C’est un bout de trottoir, à une encablure des gratte-ciel de Pékin. C’est là qu’ont trouvé refuge quelques centaines de travailleurs migrants. Avec la crise économique, ces soutiers de la croissance se sont brutalement retrouvés au chômage. La majorité d’entre eux travaillaient dans les usines des régions industrielles du sud-est de la Chine. Alors quand la crise a frappé, la plupart sont rentrés chez eux, à la campagne. Mais de nombreux autres ont débarqué dans la capitale.
“Cela fait un mois que je fais le tour de la ville, explique Wu Laijin au micro de FRANCE 24, et je ne trouve toujours pas de travail. Cet après-midi, je prévois d’aller encore dans le centre pour voir s’ils ont besoin de quelqu’un dans les restaurants.”
Sur de vieux cartons, ils ont écrit leur spécialité : ouvriers, charbonniers, gardiens. Quand ils ne font pas la tournée des petits boulots, ils s’installent à même le trottoir dans l’attente d’un employeur. En voiture, en camionnette, on vient les chercher pour la journée, sans aucune garantie.
“L’autre fois j’ai travaillé huit jours, témoigne Wang Bingtao. Et ils m’ont payé seulement 10 euros.“ Il attend toujours ce qu’on lui doit.
Tous habitent dans le quartier, surnommé “le village des migrants“. Un quartier qui a ses propres règles et ses petits métiers.
Ping fait office d’écrivain public. C’est à lui que l’on demande de rédiger ces bouts de feuille qui servent de curriculum-vitae improvisé. Et quand le travail se fait rare, il s’amuse à rédiger quelques slogans : “Prenez soin des personnes âgées” ou encore “J’adore travailler”.



















