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Moyen-Orient

La presse égyptienne privilégie la thèse d'un acte isolé

Texte par Youssef ZERARKA

Dernière modification : 24/02/2009

Acte isolé ou attentat annonciateur d’une vague terroriste ? Si les journaux cairotes penchent pour la première hypothèse, certains craignent que l'attaque ne fasse fuir les touristes. Revue de presse.

Quarante huit heures après l’attentat du Caire, qui a fait un mort et 24 blessés, la presse égyptienne, proche du pouvoir, fait sienne les explications officielles et réfute l’idée d’une opération organisée. Selon les journalistes, cette attaque serait l’acte d’un auteur isolé.


Le quotidien "Al-Masry Al-Youm" (indépendant) s’inquiète des effets de l’attentat sur le tourisme. "Seconde source de revenus, derrière ceux engendrés par le canal de Suez, l’industrie touristique risque de s’en ressentir. Si personne n’est en mesure d’évaluer la proportion avec exactitude, la baisse de la fréquentation des sites sera bien réelle", craint l’éditorialiste.


A en croire le journal, l’attaque de dimanche, en plein centre historique du Caire, ne pouvait plus mal tomber pour l’économie égyptienne. "Nous traversons une crise d’envergure mondiale (…) le tourisme en souffre déjà comme il ne l’a jamais été auparavant". Cela pourrait rendre "encore plus difficile" la vie des Egyptiens.

 

Loi du Talion


Au regard des conséquences économiques et sociales de l’attentat, l’éditorialiste Soleiman Gouda suggère même aux autorités d’infliger à son auteur la loi du Talion. "Sanctionner le criminel avec la méthode convenue prévue par la loi ne suffit pas. Il faut le faire exploser sur les lieux du crime."

 

Le quotidien "Al-Gomhuria", proche du pouvoir, insiste sur le caractère isolé de l’attentat. L’éditorialiste se dit "convaincu qu’il s’agit d’une opération individuelle, irréfléchie et non organisée, commise par un individu ou un groupe minoritaire, sans lien organique avec des organisations connues comme la Jamaa Islamiya ou le Jihad."


Faisant sienne la thèse officielle du gouvernement, le journal se montre rassurant. Il estime, tranchant, que l’attentat de dimanche n’est pas "comme le pensent certains" annonciateur d’une vague d’attentat dans les mois à venir.

 

A défaut de désigner une organisation qui serait derrière l’attentat, "Al-Wafd", quotidien du parti libéral d’opposition du même nom, y voit un bénéficiaire : le gouvernement lui-même. Ce dernier, estime le commentateur du journal, pourrait profiter de cette attaque pour renouveler au printemps, comme tous les deux ans depuis 1981, l’état d’urgence. Même si, ces trois dernières années, le pays n’a connu aucune attaque terroriste.
 

Première publication : 24/02/2009

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