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Israël s'empare de Twitter et de YouTube

Texte par Hasnae MALIH

Dernière modification : 05/01/2009

Soucieux de redorer son blason auprès de la Communauté internationale au lendemain des frappes visant la bande de Gaza, l'État hébreu a investi Internet pour "justifier" son offensive. Au grand dam des Gazaouis, qui répliquent.

Lors des moments de crise, nombre de personnes se tournent vers les sites communautaires pour partager leurs informations ainsi que leurs émotions.

 

C'était le cas lors des attentats de Bombay et le scénario se répète avec l'offensive israélienne sur Gaza. Sur Internet, les raids menés par Tsahal suscitent bien des commentaires, tant du côté palestinien qu’israélien.

 

Effervescence sur Twitter

 

Une fois de plus, le site de mini-blogging Twitter s’est révélé une véritable plateforme de journalisme citoyen. Les utilisateurs y parlent des opérations menées sur le terrain, des efforts diplomatiques déployés pour stopper l’offensive… Toutes les secondes, un nouveau message évoquant le sujet est publié. Rédigés dans toutes les langues, les commentaires viennent des territoires palestiniens, d’Israël et du reste du monde.

 

Le flux d’informations est tel qu’il est souvent difficile pour l’internaute de s’y retrouver. Pour Gil Mihaely, correspondant du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, les témoignages pris sur le vif ne sont d’ailleurs pas tous dignes d’intérêt. L’émotion prenant le pas sur la réelle information.

 

Devant cette déferlante, le consulat israélien à  New York a créé un compte sur Twitter afin d’y organiser une micro-conférence avec les internautes (des extraits sont disponibles sur le site du consulat, IsraelPolitik.org). Selon David Saranga, responsable des relations publiques au consulat, le but était de justifier l’offensive israélienne et de "passer un message officiel face à des informations pas fiables".
 

 

Le consulat israélien de New York sur Twitter.

 

 

YouTube accueille la chaîne de l’armée israélienne

 

De son côté, l’armée israélienne a crée son propre canal sur YouTube, où elle diffuse des images en noir en blanc de son offensive baptisée "Plomb durci". Pour l’heure, la plateforme comporte une quinzaine de vidéos et comptent déjà plus de 4 000 abonnés. Sur les vidéos : des attaques aériennes visant les tunnels de réapprovisionnement près du point de passage de Rafah et des bâtiments censés appartenir au Hamas.

 

Certaines images ont été supprimées par YouTube "pour infraction aux conditions d'utilisation", mais plusieurs d’entre elles ont été remises en ligne grâce "au soutien de blogueurs et de téléspectateurs", a affirmé à l’AFP un porte-parole de Tsahal pour qui cette initiative permet "de porter le message d’Israël au reste du monde".

 

Selon Gil Mihaely, si l’État hébreu s’est emparé du Web c’est "parce qu’il existe une énorme demande d’images et d’informations venant du terrain". Mais pas seulement. De fait, l’armée israélienne souhaite également redorer son blason en montrant "des images de missiles qui ne ratent pas leur cible et contredire ainsi ceux qui l’accusent de tirer à l’aveugle."

 

Aux yeux d’Omar Somi, délégué général de Génération Palestine, une association basée à Paris, cette initiative prouve tout d’abord que "l’offensive a été bien préparée et coordonnée par l’appareil militaire israélien, même au niveau de la communication".

 

Pour leur part, ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne n’ont lancé une telle initiative. "Les Palestiniens sont à la traîne", déplore Omar Somi. Pas forcément tous. Dans la communauté Second Life, une manifestation virtuelle a été organisée en soutien aux Gazaouis.



Sur Facebook, qui aura le dernier mot ?

 

Facebook n’est pas en reste. Depuis qu’Israël a lancé son offensive sur Gaza, de nombreux "facebookers" essayent de faire valoir leur point de vue en changeant, par exemple, la photo de leur profil par celle d’un drapeau palestinien ou israélien, selon le camp qu’ils soutiennent.

 

Sur le célèbre réseau social, de nouveaux groupes de sympathisants ont vu le jour. Certains, à l’instar de "Sympathize with Gaza", publie des vidéos et des photos montrant le centre de Gaza. Ce qui ne manque pas de susciter nombre de réactions appelant à l’arrêt des frappes israéliennes.

 

 

 

Page de "Sympathize with Gaza" sur Facebook.

 

Du côté israélien, beaucoup de groupes - notamment de Sdérot, l’une des villes du sud d’Israël visées par des roquettes du Hamas - sont nés au lendemain du lancement de l’opération "Plomb durci".

Sur son blog, Amir Mizroch, journaliste au Jerusalem Post rapporte qu’un groupe venant de Sdérot aurait demandé à des internautes de construire eux-mêmes des missiles balistiques afin de les lancer sur les Palestiniens...

 

Première publication : 31/12/2008

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