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De l’Alabama à Washington

Vidéo par Guillaume MEYER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/01/2009

Avant Obama, d'autres avaient ouvert la voie à l'émergence de dirigeants issus de la communauté noire. C'est le cas de James Fields dont l'élection en Alabama, dans ce qui fut un fief du Ku Klux Klan, a été à l'époque très commentée.

Cullman County : c'est ici que l'élu local James Fields a passé la plupart de son existence. Il nous fait visiter la circonscription qu'il représente depuis un an au Parlement de l'Alabama. Ici, l'élection de James Fields avait elle aussi constitué un événement historique.

 

Descendant d'esclaves, il représente désormais une petite communauté qui n'avait jamais élu un Noir. D'ailleurs, à Cullman, 97 % de la population est blanche.

 

Son succès, James Fields l'a construit sur sa proximité avec les habitants d'une région qu'il n'a jamais vraiment quittée.

 

Ici, tout le monde connaît "M. le représentant". Son élection fait même la fierté de certains habitants.

 

Malgré une communauté apparemment conquise, tout le monde n'a pas vu d'un bon œil la candidature de James Fields. À commencer par l'un de ses meilleurs amis, sénateur démocrate, convaincu que sa couleur de peau serait un obstacle infranchissable et que la bataille était perdue d'avance pour le parti.

 

Des doutes, James Fields en a eu lui aussi. Il a, en fait, mis des années avant de franchir le pas et de se lancer en politique. Et il y avait peut-être de quoi douter.

 

L'ombre du Ku Klux Klan


Derrière son caractère paisible, Cullman cache en effet une réalité moins rose. L'ombre du Ku Klux Klan flotte encore sur la région. Jusque dans les années 1980, il y avait un camp d'entraînement secret dans les forêts aux alentours. Aujourd'hui encore, le Klan n'a pas entièrement disparu.

 

Certains habitants ont par exemple reçu sous leur porte, il y a quelques mois, un document, signé par le KKK, qui conseille aux habitants de Cullman de se méfier des étrangers parmi eux.

 

Si le Ku Kux Klan semble aujourd'hui marginalisé, le patriotisme sudiste existe toujours. Le drapeau confédéré flotte toujours devant quelques maisons.

 

Pour de nombreux Américains, ce drapeau rappelle la guerre de Sécession, lorsque le Sud a préféré entrer en guerre avec le Nord plutôt que d'abolir l'esclavage.

La nuit tombe, mais Monsieur le représentant est toujours au travail, à l'écoute de ses administrés. Ce soir, il a tout d'abord rendez-vous à la brigade des pompiers volontaires. Ils ont besoin d'une nouvelle ambulance, après un accident il y a quelques mois, et ont demandé à rencontrer James Fields, pour recevoir une aide de l'État.

 

Dans l'assistance, tout le monde est Blanc. Une promesse, quelques poignées de main et tout s'arrange.

 

Mais la soirée n'est pas finie pour ce travailleur infatigable. Plus loin, par exemple, c'est une école reculée qui a besoin d'argent.

 

Ici, on a voté massivement McCain en novembre, et on n'a pas l'habitude d'écouter un Noir représentant l'autorité gouvernementale. Mais, semble-t-il, on apprécie beaucoup James Fields.

 

En apparence, être Noir en 2009 à Cullman ne poserait aucun problème. Mais, sur la route du retour, nous nous égarons sur une route de campagne et la peur refait surface.

 

James Fields refuse de frapper à une porte pour demander son chemin. Le Sud n'a peut-être pas encore éradiqué tout ses démons.

 

Première publication : 23/01/2009

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