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EUROPE

Le député auteur d'un film anti-islam poursuivi pour incitation à la haine

Dernière modification : 21/01/2009

Un tribunal d'Amsterdam vient d'engager des poursuites pour incitation à la haine et à la discrimination contre le député néerlandais d'extrême droite et réalisateur de "Fitna", un film censé prouver le caractère "fasciste" de l'islam.

AFP - Un tribunal d'Amsterdam a ordonné mercredi au parquet d'engager des poursuites pour incitation à la haine et à la discrimination contre le député d'extrême-droite néerlandais Geert Wilders, réalisateur du film anti-islam Fitna.

La cour d'appel d'Amsterdam a "ordonné la poursuite du parlementaire Geert Wilders pour incitation à la haine et à la discrimination", indique le tribunal dans un communiqué.

"La cour estime qu'il a été prouvé que des croyants musulmans ont été insultés par des comparaisons de l'Islam avec le nazisme faites par Geert Wilders", poursuit le communiqué.

Geert Wilders, 45 ans, fondateur et chef du Parti de la liberté (PVV, 9 députés sur 150), avait mis en ligne en mars 2008 un film de 17 minutes intitulé "Fitna" (discorde en arabe). Le film était destiné à montrer ce qu'il considère comme le caractère "fasciste" du Coran, livre dont il a demandé l'interdiction et qu'il a comparé au "Mein Kampf" d'Hitler.

Des dizaines de plaintes avaient été déposées. Mais le parquet national des Pays-Bas avait annoncé le 30 juin 2008 que le film de Geert Wilders, comme ses déclarations à la presse en marge de sa diffusion, n'étaient pas de nature à justifier des poursuites.

Le parquet avait estimé que les déclarations du député sur les musulmans s'inscrivaient "dans le cadre du débat public". Des plaignants avaient alors fait appel.

M. Wilders a réagi mercredi en qualifiant la décision de la cour d'"atteinte à la liberté d'expression". "Le leader du PVV est désormais poursuivi pour ses opinions et ses propos", peut-on lire sur le site internet de son parti.

Aux Pays-Bas, "on encourt des poursuites en exprimant son opinion", affirme-t-il: "participer au débat public est devenu une activité dangereuse".

Malgré des appels des responsables néerlandais, qui craignaient une crise internationale comparable à celle des caricatures danoises de Mahomet, et des menaces contre les Pays-Bas, Geert Wilders avait mis Fitna sur un site internet, aucune chaîne de télévision n'acceptant de le diffuser.

Le film n'avait suscité que l'indifférence aux Pays-Bas et provoqué l'indignation de certains pays du monde musulman.
 

Première publication : 21/01/2009

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