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Moyen-Orient

Ehud Barak, candidat opportuniste ?

©

Vidéo par Guillaume AUDA

Dernière modification : 09/02/2009

Taxé d'opportuniste au sein de sa propre formation politique, le ministre de la Défense israélien et chef de file du Parti travailliste entend bien récolter les fruits de l'offensive menée par Tsahal dans la bande de Gaza.

AFP - Considéré comme un fin stratège et un soldat courageux, le travailliste Ehud Barak peine à convaincre les Israéliens de lui donner une seconde chance d'être Premier ministre.

L'offensive à Gaza contre le Hamas, qu'il a préparée de bout en bout en tant que ministre de la Défense, a pourtant fait un temps oublier la déception causée lors de son bref mandat (un an et demi) à la tête du gouvernement.

Mais l'échec du sommet de Camp David en juillet 2000 avec Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne, et le président américain Bill Clinton, colle à la peau de ce petit homme rondouillard, au visage toujours poupin malgré ses 66 ans.

Deux mois plus tard, éclatait la deuxième Intifada et sa cohorte d'attentats suicide dans les plus grandes villes du pays, un comble pour Barak qui se présentait comme un "monsieur sécurité", l'héritier d'Yitzhak Rabin et le soldat le plus décoré du pays.

Neuf ans après, Barak est à nouveau perçu en Israël comme un vrai professionnel de la guerre, d'autant qu'il a su effacer la prestation de son prédécesseur au ministère de la Défense, Amir Peretz, lui aussi travailliste, jugée lamentable durant la guerre du Liban de 2006.

Depuis l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, Barak fait valoir que le coup sévère porté au mouvement islamiste Hamas entre le 27 décembre et le 18 janvier, le qualifie pour être le Premier ministre idéal.

"Certains considèrent que j'ai été un bon soldat, un bon chef d'état-major et un bon ministre de la Défense. Ils ont raison et je les en remercie. Mais moi je leur dis: je serais aussi un bon Premier ministre", affirme-t-il.

Mais la presse israélienne l'a, elle, déjà couronné prochain ministre de la Défense d'un gouvernement d'union nationale dirigé par le chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu.

Avec Barak, les travaillistes espèrent se rapprocher des 19 sièges qu'ils détiennent actuellement à la Knesset, un espoir mieux fondé qu'avant la guerre de Gaza quand les sondages les créditaient alors de moins de dix sièges.

Mis en déroute par les urnes en février 2001, Barak s'était reconverti dans le commerce international, s'enrichissant rapidement et quittant sa femme après 20 ans d'union pour se remarier avec un amour de jeunesse qui l'aurait, selon ses proches, "rendu plus humain", autrement dit plus ouvert et moins autoritaire.

Natif d'un kibboutz (village collectiviste), diplômé en physique, mathématiques et systèmes analytiques, Barak est un pur produit de l'establishment israélien.

Ancien chef du "commando de l'état-major", crème des unités d'élite de l'armée israélienne, il a notamment participé à l'assaut d'un avion de la compagnie belge Sabena détourné par un commando palestinien sur Tel-Aviv en 1972.

Chef d'état-major, il entre en politique en 1995 pour devenir ministre de l'Intérieur, puis chef de la diplomatie. Il compte alors parmi les faucons, s'abstenant ainsi en septembre 1995 d'approuver l'accord dit d'Oslo 2, étendant l'autonomie palestinienne en Cisjordanie.

Sa grande réussite, une fois Premier ministre, aura été de faire sortir sans dommage l'armée du bourbier libanais en mai 2000.

Pianiste émérite, il est aussi grand amateur de littérature et de poésie.

 

Première publication : 09/02/2009

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