Dernière modification : 04/02/2009 

- Crise financière - Davos - Économie mondiale


Nouriel Roubini, professeur d'économie à l'université de New York
Stéphanie Antoine a rencontré Nouriel Roubini lors du Forum économique de Davos. Professeur à l'université de NewYork, il décrypte les différents plans de relance et propose des solutions de sortie de crise.
Par Axelle SIMON (texte)

"Le plan B sera un plan de nationalisation des banques"

Il y a un an, il avait prédit la crise. Aujourd'hui, il prévoit une récession historique aux États-Unis. Pour le professeur d'économie à l'université de New York, lorsqu'il y aura une reprise, elle sera faible et elle ne permettra pas de limiter les pertes d'emploi. Le chômage devrait ainsi continuer à progresser au moins jusqu'en 2010.

Nouriel Roubini estime que le plan de relance de plus de 800 milliards de dollars proposé par Barack Obama est nécessaire mais insuffisant. Nécessaire, car la demande intérieure et les investissements s'effondrent. Et parce qu'il est urgent de nettoyer les bilans des banques des actifs toxiques et de résoudre les problèmes d'endettement dans le secteur immobilier. Insuffisant, car les mesures fiscales et les mesures d'incitation à la consommation ne sont qu'un aspect du problème, et ne visent pas à réformer le système financier.

L’universitaire revient aussi sur la proposition qui a été faite aux Etats-Unis de créer une "Bad Bank", littéralement une "mauvaise banque" qui viendrait regrouper les actifs toxiques des institutions financières pour les purger du système financier. Pour lui, c'est une mauvaise idée. En cela, il rejoint d'autres économistes qui se sont prononcés sur la question, comme le prix Nobel de l'économie de 2001, Joseph Stiglitz.

Certaines institutions financières ont été nationalisées de fait, puisque le gouvernement apporte des liquidités et des garanties. La nationalisation effective serait donc la prochaine étape.

Concernant l'Europe, il retient que les banques européennes sont dans une situation contrastée, notamment entre les banques britanniques et allemandes. Les plans de relance sont encore insuffisants, et il estime que la Banque centrale européenne devrait réduire encore ses taux afin de rendre le crédit encore moins cher.

Il revient enfin sur les mesures de relance et de soutien des Etats-Unis. Le protectionnisme est un risque aux Etats-Unis, en Chine et en Inde : il fait perdre des emplois au sein de leurs propres économies, mais également dans les autres pays. Il existe en outre des menaces avérées de "guerre commerciale".

Le G20 doit constituer l'enceinte pour élaborer la politique économique mondiale, puisque le G7 est devenu obsolète, car trop peu représentatifs des acteurs en présence sur la scène économique mondiale.

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