L'immigration espagnole est récente (à la fin des années 1990, sont arrivés les premiers immigrés - les Équatoriens). Elle est venue combler un manque de main-d'œuvre lors des années florissantes de l'économie espagnole. Aujourd'hui, avec la crise de la construction et la crise financière, les travailleurs étrangers trinquent au premier chef (17 % sont au chômage). Dans ce contexte, le gouvernement Zapatero a opéré un revirement total et propose la "directive retour", censée inciter les immigrés à rentrer chez eux. Ce qui ne marche pas : seuls 700 individus se sont portés volontaires en trois mois.
La neige persiste dans ce parc, au nord de Madrid. Mais des centaines de Latino-Américains bravent le froid pour se rendre à ce marché clandestin, le rendez-vous dominical de leur communauté… Avec la crise, ces femmes sont de plus en plus nombreuses à venir vendre leurs plats typiques. Marina, vendeuse équatorienne, raconte : "J'ai un travail, mais je suis très mal payée. C'est de l'ordre de 300 à 400 euros par mois. C'est pour cela qu'on travaille les week-ends, qu'on est là à vendre nos plats… Pour pouvoir continuer à vivre."
En 2008, la crise a jeté sur le pavé 623 000 travailleurs immigrés. Les temps ont changé, la politique du gouvernement aussi. Les étrangers extracommunautaires se voient proposer un deal : percevoir toutes leurs indemnités chômage, c’est-à-dire 10 000 euros en moyenne. En échange de quoi ils retournent dans leur pays et s'engagent à ne pas revenir pendant trois ans.
Mais cette aide au retour n'a séduit que 700 personnes dans toute l'Espagne. Il n'est pas question, pour la plupart de ces Latinos, de partir. Raul Jimenez, porte-parole de l'association équatorienne Ramiñahui, explique : "Il y a beaucoup de gens qui ont des dettes, des emprunts contractés dans des banques, des hypothèques… Et il faut bien payer ces dettes ! Au début, les gens ont cru qu'en ayant cette aide au retour et en vendant leur appartement, ils pourraient accumuler une somme suffisamment importante pour monter leur affaire en Equateur. Le problème, c'est que la crise est partout : en ce moment, on ne peut pas vendre un appartement et on ne peut donc pas payer ses dettes !" À Coslada, en banlieue de Madrid, la Plaza del Sol est surnommée "la place des Roumains".
Venus massivement en Espagne pour travailler dans la construction, ces travailleurs sont tous sans emploi. Membres de l'Union européenne, ils ne bénéficient d'aucune aide pour repartir. C'est le cas de Florin, sans emploi : " On reste un peu ici pour voir si on peut retrouver du travail. Sinon, on rentre en Roumanie."
Eugeniu, également sans emploi, explique : "Pour ma fille, qui est étudiante, il me faut 300 euros par mois. En Roumanie, justement, mon salaire mensuel serait seulement de 200 ou 300 euros. Donc, on attend un peu ici, en Espagne." Reste que les 800 000 Roumains vivant en Espagne peuvent espérer de réelles opportunités.
Grâce à l'entrée dans l'Union européenne, la croissance de la Roumanie pourrait être, selon les prévisions, de 3,5% en 2009. Miquel Fonda, président de l'association Fedrom, indique : "Il y a entre 60 et 80 000 Roumains au chômage en Espagne. La moitié est déjà rentrée en Roumanie." En Espagne, cette année, le taux de chômage pourrait atteindre 15 % : un taux deux fois plus élevé qu'en 2007. Les travailleurs immigrés sont les premières victimes de ces nouvelles pertes d'emplois.



















Commentaires (1)
chomage en espagne
la crise mise a part , si il reste encore longtemps zapatero au gouvernement , le chomage ateindra 30 % , politiquement il est mediocre et economiquement c'est un incapable