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La guerre oubliée du sud thaïlandais

Vidéo par Solomon KANE , Cyril PAYEN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/03/2009

Plus de 3 000 personnes sont mortes dans le sud de la Thaïlande ces cinq dernières années, victimes de la guerre qu'y mène Bangkok contre une guérilla musulmane dont certains vont jusqu’à mettre en doute l’existence.

Loi martiale renforcée, attaques quasi-quotidiennes : dans le sud de la Thaïlande se déroule une drôle de guerre depuis plus de cinq ans. Bangkok y a dépêché plus de la moitié de ses effectifs armés pour y combattre une guérilla islamiste, que certains qualifient de « fantôme ».
 

 

En effet, aucune revendication claire n’est jamais parvenue aux autorités thaïlandaises. Et ces activistes n’ont pas de représentants bien définis même si, sur place, on les désigne sous l’appellation RKK, soit Runda Kumpulan Kenci ou « Petite unité combattante ».
 

 

Assassinats et tortures
 

 

Si certains mettent en doute l’existence même de cette guérilla sans visage, les morts, eux, sont bien réels. En cinq ans, 3 600 victimes ont été recensées, la plupart étant des civils. Et depuis 2007, le sud, musulman, dénonce l’augmentation des assassinats par l’armée thaïlandaise et les recours, de plus en plus fréquents, à la torture. « Nous avons reçu à ce jour au moins 77 plaintes pour torture», affirme ainsi Preeda Tongchumnum, avocate pour le Conseil des avocats musulmans. De son côté, l’armée nie. « Je vous assure qu’il ne s’agit pas d’une stratégie délibérée », lâche le colonel Parinya Chaidulok.
 

 

Alors que ce conflit entre dans sa sixième année, aucune issue politique ne semble se profiler. Le tout nouveau Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva a assuré qu’il ferait de la « pacification » de cette région l’une de ses priorités.

Première publication : 21/02/2009

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