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Amériques

L'hommage des Américains à Martin Luther King

Vidéo par Jean Bernard CADIER

Texte par Leela JACINTO , envoyée spéciale à Washington

Dernière modification : 20/01/2009

À la veille de l’investiture de leur premier président noir, les États-Unis commémorent la mémoire de Martin Luther King. Mais le rêve de King, un pays qui ignore la couleur de peau, a-t-il été réalisé ? Les statistiques disent que non.

Face à la marée humaine mobilisée pour l’investiture présidentielle où de nombreuses vedettes sont présentes, Matt Jacobson se souvient d’une autre manifestation qui a lieu à Washington 46 ans plus tôt, lors du discours historique de Martin Luther King, "I have a dream".

 

“Le rêve s’est réalisé”, déclare Jacobson. Cet homme de 75 ans vit à Washington, mais est né et a grandi en Caroline du Nord.

 

Il se souvient de son enfance dans un Sud ségrégationniste, où les lois électorales étaient ouvertement discriminantes contre les électeurs africains-américains. Aujourd’hui, il s’émerveille du choix fait par son pays. "Ceci, déclare-t-il en désignant la foule, c’est le rêve du révérend Martin Luther King."

 

Les Etats-Unis commémorent le Martin Luther King Day, chaque lundi qui suit le 15 janvier, date de l’anniversaire du révérend. Et cette année, ce jour tombe la veille de l’investiture de Barack Obama, le premier président noir des Etats-Unis. Une coïncidence qui rajoute une bonne dose de symbole à ce nouveau chapitre de l’histoire des Etats-Unis.

 

 Un candidat “post-racial”

 

 Pendant la campagne présidentielle, on a souvent considéré Obama comme le signe d’une Amérique "post-raciale".

 

Né d’une mère américaine, blanche, et d’un père kenyan, Obama a un héritage racial mixte. Mais s’il a, sans la moindre ambigüité, adopté une identité noire, les experts remarquent qu’il n’a que rarement fait référence aux épisodes les plus sombres de l’histoire de la société américaine, préférant un discours conciliant sur l’unité nationale.

 

Selon Ronald Walters, professeur de sciences politiques à l’université du Maryland, “Obama a tenté de mener une campagne neutre du point de vue de la race. Il a tout fait pour laisser la race en dehors de la photo."

 

Pour Leland Ware, professeur à l’université du Delaware, le choix d’Obama était “approprié”. Si Obama avait fait de la question de la race un de ses thèmes de campagne, il aurait été perçu comme "un candidat noir, ne représentant que la communauté noire".

 

Ronald Walters, qui fut directeur de campagne du révérend Jesse Jackson lors de ses deux tentatives présidentielles, note que ses campagnes de 1984 et 1988 étaient "largement perçues comme un moyen de renforcer la communauté africaine-américaine". Avec la victoire d’Obama, Ronald Walters pense que "le pays pourrait se diriger vers une nouvelle ère de l’Histoire."

 

“La ville chocolat” fière de son identité noire

 

Si, sur la question raciale, la campagne d’Obama est restée neutre, sa victoire dans la course à la Maison Blanche a été perçue comme l’avènement d’un Noir, que la communauté africaine-américaine ne manquera pas de célébrer lors de l’investiture, le 20 janvier.

 

Washington DC est parfois appelée la "ville chocolat" ("Chocolate City"), en référence à la majorité africaine-américaine qui y réside et à la fierté dans son identité noire.

 

Et depuis quelques jours, la "ville chocolat" s’exprime. Un bar du centre de Washington propose, par exemple, un mélange spécial de rhum, de cannelle et de caramel appelé le cocktail "rêve". Dans toute la ville, on peut voir des t-shirts et des installations artistiques montrant Obama en compagnie de Martin Luther King.

 

Mais, comme le reste du pays, la "ville chocolat" reste en proie aux divisions. Au cœur de la capitale, les élites gouvernantes du pays évoluent dans un monde à part, bien loin des îlots à majorité noire.

 

L’œuvre inachevée du mouvement des droits civiques

 

En termes d’éducation et d’accès à l’emploi, les Africains-Américains restent à la traîne derrière leurs compatriotes blancs.

 

Selon "Unis pour une économie juste", une étude publiée la semaine dernière par un centre de recherches basé à Boston, 11,9 % des Africains-Américains étaient sans emploi en décembre 2008, alors que la moyenne nationale est de 7,2 %. Quelque 32,8 % des jeunes noirs sont au chômage. Un taux qui n’est "que" de 18,3 % chez les jeunes blancs.

 

De surcroît, l’étude montre que 24 % des Noirs aux Etats-Unis vivent dans la pauvreté alors qu’ils ne sont que 8 % parmi les Blancs.

 

Selon Troy Jackson, pasteur à l’église chrétienne de l’université de Cincinnati et auteur de "Devenir King", cette réalité n’est malheureusement pas près de changer.

 

“Lors des débats présidentiels, la classe moyenne était au centre de l’attention, remarque Troy Jackson. Mais tout ce qui concerne les pauvres ne présente pas un grand intérêt aux yeux des politiques", ajoute-t-il.

 

Pour Ronald Walters, le mouvement des droits civiques devrait lutter pour la réduction de la pauvreté au sein de la communauté noire. "Ce n’est pas quelque chose que le président peut faire, car une fois dans le Bureau Ovale, il aura différents agendas à respecter, explique-t-il. C’est au mouvement des droits civiques de faire en sorte que cette question soit à l’ordre du jour."

 

En d’autres termes, à la veille de l’investiture du premier président noir des Etats-Unis, le rêve de Martin Luther King est toujours en cours de réalisation.


 

Première publication : 19/01/2009

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