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Les conditions du cessez-le-feu

©

Texte par Lorena GALLIOT

Dernière modification : 16/01/2009

Après que Salah al-Bardawil, porte-parole du Hamas, ait accepté les grandes lignes du plan de cessez-le-feu égyptien, le diplomate israélien Amos Gilad s’est rendu au Caire pour discuter du plan.

Après des semaines de bombardements et de raids incessants dans la bande de Gaza, un plan de cessez-le-feu égyptien semble prendre forme au fil des négociations. Le haut responsable du ministère de la Défense, Amos Gilad, s’est rendu au Caire pour entendre la "vision" du Hamas pour un cessez-le-feu. Cependant, un accord est encore loin d’être acquis.


A première vue, les conditions posées par Israël et par le Hamas pour l’adoption d’un plan de paix dans la bande de Gaza paraissent impossibles à concilier. Israël affirme que son armée n’arrêtera pas son offensive tant que les tirs de roquettes contre le sud d’Israël ne cesseront pas, ce que le Hamas ne semble pas enclin à faire. L’Etat hébreu exige aussi des garanties internationales pour que soit mis en place un système efficace visant à éradiquer le trafic d’armes via la frontière avec l’Egypte.


L'Egypte contre une présence étrangère à sa frontière


De son côté, le Hamas plaide pour la fin du blocus sur la bande de Gaza, instauré depuis juin 2007, lors de sa prise du pouvoir dans cette zone. Le mouvement islamiste demande également l’ouverture des points de passage, principal point de contention l’année dernière entre le Hamas et Israël. C’est justement ce sujet qui avait poussé le groupe islamiste à mettre un terme, le 19 décembre dernier, à la trêve de six mois et qui a conduit, par la suite, au lancement de l'opération "Plomb durci" par Israël le 27 décembre.


Le plan du président égyptien Hosni Mubarak, élaboré avec son homologue français Nicolas Sarkozy, et lancé le 6 janvier, appelle à "un cessez-le-feu immédiat et l’acceptation du retrait" des forces israéliennes de la bande de Gaza, impliquant un retrait progressif. Le texte propose aussi de discuter pour déterminer les conditions de la réouverture des points de passage frontaliers de Gaza. Il évoque notamment la possibilité d’observateurs étrangers (mais pas de troupes) le long de la frontière avec l’Egypte pour empêcher la contrebande d’armes.


Alors que l’Egypte a fermement rejeté la présence d’une force étrangère le long de son territoire, une source diplomatique égyptienne a déclaré, à l’AFP, qu’“il existe une possibilité de surmonter [le problème de contrebande d’armes] sans force internationale”, qui consiste pour l’Egypte à s’engager à faire “des efforts sérieux et constants” à la frontière. Les Etats-Unis et l’Allemagne ont fourni les compétences et l’équipement pour détecter les tunnels. Un mémorandum entre les Etats-Unis et Israël sur la sécurité et la coopération des services secrets pour contrer la contrebande d’armes pourrait être signé dès vendredi.


Le Hamas cède-t-il ?


A travers les propos du porte-parole du Hamas Salah al-Bardawil, mercredi, selon lesquels son mouvement a accepté les grandes lignes du plan égyptien, les médias israéliens pensent que le Hamas est finalement en train de céder sous l’intense offensive israélienne. Certains observateurs y voient aussi un signe d’une division idéologique entre le clan du Hamas en Syrie, conduit par Khaled Meshaal et habituellement moins enclin à la paix, et le principal organe du mouvement à Gaza, conduit par Ismaïl Haniyeh.



Pour Sophie Pommier, analyste géopolitique pour le Proche et le Moyen-Orient, “Israël est bien loin de son but qui est d’anéantir le Hamas. A l’inverse, le Hamas semble maintenant être la seule vraie voix de la résistance palestinienne, donnant au Fatah une non-existence virtuelle à travers ce conflit”.



“Pour l'instant, chaque déclaration d’Israël ou du Hamas est avant tout tactique, et doit être prise avec précaution. Bien sûr, ils ne peuvent pas laisser les gens de Gaza souffrir indéfiniment, mais aucun parti n’est vraiment prêt à poser les armes”, indique Sophie Pommier, ajoutant que les déclarations du Hamas ne sont pas vraiment claires, sur le fait qu’il accepte ou pas le plan ou s’il campe sur ses positions. “Il veut encore négocier pour arriver à la fin du blocus israélien sur la bande de Gaza”, indique-t-elle.



De mëme, Israël a indiqué qu’il n’accepterait pas de trêve permettant aux islamistes palestiniens de se regrouper et de se réarmer. “On maintient la pression militaire sur la machine militaire du Hamas” , commente Mark Regev, un porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert, ajoutant qu’”en même temps, [la délégation israélienne au Caire] est en train de discuter des paramètres de la fin du conflit que nous voulons voir le plus tôt possible.”



Depuis qu’Israël a lancé son offensive le 27 décembre, au moins 1 065 personnes ont été tuées et 5 000 autres blessées à Gaza, selon des sources médicales à Gaza. Parmi les victimes, on dénombre au moins 355 enfants, 100 femmes, 117 personnes âgées et 12 médecins, précisent-elles.



Côté israélien, dix soldats et trois civils sont morts, victimes de tirs de roquettes.



Traduit par Ségolène Allemandou

 

Première publication : 16/01/2009

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