En Espagne, crise financière oblige, les prêts bancaires accordés aux familles ont chuté de 95 % au troisième trimestre 2008. Une bonne nouvelle pour certains, qui y voient l’opportunité de faire du business. Partizipa.com, par exemple, a lancé un système de prêts d'argent entre particuliers d'un nouveau genre. Ce site Internet avait déjà été, en 2006, le premier site de prêts P2C (prêts de particuliers à des entreprises) en Espagne.
Tout se passe sur le Net, dans une communauté Web, type Facebook, où chacun aura son avatar, décrira ses goûts, soutiendra des projets… Et prêtera, ou empruntera, de l'argent en fonction de ses affinités avec les autres membres. "Ce sera une communauté semblable à celle de Facebook, résume Juan-José Martinez, cofondateur de Partizipa.com. En clair, une communauté dans laquelle l'argent peut être prêté d'une personne à une autre avec l'unique objectif de s'entraider."
Selon Juan-José Martinez, le produit sera plus abouti et comportera une dimension plus sociale que les prêts P2P (de particuliers à particuliers) en ligne déjà existants dans les pays anglo-saxons, tels que Zopa.com. "Dans un réseau Internet, tu t'unis à un groupe parce que tu vois que quelqu'un en qui tu as confiance rejoint ce groupe particulier ou soutient telle cause…"
"C'est exactement le modèle que nous voulons mettre en œuvre", ajoute son collègue, Agustin Cardenas. Dans le même esprit, les épargnants de Caja Navarra peuvent, depuis quelques mois, choisir de placer une partie de leur argent pour aider d'autres particuliers, des emprunteurs, à acheter leur logement par exemple. C'est par ce système que David Armendariz, chimiste et père de trois enfants, a emprunté pour financer son appartement en construction dans la banlieue de Pampelune.
Un taux d’intérêt à 0,6 %
Les constructions de nouveaux logements en banlieue trouvent de moins en moins d'acheteurs en Espagne, où les ménages sont menacés par la précarité. David, qui a sauté le pas, bénéficie d'un avantage : un taux d'intérêt plus bas de 0,6 % par rapport au reste du marché. "Ceci parce qu'une partie de mon emprunt vient de particuliers qui ont décidé que leur argent bénéficierait à d'autres particuliers qui, comme moi, s'achètent un logement semi-social", explique-t-il en observant depuis la rue le balcon de son futur logement.
Même si ceux qui prêtent leur argent acceptent de gagner moins qu'avec d'autres placements, ce type de crédits a le vent en poupe, selon les entités financières qui se lancent. "Nous avons déjà reçu pour ce type de prêts 94 millions d'euros. Au total, 23 000 clients qui ont ainsi décidé de la destination de leurs fonds, explique Juan Carlos Esquiroz, directeur de Caja Navarra, pour la région de Madrid. Ce type de financements va bien sûr se développer, parce que nous sommes dans une période où nos clients, et les citoyens en général, veulent participer."
Les fondateurs de Partizipa.com parient sur les valeurs de confiance et de solidarité qui existent dans la société espagnole. Pour surfer sur la crise et en faire une affaire juteuse, leur défi est d'attirer, par ces valeurs, suffisamment d'épargnants qui prêteront leur argent.













