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Asie - pacifique

Iran-États-Unis, 60 ans de relations houleuses

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM , Ahmed BEN LASSOUED

Dernière modification : 10/02/2010

Alliés par le passé, Washington et Téhéran entretiennent des relations particulièrement tendues depuis 1979 et la crise des otages. Aujourd'hui, les deux pays ont engagé un véritable bras de fer autour du nucléaire iranien.

1951-1953
En 1951, le Parlement iranien vote en faveur de la nationalisation de l’industrie pétrolière, jusque-là aux mains de l’Empire britannique. Les scientifiques britanniques sont expulsés.
Un mois plus tard, le nationaliste Mohamed Mossadegh est élu démocratiquement et devient Premier ministre.
En 1953, la CIA lance l’"Opération Ajax", en soutien au coup d’Etat militaire qui renverse le gouvernement de Mossadegh. La monarchie est rétablie.

  

 

1955
Dans un contexte de guerre froide, l’Iran s’allie aux Etats-Unis. Téhéran rejoint ainsi le Pakistan et le Royaume-Uni au sein du pacte de Bagdad, un accord conclu entre Washington, la Turquie et l’Irak, dans le but de contenir l’influence soviétique.

 

 

1957-1959
L’Iran et les Etats-Unis signent un accord de coopération civile pour la recherche sur l’utilisation pacifique de l’atome. Dans ce cadre, les Etats-Unis cèdent à Téhéran un réacteur nucléaire de recherche.

 


1974
L’Iran du shah entame la construction d’une centrale nucléaire dans la région de Bouchehr.

 

 

1979
La Révolution islamique a renversé le shah, permettant à l’ayatollah Khomeiny, de retour d’exil, de prendre le pouvoir. Khomeiny suspend le programme nucléaire iranien.
En novembre, des étudiants islamiques, exigeant l’extradition du shah alors soigné aux Etats-Unis pour un cancer, prennent d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran. Une soixantaine de personnes sont prises en otage. Elles ne seront libérées qu’en 1981, après plus de 400 jours de captivité. C’est le début d’une grave crise entre l’Iran et les Etats-Unis.

 

 

1980
Le président américain, Jimmy Carter, rompt les relations diplomatiques avec l’Iran. Elles n’ont toujours pas été rétablies à ce jour.

 


1986
Le scandale de l’"Irangate" éclate. Washington, qui soutient officiellement l’Irak dans la guerre qu’il livre à l’Iran, aurait envoyé un émissaire à Téhéran pour vendre des armes aux Iraniens. En échange, les Etats-Unis obtiennent la libération d’otages américains retenus au Liban par un groupuscule pro-iranien.

 

 

1988
Les Etats-Unis abattent "par erreur" un avion iranien effectuant un vol commercial au-dessus du golfe Persique. Quelque 290 passagers de l’Airbus trouvent la mort.

 

 

1993
Un attentat à la voiture piégée vise le World Trade Center, à New York. L’attaque fait 6 morts et près de 1 000 blessés. Washington met en cause l’Iran.

 

 

1995
Les tensions s’accroissent : les Etats-Unis imposent un embargo économique à l’Iran.

 

 

2002
Après les attentats du 11 septembre 2001, et le début de l’intervention américaine en Afghanistan, le président George W. Bush désigne l’Iran comme faisant partie de "l’axe du mal". L’Iran avait cependant condamné les attaques.

 

 

2005
Alors que les Etats-Unis sont désormais engagés dans la guerre d’Irak, le président américain George W. Bush va jusqu’à évoquer une éventuelle intervention en Iran pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.
L’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad devient président de la République islamique. Il exclut toute relation avec les Etats-Unis.
Refusant la proposition de l’Union européenne (UE) d’un pacte de coopération sur le nucléaire civil, le nouveau président iranien décide de reprendre les activités d’enrichissement d’uranium.

 

 

2006
Ahmadinejad propose de tenir avec les Américains un débat à l'Assemblée générale de l'ONU. George W. Bush refuse.

 

 

2009
Le nouveau président américain, Barack Obama, affirme son souhait d’entamer le dialogue avec l’Iran pour résoudre la crise qui oppose les deux pays.
L’Iran a demandé à Ankara de l'aider à rétablir des liens avec les Etats-Unis, après 30 ans de relations conflictuelles, a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans une interview au quotidien britannique "The Guardian", du 25 février.

 

 

Première publication : 25/02/2009

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