Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Ottawa: histoire d'une photo

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Toumani Diabaté, le maître de la kora, invité du Journal de l’Afrique

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

François Hollande : une déception pour la gauche ?

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Kamel Mennour, galeriste

En savoir plus

POLITIQUE

Jean-Marie Le Guen : "Le problème, c’est l’emploi"

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Un homme, une femme : la parité vue par la Génération Y

En savoir plus

POLITIQUE

Le Guen : "C’est toute l’Europe qui est malade aujourd’hui"

En savoir plus

FOCUS

Tunisie : quelle place pour l'enseignement religieux?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

FIAC 2014 : l'art contemporain célébré à Paris

En savoir plus

Moyen-Orient

Les manifestants accusent l'État de favoriser les sunnites

Texte par Alaa AL-HATHLOUL

Dernière modification : 06/02/2009

Depuis deux semaines, le Bahreïn connaît une mobilisation sociale importante. Les chiites accusent l’État de mener une politique de naturalisation massive en faveur des sunnites afin de modifier la composante démographique du pays.

Le Bahreïn est confronté à des mobilisations sociales depuis deux semaines. La plus importante manifestation a eu lieu  le 31 janvier. Les Bahreïnis sont descendus nombreux dans la rue pour contester la politique de naturalisation massive menée par l’Etat. Par des banderoles de couleur rouge, à l’instar de celle du drapeau national, ils ont dit "non à la naturalisation".

 

La naturalisation est certes légale, mais les manifestants accusent l’Etat de contourner les dispositions constitutionnelles. Pour obtenir la nationalité bahreïnie, il faut avoir résidé dans le pays au moins quinze ans pour les ressortissants arabes, et vingt-cinq ans pour les autres nationalités. Mais "le gouvernement accorde la nationalité à des étrangers qui n’ont jamais vécu à Bahreïn", se révolte Nabeel Rajab, président du Bahrain Center for Human Rights, organisation officiellement interdite depuis 2004.

 

Les nouveaux citoyens, qui proviennent principalement de Syrie, de Jordanie et du Yémen, acceptent d’autant plus volontiers leur nouvelle vie que leurs conditions s’en trouvent considérablement améliorées. "Ils bénéficient d’un logement gratuit, d’un travail, et d’une couverture médicale alors que le pays connaît d’énormes difficultés économiques", constate Nabeel Rajab. Précision non sans importance : l’armée est le principal recruteur des nouveaux Bahreïnis.

 

A la différence de ses voisins du Golfe, Bahreïn n’a connu qu’une brève opulence financière. Les étrangers représentent 50 % du marché de travail alors que le taux de chômage a été longtemps d’environ 15 %. La population a augmenté de 20% ces trois dernières années, atteignant un million d’habitants.

 
Restructuration démographique ?
 
L’arrivée des nouveaux citoyens a également provoqué de nouvelles tensions entre la majorité chiite, estimée à 75% de la population, et le gouvernement sunnite, avec à sa tête le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa.
 

L’affaire des naturalisations massives a été rendu publique en 2006. Un conseiller britannique chargé de la sécurité

stratégique auprès du gouvernement, Salah Al-Bandar, a rédigé un rapport de 220 pages. Il accuse des responsables au sein du gouvernement de truquer les résultats des élections en faveur des candidats sunnites. Il évoque également une politique qui vise à modifier la composition démographique du pays en naturalisant des ressortissants syriens, jordaniens et yéménites d’obédience sunnite. Le rapport a été envoyé aux ambassades américaine, britannique et allemande. Suite à la diffusion de ce rapport, le conseiller a été licencié.

 

Le gouvernement du Bahreïn, de son côté, s’est exprimé sur le sujet en novembre 2008. Le ministre en charge des passeports et des permis de résidence a déclaré: "Nous ne sommes pas au courant d’une naturalisation massive mentionnée dans ce rapport."

 

"Les dirigeants des monarchies (du Golfe) ne font pas confiance aux chiites, craignant qu’ils servent les intérêts iraniens dans la région", explique Radhi Al-Mosawi, rédacteur en chef adjoint du journal bahreïni "Alwaqt" (le Temps).

 
 

Première publication : 06/02/2009

COMMENTAIRE(S)