Dernière modification : 01/01/2009 

- Conflit israélo-palestinien - Europe - Gaza - ONU


L'offensive contre Gaza dictée par l'agenda politique
L'offensive contre Gaza dictée par l'agenda politique
Le 27 décembre, Tsahal a lancé l’opération "Plomb durci" contre la bande de Gaza. Objectif : mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas selon un calendrier dicté par des échéances internes, régionales et internationales.
Par Tatiana EL KHOURY (texte)

Retrouvez les témoignages de nos Observateurs sur l'offensive isréalienne à Gaza.


A lire également : Les chefs de la diplomatie de l'UE se réunissent d'urgence à Paris

  

Le 19 décembre, le Hamas refuse de reconduire la trêve conclue six mois plus tôt avec Israël. Le mouvement islamiste accuse l’Etat hébreu de n’avoir pas respecté ses engagements en refusant de lever le blocus de la bande de Gaza transformée en prison à ciel ouvert.

  

De son côté, Israël désire mettre un terme aux tirs de roquettes lancés depuis la bande de Gaza. "Il y a 250 000 Israéliens dans le sud qui vivent sous la menace des missiles", explique à FRANCE 24 Shmuel Ravel, ministre plénipotentiaire à l’ambassade d’Israël en France. "Le gouvernement israélien a la responsabilité de défendre ses citoyens."

  

Considérations électorales côté israélien…

 

Mais à l’approche des élections législatives israéliennes, le 10 février, cette opération est également motivée par des considérations politiques. Pour Noha Rashmawi, chargée de mission à la Délégation générale de la Palestine en France, "la politique israélienne est aujourd’hui une politique électoraliste. Il s’agit purement d’une surenchère politique".

  

En ces temps électoraux, il s’agit aussi de redorer le blason de l’armée israélienne en lui donnant à nouveau une image dissuasive qu’elle a perdue lors de la guerre de 2006 au Liban. Selon le directeur de l’Observatoire des pays arabes à Paris, Antoine Basbous, "c’est cette obsession de l’échec de la guerre de 2006 qui pousse Israël à mettre le paquet sur Gaza pour ne laisser aucune chance au Hamas".

  

Joseph Maila, directeur du Centre de recherche sur la paix basé à Paris, abonde dans ce sens. Pour lui, il s’agit d’effacer le fiasco de la guerre du Liban contre le mouvement chiite du Hezbollah. "Une opération d’envergure sera bénéfique [au ministre israélien de la Défense] Ehud Barak, donnera de la poigne à [la ministre des Affaires étrangères] Tzipi Livni et affaiblira [le chef de l’opposition] Benjamin Netanyahou en lui retirant l’exclusivité de l’ultranationalisme".

  

Le gouvernement sortant d’Ehud Olmert tenterait ainsi, selon Antoine Basbous, de "faire du Netanyahou avec succès sans Netanyahou". Et le gouvernement israélien voudrait montrer que "l’erreur de 2006 ne sera pas répétée. Elle sera même corrigée deux ans et demi plus tard".

  

… et côté palestinien

 

Par ailleurs, le mandat du président palestinien Mahmoud Abbas arrive à terme le 9 janvier. Les Israéliens pourraient donc perdre l’interlocuteur palestinien "modéré" au profit d’un groupe radical qui refuse de reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël. Antoine Basbous explique qu’avec la fin de ce mandat "le Hamas prend l’initiative pour dire ‘j’incarne les Palestiniens’". Cette volonté de représentativité pourrait être renforcée par les résultats des urnes ; le président Abbas ayant appelé à des élections anticipées début 2009.

 

Conjonctures régionale et internationale favorables

 

Des échéances régionales entrent également en jeu. Au printemps, le Liban organise ses élections législatives dans un climat interne tendu. La guerre de 2006 a coûté cher à Beyrouth, creusant davantage le fossé entre une majorité gouvernementale pro-occidentale et une opposition proche de la Syrie.

  

Même si l’offensive israélienne est tenue, selon Joseph Maila, "par des considérations plus internes qu’internationales", elle profite de la mauvaise passe dans laquelle se trouve le mouvement chiite. "Le Hezbollah a quadruplé ses capacités depuis 2006, explique Antoine Basbous, mais il ne va pas tenter l’aventure [d’ouvrir le front nord d’Israël], car il sait qu’Israël l’attend au tournant pour cette fois-ci le mettre à genoux, du moins c’est l’intention déclarée d’Israël."

