Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Le Malien Birama Sidibé candidat à la présidence de la Banque africaine de développement

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Loi santé : ce qui va changer

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Serge Atlaoui condamné à mort : La France peut-elle faire pression ?

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Migrants en Méditerranée, sans stratégie face au drame l'Europe mise en cause

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Émission spéciale : Marseille, le renouveau ?

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : sur les traces du réalisateur Henri Verneuil, réfugié arménien

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Génocide arménien, cent ans après déni et mémoire continuent de se côtoyer

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Léa Drucker

En savoir plus

TECH 24

Numérique : tout pour la musique

En savoir plus

"Israël veut limiter les images trop démoralisantes"

Vidéo par Hélène DROUET

Texte par Youssef ZERARKA

Dernière modification : 07/01/2009

La bande de Gaza est interdite à la presse étrangère par les autorités israéliennes. Arnaud Mercier, spécialiste du journalisme en temps de guerre, analyse le contrôle imposé par l’Etat hébreu sur la couverture du conflit.

A lire également, sur Les Observateurs de FRANCE 24 : Gaza, une guerre à huis clos.

  

 

FRANCE 24 : Faute d’autorisation des autorités israéliennes, les journalistes internationaux ne peuvent se rendre à Gaza. Israël met en avant la sécurité des journalistes. Qu’en pensez-vous ?

 

Arnaud MERCIER : Cet argument ne trompe personne. Les journalistes, il est vrai, vivent des situations de plus en plus périlleuses pendant les conflits. En témoigne, hélas, le nombre de confrères tués dans les zones d’opération. Dans le cas de Gaza, il ne me semble pas que la sécurité des journalistes soit la motivation première de l’armée israélienne. En instaurant un black-out, Israël essaye de limiter la diffusion d’un certain nombre d’images et de reportages qui seraient un peu trop démoralisants pour les opinions publiques. Après le fiasco de la guerre du Liban en 2006, l’état-major de Tsahal est revenu à une politique extrêmement sévère à l’égard des journalistes. Avec l’objectif de limiter considérablement l’impact potentiel des images sur les opinions publiques internationales. Les militaires israéliens s’inspirent des leçons tirées par le Pentagone pendant la guerre du Vietnam. Un conflit dont les images avaient provoqué un choc sur les opinions publiques.

 

FRANCE 24 : En termes de risques, quelle est la singularité du conflit de la bande de Gaza par rapport aux autres conflits ?

 

L’insécurité et les risques sont, malheureusement, le lot ordinaire d’une guerre de ce type. Zone hyper-urbanisée, la bande de Gaza est propice à la guérilla urbaine, avec des risques de tirs et d’attentats en plein centre ville. Dans ce territoire, les journalistes sont, à l’évidence, exposés à une menace réelle. Mais pas plus que lors de la guerre en Tchétchénie ou dans d'autres zones de conflits récents.

 

FRANCE 24 : Une partie des images mettant en scène les morts et les blessés palestiniens est tournée par le Hamas. Certains s’interrogent sur leur crédibilité. Peut-on parler d’une "guerre à huit clos" ?

 

 

Le huis clos n’est pas total. Il est plutôt du coté international et israélien. La doctrine israélienne de black-out est assez particulière. Des images du conflit sont quand même diffusées sur les chaînes internationales arabes. Même si elles sont tournées en partie par le Hamas ou par des journalistes arabes présents sur place, elles ne signifient pas systématiquement que leur crédibilité est entachée. Elles témoignent des bombardements israéliens contre les populations.

 

Des contre images sont produites et circulent, y compris sur Internet. Le problème, c'est la capacité ou non des chaînes occidentales à diffuser tout ou une partie des images produites localement. On peut toujours arguer que, tournées par le Hamas, ces images s’apparentent à de la propagande. Mais dans les guerres de communication moderne, essayer d’imposer un black-out constitue aussi une forme de propagande. Une attitude plus neutre consiste à doser entre des images produites du point de vue israélien – ces images lointaines prises depuis les crêtes surplombant Gaza – et des séquences de télévisions arabes. Dans cette guerre urbaine où l’on sait que le Hamas s’est mélangé à la population pour s’en servir d’une façon ou d’une autre comme bouclier, il y a sans doute un point d’équilibre à retrouver. Cet objectif n’est pas encore atteint.

Première publication : 06/01/2009

COMMENTAIRE(S)