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Economie EUROPE

Bruxelles met en garde contre toute tentation protectionniste

Dernière modification : 25/02/2009

Quatre jours avant un sommet européen spécial sur la crise économique, la Commission européenne a une nouvelle fois mis en garde les Vingt-Sept contre toute mesure protectionniste censée soutenir le secteur automobile.

AFP - Bruxelles a lancé mercredi un nouvel avertissement aux pays de l'UE contre toute mesure protectionniste qui aggraverait la situation de l'industrie automobile et estimé que les constructeurs européens devaient régler eux-mêmes leurs problèmes structurels.

Côte à côte, le commissaire à l'Industrie Günter Verheugen, pourtant jugé à l'écoute des constructeurs, et la commissaire qui veille au respect des règles de la concurrence Neelie Kroes ont mis les points sur les i.

"Nous avons pris la décision de créer un marché unique, ce n'est pas un marché unique simplement pour les ventes de voitures mais aussi pour la production", a insisté Mme Kroes, quatre jours avant un sommet européen spécial sur la crise économique dont le protectionnisme doit être un thème central.

Mme Kroes - qui examine à la loupe six plans nationaux d'aide à l'automobile concernant la France, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Suède - a prévenu mercredi qu'elle avait "des lignes rouges".

Bruxelles juge que l'aide envisagée par l'Italie pourrait être "discriminatoire". La France doit se justifier sur l'obligation faite aux bénéficiaires d'aides de ne pas fermer d'usine en France. L'Espagne non plus ne veut pas donner d'aides publiques aux entreprises "qui détruisent de manière définitive des emplois" en Espagne.

Selon la commissaire néerlandaise, les pays européens disposent déjà d'un arsenal suffisant pour aider leur industrie: primes à la casse, aides à la formation des travailleurs ou aux investissements verts, aides temporaires pour faire face à la crise financière...

L'Allemand Günter Verheugen a lui rappelé que des problèmes structurels existaient "avant la crise".

"Le changement structurel, qui aurait dû commencer il y a longtemps, doit maintenant se concrétiser" sous la houlette des entreprises et non pas de Bruxelles, a-t-il jugé.

Si les perspectives pour 2009 sont moroses (baisse possible de ventes de 25% aux deux premiers trimestres), "on peut s'attendre à une forte reprise après la crise", a-t-il assuré.

"L'industrie européenne sera alors plus compétitive, car elle sera plus novatrice que les autres", a prédit M. Verheugen, rappelant que "la voiture de l'avenir sera la voiture efficace verte".

En attendant, Bruxelles surveillera de près le risque de faillite de plusieurs constructeurs américains qui "aurait des conséquences pour les fabricants européens", notamment Opel et Saab, filiales de l'américain General Motors. La Commission attaquera aussi tout plan de sauvetage américain faussant la concurrence mondiale.

L'Association européenne des producteurs automobiles (ACEA) a cependant jugé insuffisant l'effort fourni par Bruxelles, dénonçant un lent fonctionnement "bureaucratique".

"La question la plus pressante à résoudre demeure l'accès limité au crédit", a-t-elle rappelé mercredi.

Les gouvernements européens demandent aussi à la Commission et à la Banque européenne d'investissement (BEI) de présenter au sommet européen de mars "de nouvelles solutions pour réduire le manque de liquidités et améliorer l'accès aux financements pour les entreprises du secteur", selon une position commune en préparation.

La BEI, bras financier de l'UE, a déjà indiqué qu'elle pourrait nettement augmenter ses prêts pour le développement des technologies automobile vertes.

"Nous faisons ce que nous pouvons pour que le crédit se remette à couler", s'est défendue Mme Kroes, en se vantant d'examiner rapidement les plans d'aide nationaux.

Bruxelles promet aussi de se pencher sur les besoins en liquidité des équipementiers automobiles et discute avec le secteur très affecté des poids lourds.

Première publication : 25/02/2009

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