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FRANCE

Les autorités redoutent une importation du conflit en France

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 15/01/2009

Les récentes agressions antisémites suscitent de nombreuses inquiétudes au sein de la classe politique française, qui craint que la guerre de Gaza n'exacerbent les tensions entre les communautés juive et musulmane.

Les actes antisémites et racistes qui se sont multipliés ces derniers jours dans l’Hexagone laissent craindre une éventuelle importation du conflit israélo-palestinien sur le territoire français, qui abrite les plus grandes communautés musulmane et juive d’Europe.

 

 

Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), affirme avoir recensé 55 actes antisémites en France depuis le début de l'intervention israélienne à Gaza, le 27 décembre dernier, contre une quinzaine il y a deux ans pour la même période.

 

Et alors que la situation à Gaza était à l’ordre du jour de lAssemblée nationale, ce mercredi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a une nouvelle fois mis en garde contre une "importation du conflit en France" et a prévenu que "le gouvernement condamnera fermement tout acte antisémite ou raciste".

 

Inquiétude de la classe politique

 

Selon un photographe de l’AFP, les slogans "A mort Israël" et "Vive la Palestine" auraient été tagués, ce mercredi, sur les murs de la synagogue de Mulhouse.

 

Interrogée par FRANCE 24, la secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara, a reconnu que des tensions existaient et qu’il fallait "être très vigilant".

 

Pour Melissa Bell, spécialiste politique de FRANCE 24, “il est évident que la classe politique française pense que le problème prend de l’ampleur en France. Le Sénat a même annulé sa session hebdomadaire pour organiser un débat spécial autour de Gaza. Le quotidien Libération a consacré quatre pages aux relations entres les communautés juive et musulmane en France."

 

L’acte antisémite de Mulhouse intervient au lendemain d’un événement similaire survenu à Lille. Mardi, les habitants ont en effet découvert la façade de la synagogue de leur ville maculée d’un slogan antisémite et d’une croix gammée.

 

Une semaine auparavant, à Toulouse, une synagogue du quartier populaire de Bagatelle a connu un début d'incendie. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a vivement dénoncé l'agression contre les lieux de culte juifs.

 

Gaza, un sujet tabou

 

Dans certaines banlieues comme Aubervilliers, au nord de Paris, juifs et musulmans, qui vivent depuis toujours en bonne entente, ont affirmé qu’ils évitent désormais d’évoquer l’offensive israélienne sur la bande de Gaza.

 

Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers et fondateur de l’association AuberPalestine, explique à l’AFP qu’il s’agit d’un "conflit où même les mots peuvent être meurtriers. On ne sait pas comment aborder le problème. Même les gens qui sont pour la paix ont une vraie difficulté avec les mots. Alors, on préfère éviter la discussion sur ce sujet."

 

 

Première publication : 14/01/2009

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