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Culture FRANCE

Deezer, les premiers accrocs d’une success story

Texte par Caroline CLARKSON

Dernière modification : 19/03/2009

C’était un rêve de mélomane : de la musique en ligne, gratuite, légale et illimitée. En l’espace de 18 mois, le site français Deezer est devenu le numéro un de la musique en streaming. Mais cette success story pourrait tourner court.

Deezer semblait être le parfait compromis entre la musique en ligne payante et le piratage, puisqu’il est un site à la fois gratuit et légal. Mais la nouvelle version dévoilée ce mois-ci apporte des modifications qui déplaisent à de nombreux internautes.

 

L’un des atouts de Deezer résidait dans le fait que les utilisateurs n'avaient à créer un compte que pour composer leur playlist et non pour écouter de la musique. Dans la nouvelle version, les "deezernautes" doivent désormais ouvrir un compte même si ils ne veulent écouter qu'un seul titre. Ce changement a reçu un accueil tellement impopulaire – un groupe a même été créé sur Facebook en signe de protestation – que Deezer a fait machine arrière : les utilisateurs n'ont désormais obligation de s’enregistrer qu'après avoir écouté trois chansons via la fonction recherche, et ils bénéficient de nouveau d’un accès illimité aux radios en ligne et aux tubes.

 

Mais il y a pire : certaines chansons des playlists composés par les membres sont  devenues inaccessibles, à cause des "restrictions territoriales" imposées par les compagnies de disque. Ainsi, une chanson tirée d’un album britannique, ne peut plus, dans certains cas, être écoutée en France. Le membre doit alors chercher de nouveau le titre en question sur une version française ou internationale de l’album, à condition qu’il y en ait une.

 

Et d’autres innovations de la sorte sont attendues, Deezer testant actuellement l’ajout de publicités audio à ses chansons. Nul doute qu’un tel changement serait une source de contrariété pour les internautes mais une ressource bienvenue pour Deezer.

 

Deezer justifie la nouvelle version

 

Au lendemain de la mise en ligne de la nouvelle version du site, Jonathan Benassaya, l’un des co-fondateurs de Deezer a justifié ces changements dans une interview au site PC INpact.

 

Apparemment convaincu, il déclarait : "On a tous envie de dire qu’avec Internet il n’y a plus de frontière, sauf que l’industrie de la musique raisonne encore en terme de territorialités. On a besoin de rassurer cette industrie car sans eux on ne peut pas vivre. En effet, des Deezernautes ne sont pas contents, c’est normal, mais de l’autre côté il faut que Deezer puisse grandir et qu’on reste encore le bon élève et tant qu’on sera comme cela nous pourrons avancer avec l’industrie. Cette industrie ne va pas bien et dans pareille situation, nous devons les accompagner."

 

Quelques semaines plus tard, après avoir reçu des centaines de messages critiques sur leur forum et sur leur blog, les accusant en substance d’être "à la botte des majors", les co-fondateurs de Deezer ont répondu aux internautes via leur blog. Ils soulignent le fait que les titres qui ne sont plus accessibles sur les playslists peuvent toujours être écoutés via la smartPlaylist. Mais il y a un hic : la smartPlaylist joue seulement les playlists au hasard, ce qui est plutôt frustrant pour les internautes qui veulent écouter leur chanson favorite à ce moment précis. 

 

 

La compétition à un clic à peine

 

Peu avant sa nouvelle version, Deezer s’enorgueillissait d’avoir 5,5 millions de visiteurs uniques par mois dans le monde entier. Est-ce que les "deezernautes" seront désormais tentés d’aller ailleurs ? "Sur internet, le concurrent est à un clic, il est donc très facile de passer de Deezer à un autre site, déclare à France 24 Anicet Mbida, grand reporter à 01 Informatique. Il y a des concurrents aujourd’hui qui, eux, sont un peu plus user-friendly. Et il ne faut pas oublier que tous ces sites web ont un autre concurrent qui s’appelle le piratage.”

 

La concurrence, il est vrai, ne manque pas. Les sites Jiwa and musicMe sont populaires en France, tout comme Jamendo qui est basé au Luxembourg. Last.fm et imeem, respectivement britannique et américain, sont également à découvrir. Et en mars, l’opérateur de téléphonie mobile Orange va lancer la version beta de son service de musique en ligne, WorMee. Plus signifiant encore, Spotify, un nouveau site déjà renommé et basé en Suède, utilise le peer-to-peer, qui est plus rapide que le streaming. Encore dans sa version beta, il envisage de donner le choix aux internautes entre un accès gratuit à la musique mais avec des publicités, ou payer de petites contributions pour avoir de la musique sans publicité. Malgré sa relative jeunesse, des rumeurs crédibles circulent sur une possible apparition de Spotify sur iPhone. A suivre. Car comme le souligne Anicet Mbida, "les gens sont prêts à payer pour la musique."

 

Ndlr:  La version originale de cet article indiquait que les nouveaux inscrits devaient accepter de recevoir des messages promotionnels par e-mail. A l'heure actuelle ce n'est pas le cas. Comme sur nombre d'autres sites internet, les internautes peuvent choisir de ne pas les recevoir. (Merci à "Arizona" de nous avoir signalé cette erreur.)

Première publication : 27/02/2009

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