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Economie

General Motors et le gouvernement suédois lâchent Saab

Dernière modification : 18/02/2009

La faillite est de plus en plus proche pour le constructeur automobile scandinave Saab. Le gouvernement suédois a refusé de se porter acquéreur d'une partie de la société, malgré les menaces de son propriétaire General Motors.

AFP - L'avenir du constructeur automobile suédois Saab, abandonné au bord de la route par le géant américain General Motors et menacé d'une faillite immédiate, est plus incertain que jamais après le refus de l'Etat suédois d'en devenir propriétaire.

Le gouvernement de centre droit a répété mercredi qu'il refusait de devenir actionnaire de Saab, même s'il pourrait toujours lui accorder les garanties financières pour un emprunt de 5 milliards de couronnes (450 millions d'euros) auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI).

"L'Etat suédois n'est pas prêt à posséder des usines automobiles. (...) Nous ne jouons pas au Monopoly. (Les contribuables suédois) n'ont pas demandé de devenir propriétaire d'usines", a déclaré la ministre des entreprises Maud Olofsson lors d'une conférence de presse mercredi à Stockholm.

"Les électeurs m'ont choisi parce qu'ils veulent des crèches, des hôpitaux et des policiers. Pas pour acheter des constructeurs automobiles qui font des pertes", a-t-elle également affirmé à la radio suédoise.

General Motors, qui avait acquis Saab en deux moitiés en 1990 et 2000, a lancé une sorte d'ultimatum mardi en menaçant de placer le suédois en faillite "dès ce mois-ci" s'il n'obtenait pas d'aide du gouvernement suédois. GM, lui-même au bord du gouffre, a dit qu'il ne serait plus propriétaire de Saab d'ici la fin de l'année, et qu'il voulait en faire "une activité indépendante".

En raison des pertes chroniques affichées par Saab depuis 20 ans -le dernier bénéfice remonte à plus de dix ans, selon Saab lui même- la seule piste possible est celle d'un repreneur, explique Mikael Wickelgren, expert de l'industrie automobile suédoise et professeur à l'école supérieure de Skövde.

"Or, il n'y a pas d'acheteur pour Saab. Aujourd'hui Saab a deux choses à vendre: une marque et une usine. Mais en ce moment, personne ou presque ne cherche à acheter une usine. Ne reste donc que la marque, mais là encore il y a peu d'entreprises en bonne santé", observe-t-il.

Sans nationalisation, sans repreneur, "ils n'ont pas vraiment d'option. Les perspectives sont très mauvaises", conclut-il.

Les syndicats de Saab veulent tout de même voir du positif dans les annonces de General Motors. "Ce que nous observons aujourd'hui, c'est qu'ils ne vont pas fermer Saab immédiatement, comme certains le craignaient hier" mardi, a déclaré à l'AFP le représentant de l'influent syndicat de l'industrie IF Metall, Paul Aakerlund. "Maintenant, nous devons essayer de trouver une solution", a-t-il ajouté.

Saab, dont la baisse continue des ventes depuis plusieurs années s'est brutalement accélérée avec la crise, emploie près de 4.100 personnes dont 3.700 dans son fief de Trollhättan, dans le sud-ouest de la Suède. Près de 15.000 emplois sont menacés s'il venait à disparaître, selon les syndicats.

La marque souffre d'une gamme vieillissante, alors qu'elle avait bâti son image sur son design et ses innovations techniques, et ses ventes ont plongé de 38% au quatrième trimestre sur un an, à seulement 17.900 véhicules.

En 2008, le suédois a vendu 93.300 voitures, alors qu'il en vendait encore plus de 120.000 trois ans auparavant.

Première publication : 18/02/2009

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