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Afrique

Jean-Pierre Bemba rejette les accusations de la CPI

Dernière modification : 12/01/2009

Arrêté en mai dernier en Belgique en vertu d'un mandat de la CPI, l'ex-chef rebelle congolais est accusé d'avoir diligenté, en 2002 et 2003, une campagne de tortures, de meurtres et de viols massifs en République centrafricaine.

Reuters - Des procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) ont accusé lundi l'ancien chef de guerre et ex-vice-président congolais Jean-Pierre Bemba d'avoir ordonné des viols en série en République centrafricaine pour terroriser des civils.

 

Les audiences de La Haye visent à déterminer s'il existe des preuves suffisantes pour ouvrir un procès. Bemba, 46 ans, rejette les accusations portées à son encontre.

 

L'ancien chef rebelle, arrêté en mai dernier en Belgique en vertu d'un mandat de la CPI, encourt cinq chefs d'inculpation pour crimes contre l'humanité et cinq autres pour crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003.

 

Il est accusé d'avoir mené, à la tête de rebelles de la République démocratique du Congo (RDC), une campagne d'exactions marquée par des tortures, des meurtres et des viols massifs dans la République centrafricaine voisine.

 

Les accusations qui le visent portent sur la période 2002-2003, durant laquelle Ange-Félix Patassé, alors président de la République centrafricaine, avait demandé au Mouvement de libération congolais (MLC) de Bemba d'écraser des tentatives de coups d'Etat dans son pays.

 

"Les hommes de Bemba allaient de maison en maison, se livrant au pillage et violant mères, épouses et filles", a déclaré le procureur Petra Kneuer.

 

D'après l'accusation, les combattants de Bemba avaient reçu pour instructions de "traumatiser et terroriser" la population pour l'empêcher de soutenir la moindre résistance au gouvernement de Patassé. "A cette fin, il (Bemba) a choisi le viol comme méthode de base", a dit Petra Kneuer.

 

Un représentant des victimes a raconté par le menu comment un chef de district de Bangui, la capitale centrafricaine, avait été violé pendant quatre heures devant sa femme et ses enfants avant que des soldats s'en prennent à ces derniers.

 

Karim Asad Ahmad Khan, avocat de la défense, a rejeté les accusations portées contre Jean-Pierre Bemba en faisant valoir qu'il ne pouvait être tenu responsable de crimes commis par ses soldats parce que ceux-ci étaient placés sous "le commandement et le contrôle" du gouvernement de Patassé.

 

"Les uniformes, la nourriture et l'argent, tout cela était fourni aux soldats du MLC, non par les autorités de la RDC, non par M. Bemba (...), mais par le chef d'Etat de la République centrafricaine", a dit Khan, ajoutant que l'accusation n'avait pas pu établir d'intentions criminelles imputables à l'accusé.

 

Après les quatre journées d'audiences préliminaires à un éventuel procès, l'équipe de trois juges aura soixante jours pour décider de mettre sur pied un procès ou non.

 

Bemba, qui a été vice-président de Josep Kabila avant d'être battu par ce dernier à la présidentielle congolaise de 2006 en RDC, est placé dans un centre de détention proche de La Haye.

 

Première publication : 12/01/2009

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