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Afrique

Journée de "zéro tolérance" contre l'excision

Texte par Lorena GALLIOT

Dernière modification : 27/10/2009

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'excision, une conférence à Paris dénonce la souffrance et l'humiliation que la pratique de l'excision inflige à 150 millions de femmes à travers le monde, majoritairement en Afrique.

Les participants à la conférence-débat contre l’excision sont unanimes, et leur message est clair : pour mettre fin à l’excision, tout reste à faire. "Cela fait 20 ans qu’on milite. Les jeunes, c’est à vous !", lance l’avocate Linda Weil-Curiel à la poignée de jeunes filles africaines dans l’assistance, majoritairement composée de militantes de longue date. Pour maître Weil Curiel, qui a obtenu dans les années 90 les premières peines de prison ferme contre des exciseuses exerçant clandestinement en France mais aussi contre des parents qui organisaient l’excision de leurs filles, le bilan est plus mitigé. Elle trouve la justice française redevenue trop clémente au nom d’un respect des "cultures différentes". "Il n’y a pour moi aucune différence entre une fillette noire et une fillette blanche : la mutilation reste la même, et c’est un crime interdit par le code pénal. "

 

"Les gouvernements ont trop peur de leur électorat"

Le chirurgien Pierre Foldès, qui a mis au point une technique qui consiste à récupérer la partie intacte du clitoris enfouie dans le vagin pour reconstituer les teminaisons nerveuses externes de l’organe, résume ainsi le débat : "Il ne s’agit pas d’opposer des ‘idées de Blanc’ à des ‘idées de Noirs’. Il s’agit de mettre fin à une réalité épouvantable où 1/5 des femmes africaines entre 14 et 22 ans meurent en couches." Il explique que la cicatrice grossière laissée par l’excision sur l’orifice vaginal est beaucoup plus susceptible d’être gravement déchiré durant l’accouchement qu’un vagin "entier". Selon lui, son rôle et celle des militants est de faire du "lobbying", pour "rendre la parole aux filles africaines" et leur montrer que leur état n’est pas une fatalité.
 

Ce qu’il faut, pour Bafing Kul, c’est donner plus d’échos aux voix qui s’élèvent contre l’excision. "Ça ne sert à rien de se tourner vers les gouvernements pour qu’ils changement les choses, ils ont trop peur de leur électorat", affirme-t-il, ajoutant que des millions ont déjà été donnés pour financer des campagnes contre l’excision qui n’ont eu que peu d’impact réel sur le terrain. "C’est aux Africains de prendre leur destinée en main", s’exclame-t-il avant d’entamer le refrain d’une de ses chansons, repris en chœur par le public : "Exciser c’est mutiler, arrêtez de mutiler !" Visiblement ému, il s’excuse d’avoir laissé échapper quelques larmes à la fin de sa chanson. "Je pensais à ma copine qui vient d’accoucher", dit-il. "Elle est Française, elle n’a pas été excisée, et pourtant elle a beaucoup souffert. Je n’ose même pas imaginer la souffrance des femmes dont le vagin n’est pas entier. Il faut que ça s’arrête."

 

Première publication : 06/02/2009