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FRANCE

Le parrain Francis Mariani tué dans l'explosion d'un hangar

Dernière modification : 18/01/2009

Francis Mariani, l'un des piliers du gang bastiais de la "Brise de mer", est l'une des deux victimes de l'explosion d'un hangar, lundi, près d'Aléria en Haute-Corse. Les enquêteurs ignorent s'il s'agit d'un règlement de compte.

AFP - Francis Mariani, fiché au grand banditisme et en fuite depuis mars 2008, a été identifié comme l'un des deux hommes tués dans l'explosion lundi d'un hangar en Haute-Corse, sur la commune d'Antisanti près d'Aléria, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.
   
L'identité de la deuxième victime a également été établie. Il s'agit de Charles Fraticelli, une connaissance de Mariani, et gérant d'une papeterie-magasin de souvenirs à Aléria. Contrairement à Mariani, ce sexagénaire n'a pas de casier judiciaire. Il n'était pas connu non plus pour un engagement nationaliste.
   
C'est l'analyse des ADN et de la dentition des victimes qui ont permis notamment d'établir ces identifications, a-t-on ajouté de mêmes sources.
   
Dès mardi, l'entourage de la famille Fraticelli avait fait part de sa certitude que celui-ci était une des deux victimes du hangar soufflé par l'explosion et ravagé par un incendie, même si aucune confirmation n'avait pu être obtenue de source proche de l'enquête.
   
Le nom de Francis Mariani, 59 ans, considéré par les milieux judiciaires et policiers comme un membre du gang bastiais de la "Brise de mer", du nom d'un café du port, avait été évoqué jeudi dans plusieurs médias.
   
Le procureur général de Bastia Paul Michel avait indiqué à la radio France Bleue Frequenza Mora que l'hypothèse de sa mort pouvait être considérée comme "une piste sérieuse". De son côté, l'avocat de Mariani, Me Lionel Moroni, sans nouvelle de son client, s'était plaint de "rétention d'informations" de la part des autorités judiciaires, malgré la détresse de la famille Mariani laissée dans l'incertitude sur le sort de son parent.
   
Mariani avait comparu en mars 2008 devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence pour association de malfaiteurs en vue de l'assassinat en 2001 d'un jeune militant nationaliste, Nicolas Montigny. Il avait été condamné dans cette affaire à 7 ans de réclusion mais au dernier jour de son procès, il ne s'était pas présenté à l'audience et était depuis en cavale.
   
Avec la confirmation de la mort de Francis Mariani, la piste d'une "activité terroriste qui aurait mal fini", évoquée parmi d'autres, dans un premier temps, semble écartée au profit de celle du grand banditisme.
   
Lors de l'audience solennelle de rentrée, le procureur général Paul Michel, avait dressé il y a une semaine un bilan contrasté de la délinquance en Corse en 2008 avec un recul du terrorisme mais une hausse de la criminalité.
   
La 14e section du parquet anti-terroriste de Paris devrait désormais se dessaisir au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille compétente en matière de grande criminalité et du parquet local.
   
Reste à savoir si les deux victimes ont été la cible d'un règlement de compte déguisé en accident ou si elles manipulaient elles-mêmes des engins explosifs.
   
"Toutes les thèses sont envisagées et envisageables" mais, à cette étape, "parler de règlement de compte, c'est faire du roman", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Première publication : 16/01/2009

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