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EUROPE

Sarkozy et Merkel pour un nouvel ordre économique mondial

Dernière modification : 08/01/2009

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, réunis à Paris lors d'un colloque économique, ont plaidé ensemble pour un nouvel ordre économique mondial. La chancelière appelle à la création d'un "conseil économique".

Reuters - Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont présenté jeudi un front commun pour demander un nouvel ordre économique mondial, à 12 jours de l'entrée en fonction du nouveau président américain Barack Obama.


Le président français a estimé que les Etats-Unis ne pouvaient plus prétendre imposer seuls leur volonté, tandis que la chancelière allemande a proposé la création d'un "conseil économique" à côté du Conseil de sécurité de l'ONU.


Les deux dirigeants, que l'on a souvent dit en désaccord sur la gestion de la crise financière internationale à l'automne dernier, ouvraient le colloque "Nouveau monde, nouveau capitalisme" organisé à Paris par le gouvernement français.


Ils ont l'un et l'autre insisté sur la nécessité pour le prochain sommet du G20, le 2 avril à Londres, de prendre des décisions en matière de réforme du système financier mondial afin de conjurer le risque de voir le capitalisme retomber dans ses dérives une fois la crise passée.


"Il y a le risque suivant", a déclaré Angela Merkel : "Une fois que tout ira mieux, les marchés financiers nous diront: 'vous n'avez pas à vous en mêler, vous les politiques, puisque tout fonctionne à nouveau'."


"Moi je resterai ferme", a-t-elle poursuivi. "Il est impossible de répéter les erreurs du passé. Il faut éviter que le monde connaisse une fois de plus ce type de crise."


Nicolas Sarkozy a exprimé quelques instants plus tard la même détermination : "Nous n'accepterons pas, une fois le gros de la crise passé, que les mêmes viennent nous dire : 'excusez-nous, partez, vous n'avez plus rien à dire maintenant, les choses sérieuses commencent'."


Les mesures prises jusqu'ici par les Etats pour empêcher un effondrement total du système bancaire et financier mondial ne sont que des "mesures d'urgence", a souligné Angela Merkel, qui a souhaité des "mesures permanentes".


REFONDER LE CAPITALISME


Elle a ainsi appelé de ses voeux la mise sur pied sur le plan économique d'un système comparable à ce qui a été fait sur le plan politique au lendemain de la Seconde guerre mondiale avec la création du Conseil de sécurité de l'ONU.


"Il est possible qu'en-dehors d'un Conseil de sécurité aux Nations unies, on ait également un conseil économique", a plaidé la chancelière.


Elle a estimé que se contenter de nouvelles réglementations des marchés financiers sans s'atteler aussi aux déséquilibres économiques mondiaux serait une erreur.


"Aujourd'hui, nous avons une situation où la Chine a le plus grand excédent de devises du monde. En même temps, il y a un déficit des Etats-Unis qui est très important. C'est quelque chose qui, à la longue, représente un facteur d'instabilité."


"Les pays industrialisés doivent absolument comprendre que nous avons vécu au-dessus de nos moyens, nous avons fait un emprunt sur l'avenir sans avoir produit la contrevaleur dans l'économie réelle", a-t-elle ajouté.


Elle a proposé l'élaboration d'une "charte pour une économie à long terme raisonnable" sur le modèle de la charte des Droits de l'Homme, tandis que Nicolas Sarkozy a de nouveau plaidé pour une moralisation et une refondation du capitalisme.


Le président français a fait valoir qu'il fallait protéger les citoyens sans céder à la tentation du protectionnisme.


Il a émis l'espoir que les Etats-Unis de Barack Obama ne s'opposeraient pas au changement mais l'accompagneraient.


"Au XXIe siècle, il n'y a plus une seule nation qui peut dire ce qu'il faut faire ou ce qu'il faut penser", a-t-il dit. "Nous n'accepterons pas le statu quo, nous n'accepterons pas l'immobilisme, le retour à la pensée unique."


Le président français a souligné qu'il n'y avait plus en 2009 une seule monnaie régnant sur le monde, comme le dollar après la Seconde guerre mondiale, mais plusieurs.


"Il va falloir qu'on discute comment chacun gère sa monnaie ses taux d'intérêt", a-t-il dit. "Il ne peut plus y avoir un seul pays qui explique aux autres : payez la dette qui est la nôtre. Il ne peut plus y avoir un seul modèle. Il doit y avoir de nouvelles enceintes et de nouvelles décisions."


Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont aussi souhaité une implication des pays émergents dans la gouvernance économique.

Première publication : 08/01/2009

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