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DOSSIERS

Le vote qui ravive l'espoir en Irak

©

Vidéo par Adel GASTEL , Hélène FRADE , Lucas MENGET

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/02/2009

Les élections provinciales irakiennes se sont déroulées sans violence notable et ont été marquées par un recul des partis religieux. Si la situation reste toutefois fragile, ce vote laisse espérer un nouveau départ pour l’Irak.

Un jour peut-être, le 31 janvier 2008 sera qualifié d’historique. A Bagdad, l’ambiance est à la bonne humeur, malgré le couvre-feu. Même les policiers sont détendus.

Dans le quartier d’Adhamiyah, il y a moins d’un an, on se battait parfois à l’arme lourde. Pour la religion, le pouvoir, ou tout simplement pour tuer. Le 31 janvier, un bureau de vote a ouvert ses portes dans l’école.

La famille Abou Ali habite ce quartier. Il est menuisier, sunnite. Elle est assistante sociale, chiite, et place beaucoup d’espoir dans ce scrutin :  "Ces élections démocratiques sont nouvelles pour nous. Il faut participer à ces élections pour que le pays se relève et que les choses s’améliorent."

 




En Irak, plus rien n’est évident

Une immense page pour contenir plus de 400 listes représentant près de 15 000 candidats aux assemblées provinciales fait office de bulletin. Le scrutin a été longuement préparé. L’Irak ne peut pas rater ces élections.

Tous les bureaux de vote n’ont pas forcément fière allure, mais tous ont été placés sous haute sécurité. Au sol, les soldats irakiens. Dans les airs, les hélicoptères américains.

Première donnée importante : le samedi 31 janvier n’a connu aucune violence notable et 51 % des Irakiens se sont rendus aux urnes. 

Il y a pourtant un envers au décor d’un jour sans violence. La veille du scrutin, trois candidats ont été abattus en pleine rue par des hommes armés et cagoulés.

Le vice-ministre de l’Émigration ne se déplace qu’escorté de 4 voitures et 12 soldats. Une protection indispensable selon lui : "Les responsables politiques sont toujours les cibles des terroristes. Il faut prendre des précautions. Si on sort seul sans escorte, on peut avoir de gros soucis. Les responsables politiques sont des symboles, et quand ils tombent (meurent, ndlr), ils causent une démoralisation et une destruction de toute la société."

La guerre civile et les crimes entre sunnites et chiites ont laissé des traces. Pas facile de se convaincre que l’autre, l’ennemi, peut devenir un simple adversaire politique. Les enlèvements et les assassinats ciblés n’ont pas pris fin.

La sécurité est une priorité des Irakiens. Avec le chômage, l’électricité, l’eau.


Des milliers de femmes candidates

Pour répondre aux critères internationaux des élections libres, l’Irak a aussi choisi la parité. Des milliers de femmes sont donc candidates. Certaines sont simplement les épouses des chefs tribaux, d'autres sont de vraies militantes.

Iman Jawad est de celles-là : "Notre liste est une liste irakienne nationale qui est contre le communautarisme dont souffre l’Irak aujourd’hui, nous ne voulons pas de quotas communautaires, nous refusons les clans, et c’est la raison essentielle pour laquelle je me suis présentée."

La candidate ne se fait aucune illusion quant aux risques de fraudes qui pourraient entacher le scrutin : "Il y a une proportion de fraude dans toutes les élections du monde et notre expérience en Irak est neuve."

Première publication : 13/02/2009

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