ÉCONOMIE
Depuis l’été 2008, le prix de la tonne de CO2 a été divisé par 3, et ce malgré l’adoption du paquet énergie-climat fixant des objectifs de réduction de gaz à effet de serre.
20070927-grenelle-pollution.jpg
20071114-pollution-110.jpg

Le CO2 s’échange sur un marché qui existe depuis 2005. En décembre, chaque Etat membre s’est vu allouer un quota d’émissions de CO2 qui a été réparti entre les différentes industries. Les entreprises qui émettent moins de CO2 que leur quota peuvent vendre des droits d’émission (des "droits à polluer"), sur le marché.


Mais depuis août, le prix de la tonne de CO2 ne cesse de baisser. A cause de la crise, les usines tournent au ralenti. Elles produisent donc moins de CO2. Et donc la demande en droit de polluer chute. Conséquence, le prix du CO2 chute. Il est passé en-dessous de la barre des 10 euros la tonne en février.


Et cela tombe mal. C’est juste au moment où la nouvelle administration américaine s’engage à instaurer  un marché du CO2 pour entamer une "relance verte". Le budget de Barack Obama par exemple comprend  des centaines de milliards de dollars de revenus provenant du futur marché du CO2 américain.

L’Australie s’est, elle aussi, lancé dans le vert : elle a ratifié en 2008 le protocole de Kyoto, et devrait démarrer son propre marché de CO2 en 2010.

Le problème, en effet, c’est qu’à long terme la chute du prix du CO2 soit désastreuse pour les investissements dans les énergies renouvelables.


Comment faire pour inverser la tendance ? Une réponse : rendre plus drastique les normes anti-CO2, ce qui donnera plus de valeur aux quotas vendus sur le marché. Mais c’est un sujet sensible, il ne fait pas l’unanimité en Europe, la Pologne et même l’Allemagne voulant défendre leur industrie lourde. Pourtant, la relance économique devrait passer par le vert. Et certains pays sont plus convaincus que d’autres. Selon un rapport de la banque HSBC, les plans de relance sud-coréens, chinois et français sont ceux qui font la plus belle part à l’investissement écologique. 
 

Sylviane Bähr
Sur le même sujet
Fermer