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Economie EUROPE

Kiev rembourse sa dette à Gazprom

Vidéo par Pauline PACCARD

Dernière modification : 31/12/2008

Naftogaz, société ukrainienne d'hydrocarbures, a assuré mardi avoir versé le montant de sa dette à Gazprom pour les mois de novembre et décembre. La Russie menaçait auparavant de couper la fourniture de gaz à l'Ukraine.

AFP - L'Ukraine a affirmé mardi avoir remboursé une grosse partie de sa dette envers le géant russe Gazprom, une annonce qui pourrait permettre d'éviter une nouvelle crise gazière avec la Russie qui ne manquerait pas d'avoir des répercussions sur l'Europe.
   
"L'argent est sur les comptes de RosUkrEnergo", intermédiaire gazier contrôlé à moitié par Gazprom, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la société d'Etat ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz, Valentin Zemlianski.
   
"Nous avons versé 1,522 milliard de dollars" pour le gaz livré en novembre et décembre, a-t-il précisé.
   
Le porte-parole de RosUkrEnergo, Andreï Knoutov, a cependant affirmé n'être pas en mesure de confirmer le versement.
   
"Nous sommes en dehors des horaires d'ouverture des banques, nous ne pouvons donc ni confirmer ni infirmer cette information", a-t-il affirmé, selon  l'agence de presse Interfax, précisant que les comptes bancaires ne pourraient pas être vérifiés avant mercredi matin.
   
La somme annoncée par l'Ukraine est inférieure à celle de plus de deux milliards de dollars réclamée par Gazprom, qui exige le paiement de 805,8 millions pour les livraisons de novembre, 862,3 millions pour celles de décembre, plus des pénalités de 450 millions de dollars pour les retards de paiement.
   
Les amendes ne doivent être discutées qu'après le paiement des dettes pour le gaz livré à l'Ukraine en novembre et décembre, selon M. Zemlianski.
   
Plus tôt dans la journée, lorsque Kiev avait annonçé le paiement de sa dette pour novembre et décembre "d'ici deux à trois heures", Gazprom s'était montré prudent, jugeant qu'il était "trop tôt" pour déclarer la fin du conflit gazier.
   
"Nous n'avons pas encore reçu l'argent, il est donc trop tôt pour dire que la question est réglée. Les négociations pour un contrat 2009 continuent", avait alors commenté le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, à la télévision russe Rossiya.
   
Ces derniers jours, la société russe a plusieurs fois exigé le remboursement de la totalité des dettes de l'Ukraine, sous peine de couper les livraisons de gaz le 1er janvier 2009.
   
Le gouvernement ukrainien avait pour sa part indiqué mardi qu'il garantissait "le règlement des comptes pour le gaz naturel importé en novembre et décembre 2008 (...) jusqu'au montant de deux milliards de dollars".
   
Un contrat pour les livraisons de gaz russe à Kiev l'an prochain pourrait être signé avant le 1er janvier, date limite de l'accord actuel, selon le porte-parole de Naftogaz.
   
"Nous espérons signer les contrats pour 2009 aujourd'hui (mardi) ou demain (mercredi)", a-t-il dit. Il a souhaité que Kiev paye moins de 250 dollars les 1.000 m3, contre 179,5 dollars actuellement.
   
Gazprom avait déjà menacé jeudi de porter le prix à 418 dollars pour le futur contrat 2009, si les dettes ukrainiennes n'étaient pas payées avant le 31 décembre.
   
Les Européens surveillent attentivement ce dossier, car 80% de leurs livraisons gazières russes passent par l'Ukraine.
   
Lors d'un précédent conflit, en janvier 2006, les exportations vers l'Europe avaient été perturbées et Moscou avait accusé Kiev de siphonner le gaz européen.
   
Le porte-parole de Gazprom a estimé mardi qu'un tel scénario pourrait être évité en janvier 2009, l'Ukraine disposant de réserves de gaz accumulées durant l'été et un contrat l'obligeant à autoriser le transit gazier sur son territoire.
   
"Mais étant donné la manière dont (Kiev) respecte ses obligations de paiement des livraisons, nous ne pouvons être sûrs à 100% que ses obligations de transit seront respectées", a-t-il déclaré.
   
Mardi, la présidence ukrainienne a assuré "une nouvelle fois que l'Ukraine est et sera le transitaire fiable du gaz russe vers les consommateurs européens".

Première publication : 31/12/2008

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