Dernière modification : 16/02/2009 

- Inondation - Intempéries - Maroc


Les inondations plongent la plaine du Gharb dans le désarroi
Depuis1963, il n'a jamais autant plu sur la plaine fertile du Gharb, dans le Nord-Ouest du Maroc. Conséquences : les inondations ont noyé des terres agricoles, détruit les infrastructures et plongé de nombreuses familles dans la détresse.
Par Jean-Marie LEMAIRE / Julien FÉLIX (texte)

Le ciel s’est enfin apaisé, mais le désastre reste total. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Gharb, cette plaine fertile du Centre du Maroc, ont laissé des traces.

Dans la semaine du 3 au 8 février, l’oued Beth a débordé deux fois, suivi de près par l’oued Sebou, l’un des plus importants cours d’eau du Maroc. Transformés en torrents de boue furieux, ils ont tout emporté sur leur passage. Conséquence ? Des routes détruites, 80 000 hectares de terres agricoles noyées, 2 500 familles sinistrées, des centaines de maisons balayées par les flots. Les habitants de la région ont tout perdu. "Tout ça, c’est la volonté de Dieu. Et tout ce qui vient de Dieu, il faut l’accepter", lance une vieille femme. 

Le fatalisme a cédé la place à la colère et au désordre. L’aide est bien arrivée, mais devant l’ampleur de la catastrophe, difficile de contenter tout le monde en même temps. Des protestations ont d’ailleurs dégénéré dans certaines communes laissées pour compte. "Nous n’avons plus rien, même pas une tente, s’emporte un fermier. On est pris au piège par les inondations. S’il vous plait, il faut nous aider. Il nous faut un toit pour vivre. Autrement, on va tous mourir de faim."

L’armée a été réquisitionnée pour venir en secours à la population. En tout, 10 000 couvertures, 800 tentes et 8 000 rations alimentaires ont été distribuées. S’ajoute à cela l’apport de la Fondation Mohamed V pour la solidarité.

"À présent, il faudrait vite mettre en place un programme de réhabilitation pour pouvoir d’abord reloger ces gens", explique Shible Sahbani, médecin pour la Fondation Mohamed V.

Car le pire reste à venir. Le Gharb est une région très agricole et les récoltes ont été réduites à néant. Impossible encore d’évaluer les dégâts pour l’économie de la région, mais la situation est très inquiétante.

Quant au relogement, il risque de prendre du temps. Pour l’heure, les plus chanceux ont pu trouver refuge chez des amis, tandis que les autres s’entassent dans des hangars, des tentes ou sous des bâches de plastique.

Non loin des restes de sa maison, un groupe de sinistrés a trouvé refuge dans un cimetière des environs. Ironie du sort, c’est le seul endroit qui a été épargné par la colère des éléments.

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