Dernière modification : 26/01/2009 

- Bolivie - Evo Morales - Révision constitutionnelle


Les Boliviens se prononcent sur une nouvelle Constitution
La Bolivie a voté ce dimanche par référendum pour adopter une nouvelle Constitution. Le texte accorde une place inédite aux communautés indigènes. En cas de victoire du oui, le président Evo Morales pourra briguer un second mandat.
Julien FANCIULLI (vidéo)

AFP - Les Boliviens ont commencé à voter dimanche par referendum, à l'appel du président indigène Evo Morales, pour adopter une nouvelle Constitution, destinée à donner une place prépondérante aux communautés indigènes, à la justice sociale et au rôle de l'Etat.

Une victoire du "oui" permettrait à Evo Morales d'entreprendre des changements profonds et de briguer un nouveau mandat fin 2009.

Quatre millions de boliviens se rendent obligatoirement dans les bureaux de vote qui ont ouvert dans le calme à 8H00 locale (12HOO GMT) et fermeront à 15H (20H GMT). Les résultats devraient être connus dans la soirée.

"Le peuple bolivien dira s'il soutient, approuve ou non, ce que nous avons réalisé jusqu'à maintenant", a déclaré le président socialiste, premier chef d'Etat bolivien d'origine indigène, en avertissant que les changements seraient "irréversibles".

Le projet de nouvelle Constitution de la Bolivie (10 millions d'habitants), qui donne un large espace au monde indigène aymara et quechua, renforce aussi les pouvoirs et prérogatives de l'Etat notamment sur les ressources naturelles.

Ce projet prévoit que l'Etat bolivien se séparera de l'Eglise catholique en devenant "indépendant" des religions, qu'il reconnaît toutes mais sans statut particulier pour l'une d'entre elles.

Toutefois, les gouverneurs des régions de Santa Cruz (est), Chuquisaca et Tarija (sud) et Pando au nord ont appelé à voter pour le "non", jugeant trop faible la place accordée aux autonomies régionales.

Ruben Costas, le puissant gouverneur de Santa Cruz, la capitale économique du pays, a qualifié le projet de Constitution de "totalitariste".

Le texte initial, qui a fait l'objet d'âpres négociations au sénat entre l'opposition de droite et le gouvernement socialiste, a été largement remanié. Plus de 150 articles sur 400 ont été modifiés pour que le sénat, dominé par la droite, accepte de convoquer le referendum.

Elu en décembre 2005 avec 53% des voix, le président Morales a été ratifié par 67 % des voix lors d'un referendum révocatoire en août dernier.

Mais les polémiques autour du projet de constitution ont mis la Bolivie (10 millions d'habitants), pays le plus pauvre d'Amérique du sud, au bord de la guerre civile en septembre 2008.

Des hommes de main avaient massacré à Pando (nord) au moins 12 paysans, partisans du chef de l'Etat.

Le calme est revenu dans l'ensemble du pays andin après trois années de tensions et de violences entre partisans indigènes du président et opposants conservateurs et modérés prônant une plus grande autonomie des régions les plus riches, notamment Santa Cruz et Tarija qui recèlent les grands gisements d'hydrocarbures.

La campagne électorale a été peu suivie, le gouvernement étant pratiquement assuré de remporter le referendum, selon les analystes.

Si le "oui" l'emporte, M. Morales convoquera des élections générales en décembre 2009. Il pourra être élu une seule fois à la présidence pour un nouveau et dernier mandat de cinq ans (2010-2015).

Quatre millions d'électeurs sont appelés à voter et les 2.700 bureaux sont surveillés par 200 observateurs de l'OEA (Organisation des Etats américains), de l'Unasur (Union des nations sud-américaines) et de l'Union Européenne.

Les électeurs devront aussi se prononcer sur la taille maximum autorisée pour les grandes exploitations agricoles: 5.000 ou 10.000 hectares. La polémique sur la réforme agraire est retombée, la droite ayant obtenu que la future loi ne soit pas rétroactive.

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