké sont sous-représentés dans la hiérarchie militaire. Cette problématique s’ajoute au conflit de générations : les plus jeunes n'ont pas bénéficié des mêmes avantages que leurs aînés soussou.

Le coup d’Etat au lendemain de la mort du président Lansana Conté, a exacerbé ces tensions. Lorsque les putschistes ont pris la parole, mercredi, c’était pour avouer qu’ils n’avaient pas convaincu l’ensemble des militaires et qu’ils n’avaient pas la maîtrise de la situation. "Certains officiers généraux continuent à reconnaître la légitimité (…) du mandat de l'Assemblée nationale", avait affirmé le capitaine Moussa Dadis Camara. Le chef des putschistes craignait alors que ces officiers n'aient recruté des mercenaires étrangers.

 
Reste à savoir si Moussa Dadis Camara est en mesure de rassembler une majorité de soldats et d’officiers pour asseoir son pouvoir. Dimanche, la junte militaire a commencé le ménage et a mis à la retraite 22 généraux, dont le chef d’état-major des armées, Diarra Camara.
 
Il faudra aussi que les putschistes convainquent la population sur des arguments politiques plus larges que des querelles infra-militaires. Une grande partie des Guinéens voit l’armée d’un mauvais œil, après avoir souffert de la politique répressive appliquée par les soldats, notamment en janvier et février 2007. Les affrontements entre les grévistes et l’armée avaient fait au moins 180 morts.

 
Abdourahmane Macky Bah, du parti d’opposition UFR, a lancé en début de semaine un appel à la communauté internationale "pour que les militaires n’aient plus le pouvoir." Moussa Dadis Camara a lui-même déclaré jeudi qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle, prévue en 2010. Rien ne prouve qu'il compte tenir sa parole.

Commentaires (5)

conseil

salut mes parents du CNDD,Mon nom c'est Mohamed Doumbouya je reside aux etats unis D'Amerique,ce n'est pas une fierte pour moi de dire cela ,mais je suis oblige de m'identifier par cela actuellement compte tenu de beaucoup de facteurs mais finira un jour.

Dadis

je tiens à ajouter que Dadis n´est ni un soussou,ni un malinké encore moins un peul,malgré que son nom sonne soussou ou malinké.Mais en realité qui n´est pas soussou en guinée.Alors cessez ces statistiques macabres qui nous divisent,car les defis sont enormes.

Que la Volonté de Dieu s'accomplisse

Il est bon de voir le déroulement des événements dans chaque partie de nos contrées/pays; bien entendu en prenant en compte la psychologie et autres aspirations des peuples que nous sommes, en Afrique... Aujourd'hui, les choses se font et se défont.Il nous faut tout simplement faire attention au signe des temps. L'armée a certes pris le pouvoir sans effusion de sang.. Et cela est une grâce de Dieu. Mais, la population étant épuisée du pouvoir passé et du defunt Président, ne trouva pas bon de réagir, non pas seulement à cause des armes qui seraient menaçantes, mais cette attitude des Guinéens, est une expression de l'envie de vivre leur LIBERTE, longtemps embrigadée, par la seule volonté d'un homme. Sans doute croyant bien faire... Aujourd'hui, comme il est dit, les hommes passent, mais les Etats subsistent. Une ère est en train de passer et une autre est en place. Il nous faut l'observer faire; ensuite l'on jugera... Ici, ce n'est pas faire la part belle aux Foces de l'ordre qu ont pris le pouvoir, mais c'est qu'ensemble, nous soutenions le processus de développement entamé dans ce pays.Cependant, que les Aspirations, la vie et la paix soient rendues au Peuple Guinéen; qui a aussi soif d'aller de l'avant, comme les autres HOMMES. Prions afin que les Hommes forts, qui sont en place fassent pour que ce brave peuple retrouve la joie de vivre et que tout reparte de plus belle et que simplement , la Volonté de DIEU, qui est que les Hommes vivent bien et soient sauvés, s'accomplisse, dans leur vie qutidienne. Je souhaite Bon vent à ce peuple!!!!

Seul compte l'amélioration du quotidien des guineens

Qu'il soit issu de la société civile ou de l'armée, seules compteront les actes en faveur d'un assainissement de la vie économique, politique et sociale dans ce pays. Les promesses n'ont jamais nourrit personne, il faut des actes concrets et c'est apparemment ce qui se met en place aujourd'hui en tout cas beaucoup l'espère de tout cœur. les contrats miniers ont été très mal négociés ne profitant qu'aux politiques corrompus et incapables. Tout doit être mis à plat et le pouvoir à terme passer aux mains d'un civil mais la transition doit se faire et je crois que ce ne sera pas sans heurts. nous espérons, c'est pas grand chose mais c'est ce qui nous reste.

RIEN QUE DES IDOTIES

Dire que le pouvoir est militaire, c'est donner de l'importance au pouvoir des militaires en Afrique et en guinée. or nous sommes dans des Etats de droit alors que le droit soit dit.

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet
Fermer