Dernière modification : 23/02/2009 

- Euthanasie - Italie


Après la mort d’Eluana, l'Italie reste divisée sur l'euthanasie
L'Italie est soumise à une prise de conscience après la mort d'Eluana Englaro. Certains vont jusqu'à publier des vidéos sur Internet, en demandant le droit de mourir s’ils se retrouvent plongés dans un coma irréversible.
Par FRANCE 24 (texte)

Depuis plusieurs semaines, les vidéos d'Italiens publiées sur Internet réclamant le droit de mourir en cas de coma irréversible se multiplient. Ces initiatives individuelles font suite à la mort récente d’Eluana Englaro après 17 ans de coma. Une mort médicalement assistée, malgré les protestations de la droite gouvernementale et du Vatican, accusant les médecins d’assassinat.

Valeria Galanti, étudiante italienne, raconte  : "C’est vrai…enregistrer cette vidéo où j’ai fait part de ma volonté en cas de coma irréversible, cela a été un moment lourd de sens. Ce n’était pas simplement comme discuter d’une chose qui pourrait me sembler lointaine - parce qu’effectivement la mort, on a tendance à la considérer comme quelque chose de négatif, de tragique. Peut-être parce qu’on tente de s’en éloigner, de la garder à distance par instinct d’auto-préservation. Mais là pour la première fois, j’e me suis vraiment dit que cela pouvait aussi m’arriver, et c’est pour cela que j’ai fait cette vidéo."

Aucune valeur juridique

Selon les juristes, pourtant, ces vidéos n’ont aucune valeur légale. D’autant qu’il manque encore en Italie un cadre juridique clair sur les situations de fin de vie. Début mars, le projet de loi sur le testament biologique reviendra ici pour discussion devant le Parlement. Ce texte est destiné à interdire l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation artificielle. Un texte, soutenu par la majorité des élus nationaux et, qui empêchera de laisser mourir un patient, même contre sa volonté. "Le droit à la vie, dans notre pays, ne peut pas être remis en cause, commente le député Pier Ferdinando Casini (Union des Démocrates Chrétiens et du Centre). Il doit y avoir un ‘non’ ferme à toute forme d’euthanasie. Par contre, l’acharnement thérapeutique est une chose à laquelle nous sommes opposés."

Une division profonde

Au cœur de la cité, comme sur toutes les grandes questions de société, le Vatican fait entendre sa voix : le droit à la vie avant tout. L’église catholique est souvent accusée d’interventionnisme. Est-ce pour cela, qu’il est aussi difficile de légiférer sur ce thème en Italie ? Laura Palazzani, vice-présidente du Comité national pour la bioéthique, n’est pas d’accord : "Je ne crois pas que ce soit le cas. Récemment l’Eglise s’est même ouverte à l’idée d’une loi. Au début elle était totalement opposée à l’idée même d’un testament biologique. Actuellement, il y a une ouverture vers la possibilité de déclarer à l’avance sa volonté sur les traitements médicaux."

Reste que pour de nombreux laïcs, ce projet de loi est dangereux. Emma Bonino, sénatrice du Parti Radical, nous dit : "Il y avait une époque où l’avortement, par exemple, se faisait en France ou en Hollande. Et maintenant on risque franchement un tourisme mortuaire, ou la continuation de la clandestinité." Le débat sur Eluana et le droit de mourir divise profondément. Sur des lignes religieuses et morales, plus que politiques.

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