Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Nuits de violences à Ferguson et 15e sommet de la Francophonie à Dakar

En savoir plus

DÉBAT

Débat en France sur un État palestinien et l'accord sur le nucléaire iranien

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

La francophonie, belle et bien vivante !

En savoir plus

#ActuElles

Quarante ans d'IVG : un droit fondamental à défendre

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

UE - Google : le géant du Net bientôt scindé en deux ?

En savoir plus

FOCUS

Bien qu'ébranlée, la protestation citoyenne se poursuit à Hong Kong

En savoir plus

TECH 24

Oculus Rift : la vie des autres

En savoir plus

REPORTERS

Liban : Chebaa au cœur de la poudrière

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Djilali Benchabane, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique

En savoir plus

Moyen-Orient

Les élites arabes gênées par les slogans scandés dans les manifestations

Texte par Jean EL LAFFI

Dernière modification : 13/01/2009

Les mêmes slogans sont utilisés de manifestations en manifestations de soutien à Gaza dans les pays arabes, reflétant une "culture de la mort" qui provoque de la gêne dans certains milieux élitistes.

"Pour toi Gaza nous sacrifions notre sang et notre âme", "Nous mourrons pour que vive la Palestine", "Mort à Israël".Ce sont les quelques slogans scandés par des dizaines de milliers de manifestants arabes et musulmans en soutien aux habitants de Gaza. Bien que coutumiers dans le monde arabe, ces phénomènes populaires commencent à prendre de l'ampleur.
 

Que la rue arabe affiche son soutien aux Palestiniens, notamment ceux de Gaza en proie à l'offensive israélienne, est chose évidente. En effet, depuis de longues décennies, cette rue souffre de deux maux : d'un côté, l'hégémonie militaire israélienne que les législations internationales peinent à canaliser. De l'autre, l'impossibilité pour les régimes arabes dits "modérés" de trouver une solution juste et équitable à un conflit qui ne cesse de les interpeller. Au nom de la Palestine, des guerres ont été menées et des régimes sont tombés. Pis que cela, certains dirigeants arabes ont même utilisé ce conflit pour confisquer la démocratie et porter atteinte aux droits civiques de leurs peuples.

 

La "culture de la mort" empêche toute possibilité d'analyse
 

Mais les slogans de ce soutien légitime aux habitants impuissants de la bande de Gaza commence à susciter une certaine gêne chez une partie de l'élite arabe. Selon cette élite, la "culture de la mort" empêche toute possibilité d'analyse et de réflexion logique et rationnelle sur les maux qui frappent les Arabes depuis de nombreuses années. Par ailleurs, cette même élite exprime ses craintes face aux soupçons de traîtrise qu'on porte sur quiconque refuse d'adhérer à ces slogans ou simplement les critique.
 

Interrogé par FRANCE 24, Ibrahim Laariss, journaliste à "Al-Hayat", quotidien arabophone publié à Londres, esquisse un éclairage : "Ces slogans ont toujours été populaires. Ce sont les seuls qu'on entend aujourd'hui dans les manifestations." Il ajoute que "cette culture a banalisé la mort au point d'en faire un but en elle-même. La défaite d'Israël est devenue mesurable au nombre de nos morts, parce que nos martyrs sont promis au paradis et ceux de nos ennemis à l'enfer".

 

"Les manifestations font office d'exutoire"
 

Pour Adnan Hobballah, psychiatre-analyste libanais, "la psychologie des masses est primaire et peu intelligente. Elle simplifie les choses et refuse tout slogan qui nécessite réflexion, quand bien même il mènerait à la violence". Et d'enchaîner : "Les slogans sont issus d'un héritage culturel et social. Dans notre culture arabo-musulmane, le sang est un liquide qui purifie l'honneur. Un grand poète arabe a d'ailleurs écrit 'l'honneur n'est sauf de toute souillure que lorsque le sang coule à ses côtés'."
 

Estimant que dans le monde arabe "les manifestations font office d'exutoire", Adnan Hobballah critique certains slogans, dénués de sens et de pertinence. "Les foules manifestent et ensuite chacun rentre chez soi comme si de rien n'était ."

 

Enfin, Adnan Hobballah conclut sur la relation entre la vie et le plaisir : "Lorsque plusieurs obstacles nous empêchent de jouir de la vie, l'attachement à la vie devient moins fort que le désir de mourir. Le désespoir qui règne dans nos société ne promet rien de bon."

Première publication : 13/01/2009

COMMENTAIRE(S)