- Cisjordanie - Fatah - Gaza - Hamas - Territoires palestiniens
Constamment accroché à son téléphone, à l’affût de la moindre information en provenance de Gaza, cet ancien général de la force 17 à Gaza commente la situation : "Cette zone est stratégique… Elle surplombe les quartiers de Jabaliya et de Toufa’a..."
Lui, l’ancien général de l’Autorité palestinienne à Gaza est obligé de suivre la guerre depuis Ramallah, en Cisjordanie, où il a dû s’exiler. Menacé de mort par le Hamas, il témoigne aujourd’hui à visage caché. "Toute cette destruction, ces maisons, ces immeubles… Les gens ont économisé pendant 50 ans pour construire un immeuble, qui sera finalement détruit en une seconde. Où peuvent-ils aller ? Qu’est-ce qu’ils peuvent faire ? C’est pire que la Naqba, la catastrophe de 1948, et notre première expulsion. Tout ça à cause d’une mauvaise décision politique."
Aux yeux du général, l’erreur politique du Hamas fut la prise du pouvoir de Gaza par les armes en juin 2007. Une rupture profonde et durable du peuple palestinien divisé entre Fatah et Hamas, entre la Cisjordanie et Gaza. Une division que la guerre en cours à Gaza n’efface même pas. "Aujourd’hui encore, il y a des problèmes et ça ne vient pas de nous. Ils ne sont pas indépendants et nationalistes. Ils sont liés à des mouvements étrangers, aux Frères musulmans et dépendent de la situation régionale. L’Iran et la Syrie…"
Illustration de cette rupture : une manifestation de soutien aux Gazaouis organisée à Ramallah a tourné à l’affrontement entre militants du Fatah et du Hamas. Ayman Daraghmeh, député proche du mouvement islamiste, partage son bureau avec deux collègues du même bord, l’un d’eux vient d’être arrêté par les Israéliens. "Ils vous diront que vous êtes un grand terroriste et c’est tout. Moi, oui, j’ai déjà été en prison en 1993."
Ayman Daraghmeh accuse le Fatah de collusion avec Israël, et les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne de ne servir qu’à étouffer la colère de la rue. Pour lui, le Fatah se retrouve aujourd’hui face à ses responsabilités.
"Ce qui se passe à Gaza est un tournant. Maintenant, le Fatah doit faire un choix historique. Il doit regarder la réalité en face et il faut pour cela qu’ils changent totalement de politique. Il faut que le Fatah fasse quelque chose pour changer cette réalité, et cela dépend de Mahmoud Abbas".


























Commentaires (1)
Couverture de la guerre sur gaza
Lorsqu'on est journaliste ça ne nous grandit pas de parler comme les porte-paroles militaires israeliens. Un peu de probité peut être salutaire. De l'autre coté, votre couverture pourra vous garantir un belle carrière, de beaux postes en perspective. Mais il y a des noms qu'on oublie vite. L'histoire a horreur de la médiocrité !!