Dernière modification: 12/02/09
La BD politique sud-africaine débarque à Angoulême
Alors que la BD socialement et politiquement engagée a le vent en poupe, le collectif Bitterkomix est une révélation au festival d'Angoulême : une critique acerbe de la société post-apartheid, portée par trois jeunes auteurs.
Les premiers numéros de la revue "Bitterkomix" sortent en 1992, un album "Gif" est publié deux ans après... et fait scandale. Anton Kannemeyer et Conrad Botes ont décidé de mettre à mal les tabous de la société sud-africaine : son conservatisme social, sa religion dominante, son racisme omniprésent, ses non-dits sexuels. La revue est d'abord censurée. Elle devient vite culte.
Alors même que les récits politiques et sociaux, font l'objet d'un regain d'intérêt dans la BD européenne et américaine, surgit ce drôle de collectif, Bitterkomix (littéralement "bande dessinée amère"), descendant direct de la bande dessinée choc des années 1970, dans un pays qui n'a pas de véritable tradition du 9e art. Autobiographique ou historiographique, au dessin lisse et "européen" ou charbonneux et dense, dévoilant la réalité crue de la société ou illustrant rêves et fantasmes, toutes la variété possible de la bande dessinée à message y passe.
"Non seulement les travaux de Bitterkomix nous ramène intacte la force de scandale qui les met à l'index dans leur pays, mais ils y ajoutent une belle leçon pour nous, Occidentaux : oui, la bande dessinée peut (...) mettre en question les rouages de la société et semer le désordre", écrit Jean-Christophe Menu, membre fondateur des éditions L'Association, en préface d'un album consacré aux dix ans de Bitterkomix.
Rencontre avec trois têtes pensantes de la BD underground sud-africaine.

























