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Moyen-Orient

Un siège d'avance pour Kadima, le Likoud ne s'avoue pas vaincu

©

Vidéo par Sonia DRIDI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/02/2009

Le parti Kadima remporte 28 sièges au Parlement, suivi de près par le Likoud, qui est crédité de 27 députés. Mais leurs leaders respectifs, Tzipi Livni et Benjamin Netanyahou, prétendent tous deux avoir gagné la course.

La centriste Tzipi Livni et le conservateur Benjamin Netanyahou ont tous deux crié victoire après l’annonce des résultats des législatives israéliennes. "Le peuple a choisi Kadima", a déclaré Tzipi Livni, tandis que Benjamin Netanyahou s’est dit "convaincu d'être le prochain Premier ministre". Il revient désormais au président d’Israël Shimon Pérès de choisir lequel des deux leaders politiques formera un gouvernement.

 

Les résultats officiels accordent 28 sièges au parti de Tzipi Livni (contre 29 dans le Parlement sortant) et révèle une nette percée pour le Likoud avec 27 sièges (contre 12 auparavant). Le parti d'extrême droite Israël Beitenou devient la troisième force politique du pays, avec 15 députés (contre 11 dans la précédente législature). Le Parti travailliste essuie une défaite cinglante en n’obtenant que 13 sièges (contre 19 auparavant). Enfin, le parti ultra-orthodoxe Shass obtient 11 sièges (contre 12 auparavant). La participation était de 65,2%, soit 1,7 point de plus par rapport au scrutin de 2006. Il manque encore les voix des 175 000 militaires pour avoir le décompte définitif.

 
 

Arithmétiquement, le Likoud a gagné

 

Le rapport de force politique est complexe : si Kadima arrive à une courte tête d’avance, les partis politiques sur sa ga

uche, tels que les travaillistes ou le parti Meretz sortent affaiblis du scrutin. Les partis sur la gauche de l’échiquier politique n’ont donc pas de majorité absolue. En revanche, la droite est globalement gagnante, puisque non seulement le Likoud mais également le parti Israël Beitenou ont fortement progressé. Benjamin Netanyahou peut donc compter sur 65 députés de droite, alors que Tzipi Livni ne peut s’appuyer que sur 44 députés de gauche – elle n’envisage pas d’alliance avec les 11 élus des partis arabes.

 

"Il est possible qu’un ou deux mini-partis de droite rejoigne le Likoud", prévoit Michel Gurfinkiel, spécialiste de politique israélienne à l’Institut Jean-Jacques Rousseau, interrogé par FRANCE 24. "Et le Likoud, qui n’a qu’un siège de retard, pourrait devenir arithmétiquement le premier parti."

 

A gauche, les négociations seront d’autant plus difficiles que la campagne électorale a créé des tensions. "Pour nous, Parti travailliste, c’est une défaite qui fait très mal, je l’admets", déclare sur FRANCE 24 Colette Avital, vice-présidente de la Knesset et membre du Parti travailliste. "Une grande partie des gens qui votent normalement pour le Parti travalliste et le parti de gauche Meretz ont décidé de ne pas laisser le pouvoir à Benjamin Netanyahou. Il y a eu une seule alternative posée par les partis et surtout la presse : si vous ne votez pas Livni, vous allez renforcer Netanyahou." Colette Avital dit par ailleurs qu’elle préfèrerait ne pas former de coalition avec Kadima, pour que le Parti travailliste prenne le temps de "se refaire une âme" et de "regagner la confiance du public".

 

Israël Beitenou, faiseur du roi

 

A défaut de pouvoir dessiner une coalition clairement à gauche ou à droite, il est donc fortement probable que le Likoud et Kadima finissent par former un gouvernement d’union nationale. Une issue qui était souvent évoquée durant la campagne électorale. Mais quelle que soit la couleur finale de la coalition gouvernementale, aucun Premier ministre ne pourra gouverner sans le soutien de la désormais troisième force politique, Israël Beitenou. Son chef, Avigdor Lieberman, a déclaré avoir "toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite. J'espère que nous y parviendrons". Mais il a refusé pour l’instant de donner un blanc-seing au Likoud.

 

Zalman Shoval, membre du Likoud et ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, croit qu'un gouvernement d’union nationale a toutes ses chances. "Il n’est pas clair pour le moment, si ce sera un gouvernement de centre-droit ou une grande coalition d’union nationale. Mais cette solution est préférable pour le peuple et pour Benjamin Netanyahou. Ce sera plus commode, plus avantageux pour Israël d’avoir un gouvernement représentatif des diverses vues", a-t-il déclaré sur FRANCE 24.

 

Shimon Pérès a huit jours pour choisir un Premier ministre. Or, la Constitution prévoit qu’il désigne la personne la plus à même de constituer un gouvernement. Pas forcément le parti qui a remporté le scrutin. Le futur chef de gouvernement a ensuite 42 jours maximum pour mener des négociations et former un cabinet. Le Parlement doit enfin valider ce choix.

 

Côté palestinien, des réactions diverses

Pour les Palestiniens, le signal donné par les résultats n’est pas positif. "Il est évident que les Israéliens ont voté pour paralyser le processus de paix", a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat. "Les résultats des élections indiquent qu'il n'y aura pas en Israël un gouvernement capable de faire ce qui est requis pour parvenir à la paix." Un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, estime pour sa part que les Israéliens avaient choisi les dirigeants "les plus belliqueux".

Toutefois, dans un entretien publié dans le quotidien italien "La Repubblica", le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ne semble pas inquiet de l’ascension de la droite israélienne. "Quel que soit le gouvernement, une fois qu’il sera au pouvoir, le sens des responsabilités et le pragmatisme s’imposeront ", a-t-il déclaré.
 

Première publication : 11/02/2009

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