  

Sur le plan international, l’entrée en fonction de l’administration Obama le 20 janvier rythme également le calendrier des attaques israéliennes. Comme l’explique Bassam Tahan, chercheur et professeur de géopolitique à l’Ecole pratique des Hautes Etudes de Paris, "cette opération est une manœuvre d’Israël peu avant l’accession d’Obama au pouvoir"

  

Le gouvernement israélien profite ainsi de la période de transition entre les administrations Bush et Obama. Le nouveau président américain a été élu, début novembre, sur un véritable programme de changement. Mais "si Obama a des velléités de changement politique, explique Joseph Maila, l’offensive israélienne a de fortes chances de calmer ses ardeurs." Le "yes we can" risque donc de s’arrêter net aux portes de Gaza.

Commentaires (6)

Au Burkinabe Anonyme

Vous ressortez deux poncifs de l'antisionisme mis au gout du jour: la démocratie israélienne déguisé en allemagne nazie et l'émirat islamo-fasciste de Gaza travesti en aspirante démocratie danoise.

Quand vous dites pensez à Varsovie, est-ce que vous savez de quoi vous parlez?

Il n'y a pas eu d'aide alimentaire livrée par les Allemands aux portes du Gettho, on y crevait littéralement de faim dès le premier jour. Et dès le premier jour le but des nazis étaient aussi clair que leur discours génocidaires. Les artilleurs et l'aviation allemande n'essayaient pas d'éviter les victimes civiles: les civils juifs étaient la cible.

A vrai dire, les seules choses qui fassent furieusement penser à l'allemagne nazie dans la région ce sont la charte du Hamas, la propagande du Hamas et les actions du Hamas.

Enfin, quelle sottise de croire que si Israel cède au chantage terroriste et laisse le Hamas affermir son emprise sur Gaza il en viendra naturellement à édulcorer ses délires jihadistes.

Depuis l'évacuation de Gaza en 2005 et son élection en 2007 le Hamas n'a changé ni de charte, ni de discour et encore moins d'actions.

Pourtant il n'y avait ni siège ni embargo à l'époque.

Offensive Israëlienne

Je crois que le peuple Palestinien est l'otage et la victime de ceux là même qui disent vouloir le protéger. Je parle sans équivoque du hamas. Cette organisation que j'ose qualifier de terroriste et je pèse mes mots; n'a ni l'intelligence ni la puissance de feu ni même le potentiel humain organisé et bien entraîné pour battre Israël sur le plan purement militaire. Pourquoi donc provoquer obstinement celui qui 100 fois plus fort que soit sur tout les plans?
Pourquoi? Le monde entier est témoin que le hamas n'a jamais arrêté de lancer ses roquettes sur le territoire Israëlien même pendant la durée de l'accord de cessez le feu. Pendant que le peuple Israëlien souffrait des tirs de roqettes du hamas, personne n'a rien dit. Aucune marche de protestation nulle part, aucune réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'Onu, aucune réunion d'urgence de l'UE, rien.
Même le Président de l'Autorité Palestinienne M. Maamoud Abbas a imploré le hamas de proroger la trêve; ils ont fait la sourde oreille. Il ya de cela une semaine, le 1er Ministre Israëlien leur a intimé l'ordre d'arrêter de lancer des roquettes sur Israël en ces termes "...arrêter maintenant, ça suffit car nous sommes plus fort que vous... il y aura plus de mort de votre côté..."; ils ont encore fait la sourde oreille. Que croyaient-ils? Sur qui comptaient-ils?
Je terminerai en disant que seul, le hamas detient la solution à son problème: il suffit, à compter de ce jour, de ne plus lancer de roquettes sur Israël et la guerre prendra fin.

Réponses au deux réactions sur cet article

Croyez vous qu’un tel offensif militaire et « qui ne peut être qualifié que par les adjectifs les plus inhumain possible» protégera la région menacée d’Israël, ou même « fait voir à la population que l'on à des gros bras pour défendre le pays » ???

Croyez vous que la force est le moyen de résoudre ce problème aussi compliqué soit il ?
Croyez vous que 100 morts par jour « 100 êtres humais, 100 personnes qui ont des noms et des prénoms et des familles et des amis et … comme vous et moi d’ailleurs (parce qu’on a tendance a oublié) » 100 morts par jour est une idée créative et ingénieuse pour protéger les 100 000 israéliens ?

