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FRANCE

Le dessinateur Siné relaxé des poursuites d'incitation à la haine

Dernière modification : 24/02/2009

Le tribunal correctionnel de Lyon a estimé que le caricaturiste Siné, alors qu'il officiait pour le magazine "Charlie Hebdo", avait moqué "sur le mode satirique l'opportunisme et l'arrivisme" de Jean Sarkozy, sans "préjugé antisémite".

AFP - Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon.

"Le tribunal considère que (Siné) s'est autorisé à railler sur le mode satirique l'opportunisme et l'arrivisme d'un homme jeune, engagé sur la scène politique et médiatique", a déclaré le président du tribunal, Fernand Schir, au rendu du délibéré.

"Il ne creuse pas le préjugé antisémite", a-t-il ajouté.

Ancienne figure du journal satirique Charlie Hebdo, Maurice Sinet, alias Siné, 80 ans, présent au jugement, s'est dit "soulagé", répétant qu'il ne "s'était jamais senti coupable".

La chronique controversée sur Jean Sarkozy, qui ironisait sur sa conversion éventuelle au judaïsme avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty, avait été publiée le 2 juillet 2008 dans Charlie Hebdo.

Attaqué par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), le dessinateur s'était défendu dès le début du procès, le 27 janvier, d'être antisémite en expliquant qu'il critiquait "l'arrivisme" du fils du président de la République.

"On n'est plus dans la provocation mais dans la transgression de la loi", avait plaidé pour sa part l'avocat de la Licra, Me Alain Jakubowicz, dénonçant les "vieux poncifs des juifs et de l'argent".

La citation de la Licra visait également une autre chronique de Siné, publiée le 11 juin, critiquant crûment des pratiquants chrétiens et juifs mais aussi les femmes musulmanes voilées.

"Ce sont des franges traditionalistes voire fondamentalistes qui étaient visées", a ajouté le président du tribunal, en précisant que les trois religions monothéistes "étaient logées à la même enseigne".

M. Schir a rappelé que Charlie Hebdo était un "journal satirique" au lectorat "éclairé". "La satire, c'est le genre de l'outrance et de la provocation", a-t-il poursuivi, en soulignant que la liberté d'expression "l'emportait sur le respect des croyances, surtout quand on est dans le style de la satire".

Il faut "prendre garde" à "ne pas tomber dans le politiquement correct" et à ne pas "se comporter comme des snipers de la morale", avait déclaré le 28 janvier le procureur Bernard Reynaud dans son réquisitoire, à l'issue duquel il avait demandé la relaxe.

L'avocat de la Licra, Me Alain Jakubowicz, a quant à lui évoqué un possible appel. "L'intérêt de ce débat mérite d'être porté au plus haut niveau", a-t-il ajouté.

Première publication : 24/02/2009

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