Dites moi ! Qu’est que la force a apporté aux israéliens depuis le début de ce conflit ? La paix ? La sécurité ? Il y a moins d’extrémisme aujourd’hui ou plus ? Il y a moins d’armes dans la région ou plus ? Le Hezbollah détient moins d’armes ou plus ? La résistance libanaise s’est affaiblie ou fortifiée? La population arabe est devenue plus tolérante ou plus radicale ?

Non mais… Bravo !

Je vous prie de bien vouloir éteindre votre télévision et de cessez de regarder les films américains !
Notre problème essentiel aujourd’hui est bien une mentalité holywodienne obsédée par la violence, la guerre et la force !
Cher monsieur, la politique suivie par Israël depuis sa création n’a fait qu’empirer les choses. Je ne propose certainement pas de céder à la solution de l’un ou de l’autre. Mais il suffit d’appliquer les résolutions internationales des nations unies (cette association qui ne cesse de perdre de crédibilité à cause des israéliens et des américains).

La position israélienne est sans avenir

Le comportement de l’Etat d’Israël envers les Palestiniens de Gaza me fait penser au comportement de l’Etat allemand envers les Juifs enfermés dans le ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale. Ni le blocus de Gaza ni la guerre contre le Hamas ne sont la solution aux problèmes de la sécurité d’Israël. De même que la politique d’apartheid en Afrique du Sud était sans issue, la politique actuelle d’Israël envers les Palestiniens est sans issue. Le temps joue contre l’Etat juif. Les combattants palestiniens deviendront de plus en plus forts et la portée de leurs missiles (aujourd’hui jusqu’à 40 Km à l’intérieur des terres d’Israël). La solution est dans la négociation. Les Palestiniens doivent avoir un espace viable pour vivre et s’exprimer politiquement à côté de l’Etat d’Israël sinon cette région va à la catastrophe et les plus grands perdants sont les Israéliens. En réalité les Palestiniens n’ont plus rien à perdre car « cabri mort n’a plus peur de couteau » selon un proverbe de chez moi et les Israéliens ont tout à perdre dans l’avenir. Qu’ils prennent exemple sur les Blancs d’Afrique du Sud.

Et les électeurs israéliens?

La plus grande motivation politique de l'offensive Israélienne contre le Hamas c'est celle des électeurs israéliens. Car, comme dans n'importe quelle démocratie, c'est leur vote qui dicte la conduite du gouvernement israélien. Avant toutes considérations géo-stratégiques, y compris celles entendues au "Café du commerce" et qui ne sont guères moins sommaires que celles exposées ci-dessus.

Apparement un majorité démocratique désire en finir avec les roquettes lancées depuis Gaza.

La démocratie est aussi très humaines. Ce n'est pas la voix divine qui s'exprime dans les urnes, c'est celle d'hommes et de femmes très imparfaits. Les Palestiniens par exemple, lassés du gouvernement par la peste on élu le parti du choléra. Ils ne sont pas les premiers et sans doute pas les derniers a s'être ainsi trompés.

Si les partis modérés au pouvoir qui ont évacué Gaza ne font rien contre ça, les israéliens peuvent eux aussi élirent des gens nettement moins modérés. Des démocrates certes, mais notoirement plus enclin à réprimer les violences des milices palestinienne et islamistes de la même façon que les Libanais ou les Syriens.

Nahr El Bared au Liban l'année passée, par exemple. Des dizaines de milliers d'habitants chassé. Le camp entièrement détruit. Aujourd'hui leurs voisins ont la paix mais les déplacés sont toujours sans toit.

Hama en 1982 que le père Assad ordonna de détruire à l'artillerie de campagne avant de livrer la ville a un sac médiéval. En cinq jours la soldatesque fit entre sept et trente-cinq mille victimes selon les estimations.

A tous ceux qui souhaitent la paix au Proche Orient, priez pour que le Hamas cède à la force rapidement et que les partis du gouvernement israélien actuel remportent les prochaines élections.

Restez réalistement optimistes: vous *savez* que cela peut être mille fois pire.

La palestine aussi entre dans une période électorale.

Même si le Fatah et le Hamas ne sont pas d'accord sur les dates, le Hamas à annoncer qu'il ne reconnaitrait plus l'autorité de Mahmoud Abbas à partir du 08 janvier. Alors pourquoi Tatiana EL KHOURY ne dit-elle pas que les tirs de roquettes sur Israël sont dictés par les futures échéances électorales et laisse penser que la réponse d'Israël est juste dictée par de simples calculs électoraux. Dans les deux cas, il faut faire voir à la population que l'on à des gros bras pour défendre le pays.

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